François Hollande : être Président un 13 novembre - Personnage principal S01E01
Personnage principal, c'est l'interview hebdomadaire de Nova le matin, dans laquelle Azzeddine Ahmed-Chaouch reçoit les premiers rôles de l'actualité.
Et comme point de départ de cette série, on a choisi un moment où l’actualité nous a tous dépassés, un événement qu’on aurait tous préféré voir au cinéma : les attentats du 13 novembre 2015.
Notre personnage principal aujourd’hui, c’est François Hollande.
Et comme point de départ de cette série, on a choisi un moment où l’actualité nous a tous dépassés, un événement qu’on aurait tous préféré voir au cinéma : les attentats du 13 novembre 2015.
Notre personnage principal aujourd’hui, c’est François Hollande.
Transcription
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Radio Nova.
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Le Musée du Louvre a été cambriolé au monde charge.
Un ex-président de la République est entré en prison.
Un débat national est en cours sur la buvette de l'Assemblée.
Et ça, c'était juste le mois dernier.
Parfois, on a l'impression que le réel surpasse le fictif.
Et c'est pour ça qu'à Radio Nova,
on a décidé de se servir de la fiction pour regarder l'actualité
en allant à la rencontre des premiers rôles
de ceux et celles qui font cette actualité
qu'on pourrait appeler les personnages principaux.
Et comme point de départ de cette série,
on a choisi un moment où l'actualité nous a tous dépassé
un événement qu'on aurait tous préféré voir malheureusement au cinéma
les attentats du 13 novembre 2015.
Notre personnage principal aujourd'hui, c'est François Hollande.
Bonjour, Monsieur le Président.
Dire Président, c'est protocolaire, mais j'insiste là en début d'interview.
Après, je me permettrai de vous appeler François Hollande
car nous allons consacrer entièrement
cette interview à ce triste anniversaire, celui d'un événement
qui nous a tous évidemment marqué, percuté, traumatisé.
Il y a 10 ans, vous étiez le personnage principal, je dirais malgré vous,
de l'attaque terroriste la plus meurtrière qui est connue à notre pays.
Il y a 10 ans, ce vendredi 13 novembre, il faisait bon.
C'était une soirée douce d'automne, une soirée clémante
pour reprendre votre expression.
Il y avait du monde dehors, des anniversaires en terrasse,
des amis, des frères et sœurs, des enfants,
des parents buvés en verre, pour fin,
c'était simplement leur début de week-end.
Il y avait des concerts à Paris.
Il y avait un match de foot de notre équipe de France.
Nous vivions, comme nous aimons le faire, comme nous savons le faire.
Et puis ce vendredi soir, qui s'annonçait paisible ou festif,
s'est soudainement transformé en cauchemar dès le début de la soirée,
à 21h17 aux abords du stade de France à Saint-Denis.
Un premier commando fait couler le sang alors que les bleus jouent
au même moment et que vous êtes dans le stade.
Deux kamikas se font exploser dans la foule.
Dans le même temps, à 21h20, dans les rues du 10ème et 11ème
arrondissement de Paris, trois terroristes tuent au gré
de leur déambulation meurtrière et terrifiant des personnes
qu'ils ne connaissent pas, en mitraillant au hasard les terrasses
ou en notant les vies des innocents aboutant armées de Kalashnikov.
21h50, un commando lui aussi armée d'un arsenal de guerre
fait irruption dans la salle de concert du Bataclan dans le 11ème.
Tuant des innocents alors que le groupe Eagles of Death Metal
est sur scène avant de prendre en otage les survivants
pour une nuit de cauchemar.
En tout 130 personnes sont mortes ce 13 novembre, ce vendredi noir.
Groguis, pétrifiés, nous regardions scotcher la télé
en quête d'information.
Même le procureur de Paris François Molinz,
autre personnalité au rôle central,
a prené l'existence d'un attentant court
en regardant les chaînes d'infos en continu.
Et puis à 23h50, vous prenez la parole François Hollande.
Mes chers compatriotes, au moment où je m'exprime,
des attaques terroristes d'une ampleur sans précédent
sont en cours dans l'agglomération parisienne.
Il y a plusieurs dizaines de tués.
Il y a beaucoup de blessés.
C'est une horreur.
On vous sentait très ému.
Est-ce que vous étiez au bord de la rupture
et est-ce votre discours le plus difficile de votre vie ?
C'était le discours le plus important du quinquennat.
Parce qu'il se produisait dans une nuit de cauchemar
et parce que les yeux des Français
étaient tournés vers le président de la République.
Parce que c'est lui.
Dans cette épreuve-là,
il doit à la fois tenir le discours de la compassion,
de l'unité et prendre des décisions.
Donc à une heure solide, minuit, je m'adresse aux Français.
Je n'ai pas bien sûr écrit de discours.
Et je vais dire les choses telles que je les ressens.
Tout est spontané, alors.
Et telles que je dois annoncer aux Français
à la fois la gravité de la situation
et les mesures qui sont attendues du président de la République.
Et chaque fois que j'écoute ce discours-là,
j'ai la même émotion qui me traverse quand je dis c'est une horreur.
On sent presque, pour la première fois,
j'ai beaucoup écouté vos discours.
Vous savez que j'aime décrypter l'actualité politique.
C'est la première fois où j'ai senti de l'émotion
dans votre voix de manière aussi visible et palpable.
Mais comment ne pas l'avoir cette émotion
quand je savais qu'il y avait des familles qui étaient déjà endeuillées.
Beaucoup ne le savaient pas.
Quand je mesurais ce que ça signifiait,
en plein Paris, des attaques terroristes sur des lieux aussi symboliques,
mais aussi fréquentés, des terrasses de café,
une salle de spectacles.
Et je savais aussi les risques que notre pays courait.
D'abord, cet attaque-là n'était pas terminée.
Les terroristes n'étaient pas tous appréhendés.
Mais le risque de la division, le risque de la fragmentation,
le risque de la haine,
il était important qu'il y ait un moment,
une unité qui soit proclamée.
On reviendra sur ces questions
d'unité, de souhait, d'unité, de pays non fracturé.
Vous apprenez ce qui se passe alors que vous êtes au Stade de France.
Je crois que vous n'aviez pas prévu d'y aller, mais vous avez bon.
Et puis je crois qu'il y avait un membre du gouvernement allemand qui était avec vous.
Est-ce que vous comprenez tout de suite que c'est une attaque coordonnée ou pas ?
Vous êtes au Stade de France, vous comprenez que ce n'est pas quelque chose
que vous êtes en train de comprendre qu'à Paris, dans différents points,
les terroristes ont en train de nous attaquer.
Je ne devais pas être au Stade,
puisque j'étais retenu dans une réunion à Bruxelles
et inexplicablement, elle s'est terminée plus tôt.
Et donc je me suis rendu au Stade de France.
Il y avait donc un ministre des Affaires étrangères allemands
qui est devenu et qui est aujourd'hui président de la République fédérale.
Et il y avait la plupart des ministres et des autorités
qui venaient pour ce match amical,
mais qui était un match assez significatif.
France-Allemagne, ça rappelle des souvenirs.
Et puis, nous sommes dans une ambiance à la fois qui est paradoxale
parce qu'elle est plutôt joyeuse dans le Stade,
mais plutôt grave parce que nous savons quand même
que nous sommes sous la menace terroriste,
pas oublier qui s'est produit au mois de janvier.
Déjà, Charlie, l'hyper-cachère et entre le mois de janvier
et le mois de novembre des attentats qui ont été déjoués.
Quand j'entends la première détonation, je suis comme le beaucoup.
Je pense que ça peut ne pas être.
Est-ce qu'il y a souvent des explosions dans les stades,
ce qu'on appelle les bonbons barricoles, les pétards,
si on avait veillé à ce qu'il n'y en ait pas, précisément.
Mais là, ce qui est la deuxième détonation,
je n'ai plus de doute.
Et d'ailleurs, très vite, on m'annonce qu'il y a un mort
à l'extérieur du Stade à toute ma préoccupation.
À cet instant-là, c'est de savoir
s'il y a un terroriste qui est rentré dans le Stade.
À première vue, il n'y a pas de mouvement de panique,
donc je réponds non.
Et ensuite, c'est de savoir qu'est-ce qui se passe
et qu'est-ce qui va se passer
parce que ça peut être un attentat isolé
ou, au contraire, une attaque d'ampleur.
Donc je quitte ma place, je rejoins le PC de sécurité.
Je vois les images qui me sont diffusées
sur ce qui se passe à l'extérieur du Stade.
Et j'apprends que sur les terrasses,
il y a des groupes qui tuent, qui assassinent.
Je le sais par le Premier ministre,
qui lui-même ébite le quartier où ça se situe.
Ensuite, je prends la décision...
Manuel Valls, ça, ça.
Oui, Manuel Valls.
Et je prends la décision de faire continuer le match
et de faire que personne ne sorte du Stade.
Est-ce que ça peut être un piège
pour justement qu'il y a un effet de foule ?
Il y a un double risque, là.
Premier, c'est du mouvement de panique.
On connaît bien, moi, j'avais le souvenir,
j'étais très jeune de ce qui s'est dépassé
ou à Isle, où il y avait eu des gens qui s'étaient...
Et puis, le deuxième risque,
un deuxième hipernest, c'est qu'il y a encore un terroriste
qui soit à l'extérieur du Stade et qui attend
pour faire exposer sa bombe
pour qu'il y ait le public le plus nombreux.
Donc, je maintiens donc le temps nécessaire,
non seulement le match,
mais le public dans le Stade de France.
Je le répète, vous étiez à ce moment-là
le personnage principal, celui qui est aux manettes,
pour prendre les mesures d'urgence,
comme continuer le match ou pas,
dans un pays quasiment en guerre.
Alors, nous, nous étions les spectateurs
d'un film d'horreur terrifiant, mais restez la réalité.
Moi, j'aimerais savoir si de l'intérieur,
vous êtes dit un moment, mais que dois-je faire ?
Et, démoire, personne n'est programmé pour un tel moment.
Est-ce qu'à un moment, on se retrouve comme ça,
désemparé, ou il faut trouver des solutions
sur une crise, dans une crise qu'on n'a jamais traversée, en fait ?
Oui, il y a un double effet, il y a un effet de sidération,
mais il y a un effet de mobilisation.
La sidération, c'est parce qu'on est devant une attaque
que j'ai même parlé de guerre.
On est devant un acte de guerre,
puisque il y a un groupe assez nombreux
qui a décidé de tuer sur un certain nombre de lieux.
Et je sais, par les informations qui me sont données,
que ce groupe-là, on l'avait déjà situé,
c'est-à-dire qu'il est préparé,
projeté de Syrie et avec des commanditaires
qui sont parfaitement identifiés.
Donc c'est l'État islamique qui nous attaque.
Donc il y a l'effet de sidération,
mais aussi de mobilisation,
donc pas qu'on avait anticipé un acte de cet emploi,
mais enfin on avait quand même des préparations
qui nous permettaient d'être efficaces
au temps qu'il était possible.
À la fois, pour soigner,
il y a eu une mobilisation formidable
des services de santé,
des pompiers et des médecins et des infirmières.
Enfin bref, tout le service de santé
a permis d'évacuer et de sauver de nombreuses vies.
Mais aussi de nos services et de nos forces de police
et de gendarmerie qui ont pu intervenir sur les lieux
et neutraliser les terroristes après deux heures,
de quesotage.
Pardon, vous posez cette question,
mais j'ai toujours voulu savoir,
moi si à ce moment-là,
vous appelez aussi des proches pour savoir
où ils sont parce que vous aviez peut-être peur
que des proches soient en terrasse
ou bataquelants comme tout le monde ?
C'est quatre enfants,
donc je savais qu'ils étaient dans les quartiers concernés.
Donc très vite, ils m'envoient un SMS
ou moi-même, je le fais.
Donc je suis pour ainsi dire rassuré encore que,
même s'ils étaient certains se sont réfugiés,
je parle pas de mes enfants là,
mais beaucoup de jeunes se sont réfugiés
sous des portes cochères dans des lieux
qu'ils imaginaient plus sûrs
et il y avait encore des risques.
Donc personne ne pouvait tout à fait apaiser.
Mais enfin, je pensais surtout aux familles
qui, elles, commençaient à douter
parce que le pire, c'est de rien avoir
comme information.
Il y a des familles de victimes
qui ont attendu le lendemain,
voire le surlendemain pour découvrir l'horreur.
Donc voilà, j'avais bien sûr ma situation,
mais elle était déjà rassurante.
J'avais à agir parce qu'il y avait des familles
qui étaient dans le doute le plus affreux.
Et puis ensuite, il y a la trac des terroristes vivants.
Il faut mettre la main sur un certain délami de Abaoud,
qui disons-le le chef opérationnel des attaques sur le terrain,
si on prend un champ lexical de la guerre,
qui fut là un des membres de l'équipe des terrasses.
Il est introuvable, il est aperçu la dernière fois
sur une caméra de l'ERATP à la station Croix-de-Chavaux,
à Montreuil sur les 9,
et cet homme de nationalité belge
est une figure connue du J.A. d'Europe 1.
On craint qu'il commette un autre attentat avec son complice.
Est-ce que c'est ça votre principal craint,
ce moment-là, c'est le retrouver lui ?
Oui, Abaoud, nous savions qu'il était l'organisateur.
Nous ne pensions pas qu'il était aussi l'acteur,
il était les deux.
Il avait préparé ses équipes, préparé à tuer,
et il était venu, il était là.
Ensuite, nous savions que dans l'opération,
il y avait un jour d'après,
et le jour d'après pouvait être un attentat
où on parlait de la défense qui pouvait être visée.
Notre préoccupation, pour ne pas dire obsession,
c'était de retrouver cet individu.
Et il y a toujours, à la fois, travail des services.
Moi, je dois quand même souligner,
même s'il y a forcément toujours la même question,
pourquoi n'attends pas puis empêcher cet attentat.
Mais les services font le maximum,
la police a été admirable.
Il faut savoir ce que c'est que de monter les escaliers
pour aller chercher les preneurs d'ottage avec le risque.
Il peut s'en armer une cachetique offre.
Et ceux qui sont en tête de la colonne,
ils savent qu'ils vont prendre des balles.
Donc à Baut, il fallait le trouver.
Et il y a ce professionnalisme,
des forces et le hasard.
On a souvent parlé de peut-être des défaillances,
des failles, celles du renseignement aussi.
Il y avait, par exemple, au Bataclan,
un des terroristes, c'est Samy Amimour,
qui était dans les fichiers de la DGSI.
Il y a aussi les défaillances après les attentats.
Ça, la Deslam, par exemple,
uniquement brevivants des commandos,
arrivent à s'enfuir vers la Belgique.
Il est même, je crois, interviewé par la Radio-Belge
pour commenter les contrôles à la frontière franco-beige.
Est-ce qu'on peut dire que la France a fauteu ?
Est-ce que parfois, vous vous dites,
j'ai pas été assez bon sur ça ou pas ?
Est-ce que vous sentez responsable, simplement ?
Au pouvoir, on est responsable.
Ça fait partie de ce qu'est l'engagement
et de la vie politique.
Mais sur cette question de la lutte contre le terrorisme,
nous avons vraiment tout fait.
Tout fait pour prévenir,
parfois, nous ne sommes pas parvenus à empêcher.
Tout fait pour neutraliser les terroristes.
Tout fait pour anéantir l'état islamique
par des opérations de frappe que j'ai moi-même décidées.
Oui, nous avons fait notre devoir,
mais pour une victime, je sais pour ça que je suis allé au procès.
Il y a toujours cette question, est-ce qu'on savait
est-ce qu'il aurait été possible pour le cas de l'Abdeslam ?
Ce n'est pas nos services qui sont en cause.
Ce n'est pas la gendarmerie française.
On l'avait arrêté, l'Abdeslam.
C'est les Belges qui n'avaient pas, sur leur fichier,
le nom d'Abdeslam qui n'avait pas identifié l'Abdeslam.
Alors, ce qui est l'as, toujours après des tragédies comme celle-là,
ce qui a progressé dans le renseignement français,
on avait déjà fait voter le loi et il était, je crois, au niveau.
Mais c'était la coordination des services des renseignements européens,
parce que c'est comme ça qui s'est produit.
Bahoud, il est quand même venu à travers l'Europe.
Donc, ce sont nos voisins, je ne veux pas leur jeter la pierre aujourd'hui.
Ça n'aura pas de sens, mais il n'était pas conscient de ce qui était le théorisme.
Nous, on savait ce qui était le théorisme.
Depuis longtemps, la France, elle est confrontée au théorisme,
avec cette ampleur.
Nous, on était prêts.
Nous, on avait fait voter des textes.
Nous, on savait exactement où étaient les théorismes.
Nous, on avait voulu intervenir en Syrie,
parce qu'on savait que c'était là que ça se produisait.
Et beaucoup de pays européens voulaient ne pas voir ce qu'il allait se produire.
Ben, justement, c'est intéressant ce qu'on dit sur les failles de collaboration
entre les services des deux pays.
On a eu le sentiment, et c'est une réalité que les théoristes ont été en avant
sur un sujet, c'est qu'ils ont fait ce qu'on appelle les attaques croisées.
C'est-à-dire que les Français, les théoristes français,
comme mes dîners mouches ont attaqué par exemple la Belgique,
et les Belges nous ont attaqué,
parce que justement, ils avaient compris ou antipé
qu'il y avait un manque de collaboration.
Ça a été théorisé par l'État islamique, pardon.
Oui, peut-être qu'ils théorisent d'être une improvisation.
Leur souche était en Belgique.
Tous étaient en Belgique.
Tous venaient de Belgique.
Notamment du quartier de Molenbeck.
Justement parlant de Salat des Slam,
j'ai couvert le procès du 13 novembre qui a duré dix mois
au Grand Palais de justice de Paris.
Je vous ai vu, vous avez eu un rôle important,
puisque vous avez été appelé à la barre.
C'est inédit pour un président de la République, vous l'avez dit.
La raison est la suivante.
Vous étiez en quelque sorte le mobile des théoristes.
Ils l'ont dit pendant l'attaque au bataque.
Là, en prononçant votre nom,
Salat des Slam l'a répété plusieurs fois au procès.
Pour eux, c'est à cause des bombardements en Syrie menés par la coalition
dont faisait partie la France, qu'il se serait vengé.
Je mis évidemment du conditionnel, et c'est ce que eux disent.
À ceux qui peuvent avoir cette mauvaise idée dans la tête,
vous leur répondez quoi ?
Qu'on serait un peu responsable de ce procès ?
Oui, c'était un des enjeux du procès.
Les théoristes, il n'y avait pas qu'à des Slam
qui étaient dans le box désaccusés, ils étaient un bon nombre.
Laissait penser que finalement, ils étaient en légitime défense.
Qu'on n'avait rien cherché.
On les avait bombardés, ils nous tuaient.
Bon, eh bien, le procès l'a montré,
j'ai apporté les éléments.
Les attentats, ils avaient été préparés avant même
les interventions françaises en Syrie.
C'est-à-dire que ce groupe, l'État islamique,
voulait nous viser,
pas simplement parce que nous étions dans une coalition.
Non, ils voulaient nous viser parce que nous sommes la France.
Parce que ce que nous représentons pour eux
est insupportable la vie paisible, les terrasses de café,
une salle de spectacles, un bonheur fugace,
mais quand même partager la vie en commun.
C'était ça qui était en jeu.
Et nous divisez, nous.
C'est pour ça que les phrases qui sont prononcées
par les théoristes sont des phrases apprises par cœur.
C'est-à-dire si nous sommes là, et vous le répéter,
si nous sommes là, c'est à cause de l'État,
si nous sommes là, c'est à cause du président de la réplique
pour qu'il y ait l'arrêt à ce moment-là des opérations.
C'est tout ce que nous n'avons pas voulu justement faire,
c'est-à-dire cédé, devions pas cédé,
nous devions frapper et nous les avons frappés
et nous les avons éliminés.
C'était ça l'enjeu.
Alors ensuite, sur l'autre élément de la démonstration,
s'il n'y avait eu que la France,
on va dire oui, c'était la France,
mais il se trouve que la Belgique, l'Allemagne,
le Royaume-Uni, tous les pays européens ont été frappés
et aucun n'intervenait en Syrie, sauf nous.
Personnage principal, Asdina Medjhaouj.
Ceux qui nous ont fait tant de mal
qui ont assassiné sans distinction
femmes, hommes, français ou étrangers
dans les salles de Bataclan et sur les terrasses,
nous, nous les jugions.
Nous les jugions avec des avocats,
nous les jugions avec la règle de droit.
Et c'est pour ça que j'ai dit,
c'est pour ça que le procès est si important,
c'est que la démocratie avait gagné.
Nous, on n'est pas dans la loi du Talion,
nous n'est pas dans la vengeance,
nous, on juge.
Et c'est cette comparaison entre des théoristes
défendus par des avocats
et des avocats et des avocats de talent.
Et avec sans doute des judiciaires.
Oui.
Sans doute.
Et bien c'est ça, l'État de la France, l'honneur.
On les juge, les magistrats indépendants
vont les condamner, ils font leur peine.
Oui, on a été en quelque sorte, notre société,
en quelque sorte, testé,
parce qu'on aurait pu faire voler en éclane,
en éclane, en règle de droit.
Oui, bon, ton amour, qu'est-ce que c'est ?
Oui, bien sûr.
Après le 11 septembre,
la fin de l'État de droit aux États-Unis,
où on envoie sur une île à Cuba des théoristes,
sans jugement, sans rien.
Ou même la réponse récente de d'Israël,
par exemple, sur le 7 octobre.
Nous, on a fait en sorte d'arrêter d'abord,
pour ce qu'on pouvait neutraliser de cette façon,
et de juger, et même de mettre dans nos prisons,
compris avec les problèmes que ça peut poser.
Ben justement, vous faites un lien,
je reviendrai sur le procès,
mais sur Salab des Slam,
il fait l'objet d'une nouvelle enquête
pour avoir utilisé une clé USB en prison,
avec, nous dit-on, de la littérature djihadise dans les fichiers.
Les enquêteurs auraient même des éléments,
ils ont élargi l'enquête,
laissant à penser qu'il pourrait avoir un projet
d'attentat imminent.
Ça vous inspire quoi, cette nouvelle affaire,
Salab des Slam ?
J'imagine que quand vous avez découvert ça,
vous avez été attentif dans la presse sur ce sujet ?
Oui, moi je n'ai aucune information,
au-delà de ce qui est donné dans la presse.
Une clé USB, c'est tout petit.
Donc, il peut être passé par un visiteur,
ou je ne sais quel opérateur.
Mais en tout cas, il faut être extrêmement vigilant.
Pas simplement par rapport à ceux qui sont en prison,
et qui sont quand même surveillés, et empêchés,
mais par rapport à la radicalisation,
qui peut être extrêmement rapide.
Nous ne sommes plus devant un théorisme qui a un territoire
pour préparer des attentats,
qui a même une armée pour ça, c'était le cas quand on a eu...
Ça vous paraît fou qu'il puisse avoir une clé USB,
sur laquelle il y a des informations, des tests ?
Oui, je ne sais pas ce qu'il y a exactement sur cette clé USB,
mais de toute façon, ils peuvent avoir des informations et changer,
j'imagine, c'est déjà suffisamment grave.
Mais ce qui m'inquiète le plus,
ce n'est pas simplement ce fait-là.
Ce qui peut m'inquiéter et qui mérite d'être extrêmement surveillé,
c'est le cas d'individus qui ne sont pas fichés,
qui ne sont pas connus,
et qui partent des processus de radicalisation,
y compris ceux que ces fichus sur USB peuvent offrir,
arrivent à produire un acte, qui peut être un acte sidérant.
J'évoque souvent les attentats du 13 novembre
et le 14 juillet de 2007, il ne faut jamais oublier le 14 juillet de 2016.
Nice, on n'est pas du tout devant la même opération.
Un individu radicalisé en quelques jours,
en quelques heures, on ne sait même pas qui, avec un camion, tue.
Donc nous devons regarder le terrorisme islamisme,
pas différemment de ce qui est, il est toujours la même souche,
mais de voir qu'il peut avoir des méthodes qui sont différentes aujourd'hui,
qu'il est maintenant sans base territoriale
et sans organisation pour permettre ces actes.
Pour finir sur celle à des slams,
vous l'avez croisé du regard pendant le procès ou pas ?
C'est extravagant même de penser
que dans la même pièce,
puisse être présent, pas à côté, mais pas loin.
Pas loin, il y avait 15 mètres.
À la fois, ceux qui ont été directement dans les attentats du 13,
leurs complices, et le président de la République de l'époque,
la même pièce.
C'est fou.
Et je pensais qu'en les regardant,
ils allaient dire quelque chose.
Par exemple, c'est vous qui êtes responsables.
Bah ils sont tue.
Ils n'ont pas dit un mot.
Ça veut dire quoi pour vous ?
Ça veut dire que dès qu'ils sont dans cette position-là,
ils reduyaient ce qu'ils étaient avant,
c'est-à-dire des individus qui étaient,
fielment perdus, fanatisés sûrement,
mais qui n'ont pas le courage,
qui ne sont pas formés pour parler et pour tuer simplement.
Je sens presque,
alors je ne sais pas,
c'est vous qui utiliserez le terme que vous l'avez utilisé,
pas de la compassion, un peu d'humanité ou pas,
parce que c'est un individu quand même qui est jugé.
Comment vous le ressentez ?
Et nous, nous sommes avec toute la sévérité qui doit être la nôtre,
et la fermeté qui doit être notre réponse.
Nous sommes des êtres humains.
Eux ont perdu cette part d'humanité.
C'est ça qui était aussi en cause.
Un être humain, il se défend, il parle, il produit, il explique.
Non, ils n'ont plus cette capacité.
Mais c'est parce qu'ils ne sont plus dans l'humanité
que nous, nous devrions sortir de ce cadre.
C'est toute la question de la démocratie.
Est-ce que, parce que nous sommes attaqués par des individus
ou par des organisations qui sont dans le fanatisme et dans la barbarie,
nous devons perdre notre humanité ou nos règles de droit.
Et le terroriste nous teste toujours.
C'est ça le but du terroriste, c'est faire que nous ne soyons plus
ce que nous sommes et ce que nous revendiquons d'être.
Lors du procès, vous aviez eu une formule qui m'a marquée.
Vous aviez dit Nicolas Sarkozy a été le président de la crise financière,
Emmanuel Macron de la crise sanitaire
et moi le président de la crise liée aux attentats.
Vous serez à vie le président du 13 novembre.
Oui, oui, chaque mandat présidentiel, quand on regarde l'histoire,
au moins la Sackin-Brépoulée qui est marquée par une grande crise.
Alors elle peut être financière avec ses conséquences.
J'en ai eu une part, elle peut être sanitaire,
c'était inédit de confiner la population.
Et elle peut être une guerre, car ça n'était-tu.
Et donc le terroriste islamiste qui nous a frappé.
Et je pense que ça, malgré tout ce que je vais défendre
comme bilan de ce que j'ai fait comme président,
mais ce n'est pas le jour.
Finalement, la trace qu'on laisse,
c'est la manière avec laquelle le chef de l'État a surmonté la crise.
Justement, le 13 novembre, c'est un peu la fin du président normal.
On n'attend plus ou c'est normal à ce moment-là ? Vous êtes d'accord ?
On attend que je sois un président,
président qui agit et humain.
Parce que c'était ça.
Ça, c'est pas normal pour un être humain d'avoir ces visages.
Et l'asie est être normale, c'est rester ce qu'on est.
Ne pas tomber dans l'excès, dans l'absence de maîtrise.
Justement à l'époque, il a fallu montrer
à afficher une unité nationale,
notamment par rapport aux ennemis de la France, c'était important.
C'est ce que vous aviez tenté d'incarner par vos ministres,
avec aussi le procureur de la République, François Monlince.
Est-ce qu'un 13 novembre, aujourd'hui,
avec l'instabilité gouvernement mentale,
serait géré de la même manière ou pas,
de manière aussi efficace ?
C'est intéressant de s'imaginer
avec des premiers ministres qui changent tout le temps.
Oui, mais nos institutions ont quand même,
au-delà des péripéties et quelquefois des instabilités.
Elles ont quand même un mérite, je vais les défendre ici.
C'est que quand il se passe une crise,
le président peut être populaire, un populaire.
On peut l'aimer ou pas l'aimer.
C'est vers le président.
Et le président a les moyens d'agir dans les moments de crise.
C'est-à-dire qu'il est le chef des armées.
C'est lui qui commande les opérations,
c'est ce qui s'est produit avec des ministres.
Et je peux aussi penser que dans des instants de cette gravité,
l'unité nationale fonctionne.
Je l'ai vécu.
À condition d'être capable de l'appeler.
Vous étiez de la même famille politique, c'est plus simple ?
C'est plus simple.
Mais je pense qu'il y a quand même le sens de l'État.
Mais ce qui est vrai, dans ce que vous dites,
c'est que la société, elle, a changé en 10 ans.
C'est-à-dire que ce qu'elle était capable d'affronter
et de le faire avec courage, unité, cohésion,
et surtout après ce qui s'était déjà produit
avec le 11 janvier, cette grande manifestation.
Ce qu'elle comprenait être l'enjeu
et qu'elle voyait bien que le tourisme voulait nous séparer
et nous mettre dans une forme de guerre.
Y compris interne, aujourd'hui, je ne suis plus sûr
à cause, précisément, pas de l'instabilité politique,
mais de la fragmentation politique, de l'extrémisation politique,
du rôle des réseaux aussi sociaux
qui amplifient les mouvements de violence.
Oui, je pense que la société est plus fragile aujourd'hui
qu'elle n'était il y a 10 ans.
Justement, on est dans une émission
qui s'appelle personnage principal,
faisant un peu de politique fiction.
Et dans une fiction, il y a toujours des anti-héros,
un 13 novembre avec l'extrême droite au pouvoir,
avec Marine Le Pen ou Jordan Bardela et l'Elysée.
Vous l'imaginez comment cette gestion de crise ?
Non, je ne vais pas rentrer dans ce type de scénario
parce que je ne suis pas du tout dans cette projection-là.
Mais ce que je peux dire,
c'est qu'une élection présidentielle, c'est un choix très important.
Il faut bien réfléchir avant de savoir qui on met
à ce lieu central, quel que soit les périodes.
Je rappelle que le président de la République
est le chef des armées.
C'est lui qui commande.
C'est lui qui peut même déclencher le feu nucléaire.
On est dans un pays où il y a peut-être le regret de ton,
une concentration du pouvoir sur le président,
notamment pour ces sujets qu'on appelle régalien.
Donc il faut bien penser que...
C'est une question que je me suis souvent posée
quand j'étais dans la situation.
Oui, qui a ma place ?
Qui aurait réagi comme je l'ai fait ?
Mieux, moins bien ?
Cette question-là, elle est toujours posée.
Oui, on imaginait l'extrême droite.
Ça me regarde, on va dire.
Justement, il y avait la tentation d'une dérive vers un repli identitaire.
Et l'idée, par exemple, de vouloir faire passer
la déchéance de nationalité,
vous saviez que j'allais vous interroger à-dessus.
Comme dans les films, parfois, on retient que la scène ratée.
Est-ce que la déchéance de nationalité, c'était une erreur ?
C'était votre erreur ?
Moi, j'avais voulu, après le 13-9 an,
faire qu'il y ait consensus, précisément, unité.
Donc j'avais réuni tous les chefs de partis.
Et parmi les propositions qui m'étaient faites,
il y avait l'élargissement de la déchéance de nationalité.
Parce que la déchéance de nationalité, elle existe.
Elle existe pour les naturalisés, double-nationnaux.
Et là, il s'agissait pour les criminels terroristes,
ceux qui avaient été condamnés pour crime.
Donc de pouvoir les déchoire, les priver de nationalité,
quand ils avaient une autre nationalité,
y compris par des Français de naissance,
qui pouvaient avoir une double nationalité.
Quand j'ai fait cette proposition devant le Congrès réuni à Versailles,
il y a eu une animité tellement, il y avait un moment de tragique.
C'est le gouvernement par l'émotion, presque.
Et puis, c'est vrai, avec le raisonnement,
comment des Français peuvent-ils rester français
s'ils prennent des armes contre leur propre pays ?
Et puis ensuite, c'est à l'intérêt du débat.
Même si cette mesure était approuvée par 90 % de nos concitoyens,
il y avait des femmes et des hommes qui me disaient,
qui disaient d'ailleurs, dans les débats aussi parlementaires,
pourquoi les double-nationnaux pourraient perdre la nationalité française
et les monos nationales ne la perdraient pas.
Car je rappelle que les deux terroristes qui étaient au Bataclan
étaient des Français sans avoir de double nationalité.
Et donc deviendraient des apatrides
si on devait leur enlever l'indégédé.
Quand j'ai vu que ce débat, finalement...
C'était la faute de Manuel Valls, on a souvent dit ça, qu'il était à fond.
Non, je ne veux pas.
Non, non, je l'assume, c'est moi qui l'ai prononcé.
Donc, je ne veux pas dire...
Non, on avait pris des garanties.
Mais ce qui est intéressant dans cette mesure,
enfin, cette annonce, puisque ça n'a jamais été mis en œuvre,
c'est quand c'est allé proclamer, elle fait l'unanimité.
Et donc, c'est l'intérêt du consensus.
Et puis ensuite, elle fait débat et consensus.
Or, face au cet enjeu-là de la cohésion,
rien ne doit être fait pour diviser.
Et donc, j'ai retiré la mesure.
Et justement, aujourd'hui, la société française,
elle est aussi résiliente, solide,
ou pas, vous pensez, qu'à l'époque,
il y a quand même eu une réaction assez étonnante.
On s'est serré l'écoute, quoi.
Oui, c'était assez admirable même,
puisque il y a eu deux événements qui ont suivi les attentats du 13 novembre.
Il y a eu la COP 21,
on me disait, il faut annuler la COP 21,
vous n'allez pas faire venir
tout l'échelle d'État du monde entier 15 jours après qu'il y ait eu des attentats à Paris.
Et bien précisément, j'ai dit, oui, il faut les faire venir.
D'abord, par solidarité à l'égard de la France,
et ensuite, peut-être qu'on a obtenu cet accord de Paris,
parce que l'ambiance était telle
que personne ne pouvait imaginer un échec.
Et puis, il y a eu des élections régionales,
trois semaines plus tard,
ou dans les quartiers qui ont été touchés
par les actes terroristes à Paris,
le score du rassemblement national a été parmi les plus faibles.
Est-ce que maintenant, on aurait forcément ce même résultat ?
Je dis souvent, le terrorisme islamiste,
comme tout ce qui se fait pour nous faire peur,
c'est un poison lent.
Ça se diffuse quelques années plus tard.
La peur, c'est la peur qui fait qu'à un moment,
on se laisse aller à des fautes,
ou à des attitudes, ou à une incompréhension,
ce que vous appelez le repli.
Dans la réponse qui sont d'ailleurs rapportées,
on entend quasi exclusivement la réponse répressive,
quand il y a un attentat.
On voit qu'elle ne suffit pas.
Est-ce que là, on en échec,
selon vous, aucun plan sérieux,
franchement, il faut être clair,
n'a été proposé après ces attentats,
mais après aussi, par exemple, les émeutes en bon lieu,
dont on vient de fêter les 20 ans malheureusement,
on enchaîne les tristes anniversaires,
et on a le sentiment qu'on ne parle jamais
culture, recherche, enseignement,
et plan économique, sur le plus large.
Oui, on est souvent injuste avec nous-mêmes,
parce que lorsque il se produit des émeutes,
ou des choix d'individus qu'on a pensé pourtant en cas d'arrêt,
on se dit que c'est la faute du système éducatif.
On en fait sûrement pas assez.
La culture a un rôle majeur à jouer
pour montrer précisément que la liberté, la création,
mais on peut aussi avoir des tournements de la culture, ça arrive.
On a aussi des groupes qui sont des groupes fanatiques.
Bien sûr.
Donc, essayons d'améliorer,
mais de ne pas nous mettre chaque fois en position d'accuser.
Ce n'est pas nous les accuser,
c'est ceux qui nous attaquent.
Il ne faut jamais oublier la hiérarchie des responsabilités.
Oui, mais on dit quoi à des jeunes qui peuvent aujourd'hui
être tentés de rejoindre une organisation radicale,
aujourd'hui, d'ailleurs, théoriste ou pas.
Il y en avait, je crois, 2000, entre 2013 et 2015,
qui ont tenté de rejoindre la Syrie.
Aujourd'hui, vous, comment vous pouvez, je dirais pas,
rentrer dans la tête de ces jeunes,
mais comment avoir le début du commencement
d'un discours convaincant pour les ramener dans la société ?
D'abord, ils sont beaucoup plus vulnérables.
Il y a toujours eu des éléments qui,
dans la France d'hier ou d'avant-hier,
essayaient de radicaliser des gens, de les extremiser,
de les enrouler, enfin, l'extrême droite
ou des mouvements d'extrême violence,
ça a toujours existé,
ou même des mouvements anti-démocratiques
ou des mouvements même à l'extrême de la gauche.
On a connu ça, des mouvements révolutionnaires.
On a connu quand même des mouvements autonomes
qui ont donné des attentats tout à fait abominables
dans les années 70.
Sauf que c'était des réseaux extrêmement limités aujourd'hui.
C'est pour ça qu'il faut être tout à fait mobilisé.
Avec les réseaux sociaux,
vous pouvez très vite emmener des gens dans des formules ultra.
Vous pouvez tout de suite les mettre dans une formule
de communautarisation.
Et donc, si on ne nageit pas sur les formes
de mobilisation, de fanatisation,
on risque d'avoir des violences.
Et ce n'est pas le nombre d'actes violences,
c'est l'intensité de la violence qui est en cause.
Je crois que là, il y a l'éducation qu'on peut faire,
il y a la culture, il y a la vigilance,
il y a bien sûr la prévention.
Enfin, c'est sur les réseaux que ça se situe.
Il faut bien mesurer ce que ça donne.
Et quand on regarde la situation aux États-Unis,
écoutez, franchement, si vous ne pensez pas qu'il y a une menace-là,
le libertariat qui pense que tout est équivalent,
il doit regarder à mon avis devant lui, ça reste pour s'habiter.
Vous ouvrez la porte des États-Unis.
Une petite question, on nous reste à 5 minutes,
je sais que vous avez un emploi du temps ultra chargé, c'est normal.
La mort, par exemple, de Charlie Kirk,
est rigée en symbole de la liberté d'expression.
Vous avez quel regard à là-dessus ?
On a perdu la bataille culturelle quand on voit que l'extrême droite
nous dit c'est nous, la liberté aujourd'hui.
Oui, d'abord, il y a un assassinat.
Il y a le premier acte, c'est que peut-être était-il violent
dans sa forme verbale.
Mais enfin, la violence verbale n'appelle pas la violence physique.
Ça, c'est tout à fait clair, net, ce qu'on doit affirmer là-dessus.
Jamais on doit s'en prendre à une personne pour son expression.
Ensuite, on voit bien que la liberté d'expression
qui a été faite pour le pluralisme, faite pour la tolérance,
faite pour la nuance, faite pour l'échange des idées
est devenue aujourd'hui le drapeau pour la radicalité.
J'ai le droit de tout dire.
C'est ça, l'affirmation.
J'ai le droit de tout mettre en cause.
J'ai le droit de, ça peut d'ailleurs valoir dans d'autres domaines,
j'ai tous les droits.
Mais non, on n'a pas tous les droits.
La presse, par exemple, le droit de la presse, il est encadré.
Il est encadré, vous n'avez pas le droit de dire
que quelqu'un est un assassin ou un voleur, vous encourez
un certain nombre de sanctions.
Aujourd'hui, vous avez le droit de tout dire.
Mais celui qui a maintenant la parole pour le faire,
c'est même Donald Trump.
Il est capable de dire que celui-là est un menteur,
que celui-là est un fossaire, que celui-là,
ou celle-là ne mérite pas d'avoir accès à l'information.
Donc avant, il y avait des règles.
Et donc, c'est ça l'état de droit, c'est des règles.
Je ne vais pas vous faire parler de politiques intérieures,
pas de budget.
Mais j'ai une question en dehors, on va dire,
de cette journée spéciale du 13 novembre.
Une question quand même importante, je dirais,
sur un autre personnage principal de l'actualité,
Nicolas Sarkozy, sa libération a été examinée ce matin,
parce que le moment se parle, on est lundi matin,
par la Cour d'appel de Paris.
Une réaction ou pas ?
Non, la décision va arriver,
mais ça sera en fonction du droit, une fois encore.
C'est la justice qui va se prononcer ce que c'est nécessaire
de le laisser en prison ou pas.
Et ce n'est pas les mêmes arguments qui vont être utilisés
que ceux qui ont justifié qu'ils y soient mis.
Donc la justice, faisons confiance à la justice.
Parce que pour terminer, on a pensé qu'il y a deux antagonistes.
Antagonisme, pardon, c'est celle,
c'est partisans qui disent que c'est un procès politique.
Et les autres qui disent qu'il ne reste pas assez longtemps en prison
s'il est libéré à toi.
Moi, j'ai la même position.
C'est la justice qui a décidé
de le mettre de la carcérée,
ce qui était une décision extrêmement grave.
Et c'est la justice qui va décider de le remettre en liberté.
C'était une bonne idée d'aller visiter en prison pour Gérald Damana ou pas ?
C'était son idée.
Pour finir, vous diriez aujourd'hui qu'on joue dans quelle série, dans quel film ?
Voilà, est-ce que tout nous paraît un peu fou quand même ?
Oui.
On va dire l'instabilité gouvernementale, pardon.
C'est-à-dire l'actualité politique.
Ce qui se passe aux États-Unis, les guerres en cours,
la désinformation sur les réseaux sociaux.
Dans quel film ? Dans quel série on est, selon vous ?
On n'est pas dans la répétition.
Rien n'est semblable à ce qui s'est produit.
Précisément, on est peut-être dans l'aventure.
On est dans une espèce de fuite.
Mais rien n'est fatal.
La série que je voudrais produire, c'est Rien n'est fatal.
Tout se décide par nous-mêmes.
Pour empêcher, pour faire, pour donner,
pour livrer une espérance possible.
Rien n'est fatal.
Merci, monsieur le Président.
Je concluant vous un plan, monsieur le Président.
Et à très bientôt, parce que vous,
vous êtes très actifs sur la scène intérieure.
À demain donc.
À demain, merci.
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Un débat national est en cours sur la buvette de l'Assemblée.
Et ça, c'était juste le mois dernier.
Parfois, on a l'impression que le réel surpasse le fictif.
Et c'est pour ça qu'à Radio Nova,
on a décidé de se servir de la fiction pour regarder l'actualité
en allant à la rencontre des premiers rôles
de ceux et celles qui font cette actualité
qu'on pourrait appeler les personnages principaux.
Et comme point de départ de cette série,
on a choisi un moment où l'actualité nous a tous dépassé
un événement qu'on aurait tous préféré voir malheureusement au cinéma
les attentats du 13 novembre 2015.
Notre personnage principal aujourd'hui, c'est François Hollande.
Bonjour, Monsieur le Président.
Dire Président, c'est protocolaire, mais j'insiste là en début d'interview.
Après, je me permettrai de vous appeler François Hollande
car nous allons consacrer entièrement
cette interview à ce triste anniversaire, celui d'un événement
qui nous a tous évidemment marqué, percuté, traumatisé.
Il y a 10 ans, vous étiez le personnage principal, je dirais malgré vous,
de l'attaque terroriste la plus meurtrière qui est connue à notre pays.
Il y a 10 ans, ce vendredi 13 novembre, il faisait bon.
C'était une soirée douce d'automne, une soirée clémante
pour reprendre votre expression.
Il y avait du monde dehors, des anniversaires en terrasse,
des amis, des frères et sœurs, des enfants,
des parents buvés en verre, pour fin,
c'était simplement leur début de week-end.
Il y avait des concerts à Paris.
Il y avait un match de foot de notre équipe de France.
Nous vivions, comme nous aimons le faire, comme nous savons le faire.
Et puis ce vendredi soir, qui s'annonçait paisible ou festif,
s'est soudainement transformé en cauchemar dès le début de la soirée,
à 21h17 aux abords du stade de France à Saint-Denis.
Un premier commando fait couler le sang alors que les bleus jouent
au même moment et que vous êtes dans le stade.
Deux kamikas se font exploser dans la foule.
Dans le même temps, à 21h20, dans les rues du 10ème et 11ème
arrondissement de Paris, trois terroristes tuent au gré
de leur déambulation meurtrière et terrifiant des personnes
qu'ils ne connaissent pas, en mitraillant au hasard les terrasses
ou en notant les vies des innocents aboutant armées de Kalashnikov.
21h50, un commando lui aussi armée d'un arsenal de guerre
fait irruption dans la salle de concert du Bataclan dans le 11ème.
Tuant des innocents alors que le groupe Eagles of Death Metal
est sur scène avant de prendre en otage les survivants
pour une nuit de cauchemar.
En tout 130 personnes sont mortes ce 13 novembre, ce vendredi noir.
Groguis, pétrifiés, nous regardions scotcher la télé
en quête d'information.
Même le procureur de Paris François Molinz,
autre personnalité au rôle central,
a prené l'existence d'un attentant court
en regardant les chaînes d'infos en continu.
Et puis à 23h50, vous prenez la parole François Hollande.
Mes chers compatriotes, au moment où je m'exprime,
des attaques terroristes d'une ampleur sans précédent
sont en cours dans l'agglomération parisienne.
Il y a plusieurs dizaines de tués.
Il y a beaucoup de blessés.
C'est une horreur.
On vous sentait très ému.
Est-ce que vous étiez au bord de la rupture
et est-ce votre discours le plus difficile de votre vie ?
C'était le discours le plus important du quinquennat.
Parce qu'il se produisait dans une nuit de cauchemar
et parce que les yeux des Français
étaient tournés vers le président de la République.
Parce que c'est lui.
Dans cette épreuve-là,
il doit à la fois tenir le discours de la compassion,
de l'unité et prendre des décisions.
Donc à une heure solide, minuit, je m'adresse aux Français.
Je n'ai pas bien sûr écrit de discours.
Et je vais dire les choses telles que je les ressens.
Tout est spontané, alors.
Et telles que je dois annoncer aux Français
à la fois la gravité de la situation
et les mesures qui sont attendues du président de la République.
Et chaque fois que j'écoute ce discours-là,
j'ai la même émotion qui me traverse quand je dis c'est une horreur.
On sent presque, pour la première fois,
j'ai beaucoup écouté vos discours.
Vous savez que j'aime décrypter l'actualité politique.
C'est la première fois où j'ai senti de l'émotion
dans votre voix de manière aussi visible et palpable.
Mais comment ne pas l'avoir cette émotion
quand je savais qu'il y avait des familles qui étaient déjà endeuillées.
Beaucoup ne le savaient pas.
Quand je mesurais ce que ça signifiait,
en plein Paris, des attaques terroristes sur des lieux aussi symboliques,
mais aussi fréquentés, des terrasses de café,
une salle de spectacles.
Et je savais aussi les risques que notre pays courait.
D'abord, cet attaque-là n'était pas terminée.
Les terroristes n'étaient pas tous appréhendés.
Mais le risque de la division, le risque de la fragmentation,
le risque de la haine,
il était important qu'il y ait un moment,
une unité qui soit proclamée.
On reviendra sur ces questions
d'unité, de souhait, d'unité, de pays non fracturé.
Vous apprenez ce qui se passe alors que vous êtes au Stade de France.
Je crois que vous n'aviez pas prévu d'y aller, mais vous avez bon.
Et puis je crois qu'il y avait un membre du gouvernement allemand qui était avec vous.
Est-ce que vous comprenez tout de suite que c'est une attaque coordonnée ou pas ?
Vous êtes au Stade de France, vous comprenez que ce n'est pas quelque chose
que vous êtes en train de comprendre qu'à Paris, dans différents points,
les terroristes ont en train de nous attaquer.
Je ne devais pas être au Stade,
puisque j'étais retenu dans une réunion à Bruxelles
et inexplicablement, elle s'est terminée plus tôt.
Et donc je me suis rendu au Stade de France.
Il y avait donc un ministre des Affaires étrangères allemands
qui est devenu et qui est aujourd'hui président de la République fédérale.
Et il y avait la plupart des ministres et des autorités
qui venaient pour ce match amical,
mais qui était un match assez significatif.
France-Allemagne, ça rappelle des souvenirs.
Et puis, nous sommes dans une ambiance à la fois qui est paradoxale
parce qu'elle est plutôt joyeuse dans le Stade,
mais plutôt grave parce que nous savons quand même
que nous sommes sous la menace terroriste,
pas oublier qui s'est produit au mois de janvier.
Déjà, Charlie, l'hyper-cachère et entre le mois de janvier
et le mois de novembre des attentats qui ont été déjoués.
Quand j'entends la première détonation, je suis comme le beaucoup.
Je pense que ça peut ne pas être.
Est-ce qu'il y a souvent des explosions dans les stades,
ce qu'on appelle les bonbons barricoles, les pétards,
si on avait veillé à ce qu'il n'y en ait pas, précisément.
Mais là, ce qui est la deuxième détonation,
je n'ai plus de doute.
Et d'ailleurs, très vite, on m'annonce qu'il y a un mort
à l'extérieur du Stade à toute ma préoccupation.
À cet instant-là, c'est de savoir
s'il y a un terroriste qui est rentré dans le Stade.
À première vue, il n'y a pas de mouvement de panique,
donc je réponds non.
Et ensuite, c'est de savoir qu'est-ce qui se passe
et qu'est-ce qui va se passer
parce que ça peut être un attentat isolé
ou, au contraire, une attaque d'ampleur.
Donc je quitte ma place, je rejoins le PC de sécurité.
Je vois les images qui me sont diffusées
sur ce qui se passe à l'extérieur du Stade.
Et j'apprends que sur les terrasses,
il y a des groupes qui tuent, qui assassinent.
Je le sais par le Premier ministre,
qui lui-même ébite le quartier où ça se situe.
Ensuite, je prends la décision...
Manuel Valls, ça, ça.
Oui, Manuel Valls.
Et je prends la décision de faire continuer le match
et de faire que personne ne sorte du Stade.
Est-ce que ça peut être un piège
pour justement qu'il y a un effet de foule ?
Il y a un double risque, là.
Premier, c'est du mouvement de panique.
On connaît bien, moi, j'avais le souvenir,
j'étais très jeune de ce qui s'est dépassé
ou à Isle, où il y avait eu des gens qui s'étaient...
Et puis, le deuxième risque,
un deuxième hipernest, c'est qu'il y a encore un terroriste
qui soit à l'extérieur du Stade et qui attend
pour faire exposer sa bombe
pour qu'il y ait le public le plus nombreux.
Donc, je maintiens donc le temps nécessaire,
non seulement le match,
mais le public dans le Stade de France.
Je le répète, vous étiez à ce moment-là
le personnage principal, celui qui est aux manettes,
pour prendre les mesures d'urgence,
comme continuer le match ou pas,
dans un pays quasiment en guerre.
Alors, nous, nous étions les spectateurs
d'un film d'horreur terrifiant, mais restez la réalité.
Moi, j'aimerais savoir si de l'intérieur,
vous êtes dit un moment, mais que dois-je faire ?
Et, démoire, personne n'est programmé pour un tel moment.
Est-ce qu'à un moment, on se retrouve comme ça,
désemparé, ou il faut trouver des solutions
sur une crise, dans une crise qu'on n'a jamais traversée, en fait ?
Oui, il y a un double effet, il y a un effet de sidération,
mais il y a un effet de mobilisation.
La sidération, c'est parce qu'on est devant une attaque
que j'ai même parlé de guerre.
On est devant un acte de guerre,
puisque il y a un groupe assez nombreux
qui a décidé de tuer sur un certain nombre de lieux.
Et je sais, par les informations qui me sont données,
que ce groupe-là, on l'avait déjà situé,
c'est-à-dire qu'il est préparé,
projeté de Syrie et avec des commanditaires
qui sont parfaitement identifiés.
Donc c'est l'État islamique qui nous attaque.
Donc il y a l'effet de sidération,
mais aussi de mobilisation,
donc pas qu'on avait anticipé un acte de cet emploi,
mais enfin on avait quand même des préparations
qui nous permettaient d'être efficaces
au temps qu'il était possible.
À la fois, pour soigner,
il y a eu une mobilisation formidable
des services de santé,
des pompiers et des médecins et des infirmières.
Enfin bref, tout le service de santé
a permis d'évacuer et de sauver de nombreuses vies.
Mais aussi de nos services et de nos forces de police
et de gendarmerie qui ont pu intervenir sur les lieux
et neutraliser les terroristes après deux heures,
de quesotage.
Pardon, vous posez cette question,
mais j'ai toujours voulu savoir,
moi si à ce moment-là,
vous appelez aussi des proches pour savoir
où ils sont parce que vous aviez peut-être peur
que des proches soient en terrasse
ou bataquelants comme tout le monde ?
C'est quatre enfants,
donc je savais qu'ils étaient dans les quartiers concernés.
Donc très vite, ils m'envoient un SMS
ou moi-même, je le fais.
Donc je suis pour ainsi dire rassuré encore que,
même s'ils étaient certains se sont réfugiés,
je parle pas de mes enfants là,
mais beaucoup de jeunes se sont réfugiés
sous des portes cochères dans des lieux
qu'ils imaginaient plus sûrs
et il y avait encore des risques.
Donc personne ne pouvait tout à fait apaiser.
Mais enfin, je pensais surtout aux familles
qui, elles, commençaient à douter
parce que le pire, c'est de rien avoir
comme information.
Il y a des familles de victimes
qui ont attendu le lendemain,
voire le surlendemain pour découvrir l'horreur.
Donc voilà, j'avais bien sûr ma situation,
mais elle était déjà rassurante.
J'avais à agir parce qu'il y avait des familles
qui étaient dans le doute le plus affreux.
Et puis ensuite, il y a la trac des terroristes vivants.
Il faut mettre la main sur un certain délami de Abaoud,
qui disons-le le chef opérationnel des attaques sur le terrain,
si on prend un champ lexical de la guerre,
qui fut là un des membres de l'équipe des terrasses.
Il est introuvable, il est aperçu la dernière fois
sur une caméra de l'ERATP à la station Croix-de-Chavaux,
à Montreuil sur les 9,
et cet homme de nationalité belge
est une figure connue du J.A. d'Europe 1.
On craint qu'il commette un autre attentat avec son complice.
Est-ce que c'est ça votre principal craint,
ce moment-là, c'est le retrouver lui ?
Oui, Abaoud, nous savions qu'il était l'organisateur.
Nous ne pensions pas qu'il était aussi l'acteur,
il était les deux.
Il avait préparé ses équipes, préparé à tuer,
et il était venu, il était là.
Ensuite, nous savions que dans l'opération,
il y avait un jour d'après,
et le jour d'après pouvait être un attentat
où on parlait de la défense qui pouvait être visée.
Notre préoccupation, pour ne pas dire obsession,
c'était de retrouver cet individu.
Et il y a toujours, à la fois, travail des services.
Moi, je dois quand même souligner,
même s'il y a forcément toujours la même question,
pourquoi n'attends pas puis empêcher cet attentat.
Mais les services font le maximum,
la police a été admirable.
Il faut savoir ce que c'est que de monter les escaliers
pour aller chercher les preneurs d'ottage avec le risque.
Il peut s'en armer une cachetique offre.
Et ceux qui sont en tête de la colonne,
ils savent qu'ils vont prendre des balles.
Donc à Baut, il fallait le trouver.
Et il y a ce professionnalisme,
des forces et le hasard.
On a souvent parlé de peut-être des défaillances,
des failles, celles du renseignement aussi.
Il y avait, par exemple, au Bataclan,
un des terroristes, c'est Samy Amimour,
qui était dans les fichiers de la DGSI.
Il y a aussi les défaillances après les attentats.
Ça, la Deslam, par exemple,
uniquement brevivants des commandos,
arrivent à s'enfuir vers la Belgique.
Il est même, je crois, interviewé par la Radio-Belge
pour commenter les contrôles à la frontière franco-beige.
Est-ce qu'on peut dire que la France a fauteu ?
Est-ce que parfois, vous vous dites,
j'ai pas été assez bon sur ça ou pas ?
Est-ce que vous sentez responsable, simplement ?
Au pouvoir, on est responsable.
Ça fait partie de ce qu'est l'engagement
et de la vie politique.
Mais sur cette question de la lutte contre le terrorisme,
nous avons vraiment tout fait.
Tout fait pour prévenir,
parfois, nous ne sommes pas parvenus à empêcher.
Tout fait pour neutraliser les terroristes.
Tout fait pour anéantir l'état islamique
par des opérations de frappe que j'ai moi-même décidées.
Oui, nous avons fait notre devoir,
mais pour une victime, je sais pour ça que je suis allé au procès.
Il y a toujours cette question, est-ce qu'on savait
est-ce qu'il aurait été possible pour le cas de l'Abdeslam ?
Ce n'est pas nos services qui sont en cause.
Ce n'est pas la gendarmerie française.
On l'avait arrêté, l'Abdeslam.
C'est les Belges qui n'avaient pas, sur leur fichier,
le nom d'Abdeslam qui n'avait pas identifié l'Abdeslam.
Alors, ce qui est l'as, toujours après des tragédies comme celle-là,
ce qui a progressé dans le renseignement français,
on avait déjà fait voter le loi et il était, je crois, au niveau.
Mais c'était la coordination des services des renseignements européens,
parce que c'est comme ça qui s'est produit.
Bahoud, il est quand même venu à travers l'Europe.
Donc, ce sont nos voisins, je ne veux pas leur jeter la pierre aujourd'hui.
Ça n'aura pas de sens, mais il n'était pas conscient de ce qui était le théorisme.
Nous, on savait ce qui était le théorisme.
Depuis longtemps, la France, elle est confrontée au théorisme,
avec cette ampleur.
Nous, on était prêts.
Nous, on avait fait voter des textes.
Nous, on savait exactement où étaient les théorismes.
Nous, on avait voulu intervenir en Syrie,
parce qu'on savait que c'était là que ça se produisait.
Et beaucoup de pays européens voulaient ne pas voir ce qu'il allait se produire.
Ben, justement, c'est intéressant ce qu'on dit sur les failles de collaboration
entre les services des deux pays.
On a eu le sentiment, et c'est une réalité que les théoristes ont été en avant
sur un sujet, c'est qu'ils ont fait ce qu'on appelle les attaques croisées.
C'est-à-dire que les Français, les théoristes français,
comme mes dîners mouches ont attaqué par exemple la Belgique,
et les Belges nous ont attaqué,
parce que justement, ils avaient compris ou antipé
qu'il y avait un manque de collaboration.
Ça a été théorisé par l'État islamique, pardon.
Oui, peut-être qu'ils théorisent d'être une improvisation.
Leur souche était en Belgique.
Tous étaient en Belgique.
Tous venaient de Belgique.
Notamment du quartier de Molenbeck.
Justement parlant de Salat des Slam,
j'ai couvert le procès du 13 novembre qui a duré dix mois
au Grand Palais de justice de Paris.
Je vous ai vu, vous avez eu un rôle important,
puisque vous avez été appelé à la barre.
C'est inédit pour un président de la République, vous l'avez dit.
La raison est la suivante.
Vous étiez en quelque sorte le mobile des théoristes.
Ils l'ont dit pendant l'attaque au bataque.
Là, en prononçant votre nom,
Salat des Slam l'a répété plusieurs fois au procès.
Pour eux, c'est à cause des bombardements en Syrie menés par la coalition
dont faisait partie la France, qu'il se serait vengé.
Je mis évidemment du conditionnel, et c'est ce que eux disent.
À ceux qui peuvent avoir cette mauvaise idée dans la tête,
vous leur répondez quoi ?
Qu'on serait un peu responsable de ce procès ?
Oui, c'était un des enjeux du procès.
Les théoristes, il n'y avait pas qu'à des Slam
qui étaient dans le box désaccusés, ils étaient un bon nombre.
Laissait penser que finalement, ils étaient en légitime défense.
Qu'on n'avait rien cherché.
On les avait bombardés, ils nous tuaient.
Bon, eh bien, le procès l'a montré,
j'ai apporté les éléments.
Les attentats, ils avaient été préparés avant même
les interventions françaises en Syrie.
C'est-à-dire que ce groupe, l'État islamique,
voulait nous viser,
pas simplement parce que nous étions dans une coalition.
Non, ils voulaient nous viser parce que nous sommes la France.
Parce que ce que nous représentons pour eux
est insupportable la vie paisible, les terrasses de café,
une salle de spectacles, un bonheur fugace,
mais quand même partager la vie en commun.
C'était ça qui était en jeu.
Et nous divisez, nous.
C'est pour ça que les phrases qui sont prononcées
par les théoristes sont des phrases apprises par cœur.
C'est-à-dire si nous sommes là, et vous le répéter,
si nous sommes là, c'est à cause de l'État,
si nous sommes là, c'est à cause du président de la réplique
pour qu'il y ait l'arrêt à ce moment-là des opérations.
C'est tout ce que nous n'avons pas voulu justement faire,
c'est-à-dire cédé, devions pas cédé,
nous devions frapper et nous les avons frappés
et nous les avons éliminés.
C'était ça l'enjeu.
Alors ensuite, sur l'autre élément de la démonstration,
s'il n'y avait eu que la France,
on va dire oui, c'était la France,
mais il se trouve que la Belgique, l'Allemagne,
le Royaume-Uni, tous les pays européens ont été frappés
et aucun n'intervenait en Syrie, sauf nous.
Personnage principal, Asdina Medjhaouj.
Ceux qui nous ont fait tant de mal
qui ont assassiné sans distinction
femmes, hommes, français ou étrangers
dans les salles de Bataclan et sur les terrasses,
nous, nous les jugions.
Nous les jugions avec des avocats,
nous les jugions avec la règle de droit.
Et c'est pour ça que j'ai dit,
c'est pour ça que le procès est si important,
c'est que la démocratie avait gagné.
Nous, on n'est pas dans la loi du Talion,
nous n'est pas dans la vengeance,
nous, on juge.
Et c'est cette comparaison entre des théoristes
défendus par des avocats
et des avocats et des avocats de talent.
Et avec sans doute des judiciaires.
Oui.
Sans doute.
Et bien c'est ça, l'État de la France, l'honneur.
On les juge, les magistrats indépendants
vont les condamner, ils font leur peine.
Oui, on a été en quelque sorte, notre société,
en quelque sorte, testé,
parce qu'on aurait pu faire voler en éclane,
en éclane, en règle de droit.
Oui, bon, ton amour, qu'est-ce que c'est ?
Oui, bien sûr.
Après le 11 septembre,
la fin de l'État de droit aux États-Unis,
où on envoie sur une île à Cuba des théoristes,
sans jugement, sans rien.
Ou même la réponse récente de d'Israël,
par exemple, sur le 7 octobre.
Nous, on a fait en sorte d'arrêter d'abord,
pour ce qu'on pouvait neutraliser de cette façon,
et de juger, et même de mettre dans nos prisons,
compris avec les problèmes que ça peut poser.
Ben justement, vous faites un lien,
je reviendrai sur le procès,
mais sur Salab des Slam,
il fait l'objet d'une nouvelle enquête
pour avoir utilisé une clé USB en prison,
avec, nous dit-on, de la littérature djihadise dans les fichiers.
Les enquêteurs auraient même des éléments,
ils ont élargi l'enquête,
laissant à penser qu'il pourrait avoir un projet
d'attentat imminent.
Ça vous inspire quoi, cette nouvelle affaire,
Salab des Slam ?
J'imagine que quand vous avez découvert ça,
vous avez été attentif dans la presse sur ce sujet ?
Oui, moi je n'ai aucune information,
au-delà de ce qui est donné dans la presse.
Une clé USB, c'est tout petit.
Donc, il peut être passé par un visiteur,
ou je ne sais quel opérateur.
Mais en tout cas, il faut être extrêmement vigilant.
Pas simplement par rapport à ceux qui sont en prison,
et qui sont quand même surveillés, et empêchés,
mais par rapport à la radicalisation,
qui peut être extrêmement rapide.
Nous ne sommes plus devant un théorisme qui a un territoire
pour préparer des attentats,
qui a même une armée pour ça, c'était le cas quand on a eu...
Ça vous paraît fou qu'il puisse avoir une clé USB,
sur laquelle il y a des informations, des tests ?
Oui, je ne sais pas ce qu'il y a exactement sur cette clé USB,
mais de toute façon, ils peuvent avoir des informations et changer,
j'imagine, c'est déjà suffisamment grave.
Mais ce qui m'inquiète le plus,
ce n'est pas simplement ce fait-là.
Ce qui peut m'inquiéter et qui mérite d'être extrêmement surveillé,
c'est le cas d'individus qui ne sont pas fichés,
qui ne sont pas connus,
et qui partent des processus de radicalisation,
y compris ceux que ces fichus sur USB peuvent offrir,
arrivent à produire un acte, qui peut être un acte sidérant.
J'évoque souvent les attentats du 13 novembre
et le 14 juillet de 2007, il ne faut jamais oublier le 14 juillet de 2016.
Nice, on n'est pas du tout devant la même opération.
Un individu radicalisé en quelques jours,
en quelques heures, on ne sait même pas qui, avec un camion, tue.
Donc nous devons regarder le terrorisme islamisme,
pas différemment de ce qui est, il est toujours la même souche,
mais de voir qu'il peut avoir des méthodes qui sont différentes aujourd'hui,
qu'il est maintenant sans base territoriale
et sans organisation pour permettre ces actes.
Pour finir sur celle à des slams,
vous l'avez croisé du regard pendant le procès ou pas ?
C'est extravagant même de penser
que dans la même pièce,
puisse être présent, pas à côté, mais pas loin.
Pas loin, il y avait 15 mètres.
À la fois, ceux qui ont été directement dans les attentats du 13,
leurs complices, et le président de la République de l'époque,
la même pièce.
C'est fou.
Et je pensais qu'en les regardant,
ils allaient dire quelque chose.
Par exemple, c'est vous qui êtes responsables.
Bah ils sont tue.
Ils n'ont pas dit un mot.
Ça veut dire quoi pour vous ?
Ça veut dire que dès qu'ils sont dans cette position-là,
ils reduyaient ce qu'ils étaient avant,
c'est-à-dire des individus qui étaient,
fielment perdus, fanatisés sûrement,
mais qui n'ont pas le courage,
qui ne sont pas formés pour parler et pour tuer simplement.
Je sens presque,
alors je ne sais pas,
c'est vous qui utiliserez le terme que vous l'avez utilisé,
pas de la compassion, un peu d'humanité ou pas,
parce que c'est un individu quand même qui est jugé.
Comment vous le ressentez ?
Et nous, nous sommes avec toute la sévérité qui doit être la nôtre,
et la fermeté qui doit être notre réponse.
Nous sommes des êtres humains.
Eux ont perdu cette part d'humanité.
C'est ça qui était aussi en cause.
Un être humain, il se défend, il parle, il produit, il explique.
Non, ils n'ont plus cette capacité.
Mais c'est parce qu'ils ne sont plus dans l'humanité
que nous, nous devrions sortir de ce cadre.
C'est toute la question de la démocratie.
Est-ce que, parce que nous sommes attaqués par des individus
ou par des organisations qui sont dans le fanatisme et dans la barbarie,
nous devons perdre notre humanité ou nos règles de droit.
Et le terroriste nous teste toujours.
C'est ça le but du terroriste, c'est faire que nous ne soyons plus
ce que nous sommes et ce que nous revendiquons d'être.
Lors du procès, vous aviez eu une formule qui m'a marquée.
Vous aviez dit Nicolas Sarkozy a été le président de la crise financière,
Emmanuel Macron de la crise sanitaire
et moi le président de la crise liée aux attentats.
Vous serez à vie le président du 13 novembre.
Oui, oui, chaque mandat présidentiel, quand on regarde l'histoire,
au moins la Sackin-Brépoulée qui est marquée par une grande crise.
Alors elle peut être financière avec ses conséquences.
J'en ai eu une part, elle peut être sanitaire,
c'était inédit de confiner la population.
Et elle peut être une guerre, car ça n'était-tu.
Et donc le terroriste islamiste qui nous a frappé.
Et je pense que ça, malgré tout ce que je vais défendre
comme bilan de ce que j'ai fait comme président,
mais ce n'est pas le jour.
Finalement, la trace qu'on laisse,
c'est la manière avec laquelle le chef de l'État a surmonté la crise.
Justement, le 13 novembre, c'est un peu la fin du président normal.
On n'attend plus ou c'est normal à ce moment-là ? Vous êtes d'accord ?
On attend que je sois un président,
président qui agit et humain.
Parce que c'était ça.
Ça, c'est pas normal pour un être humain d'avoir ces visages.
Et l'asie est être normale, c'est rester ce qu'on est.
Ne pas tomber dans l'excès, dans l'absence de maîtrise.
Justement à l'époque, il a fallu montrer
à afficher une unité nationale,
notamment par rapport aux ennemis de la France, c'était important.
C'est ce que vous aviez tenté d'incarner par vos ministres,
avec aussi le procureur de la République, François Monlince.
Est-ce qu'un 13 novembre, aujourd'hui,
avec l'instabilité gouvernement mentale,
serait géré de la même manière ou pas,
de manière aussi efficace ?
C'est intéressant de s'imaginer
avec des premiers ministres qui changent tout le temps.
Oui, mais nos institutions ont quand même,
au-delà des péripéties et quelquefois des instabilités.
Elles ont quand même un mérite, je vais les défendre ici.
C'est que quand il se passe une crise,
le président peut être populaire, un populaire.
On peut l'aimer ou pas l'aimer.
C'est vers le président.
Et le président a les moyens d'agir dans les moments de crise.
C'est-à-dire qu'il est le chef des armées.
C'est lui qui commande les opérations,
c'est ce qui s'est produit avec des ministres.
Et je peux aussi penser que dans des instants de cette gravité,
l'unité nationale fonctionne.
Je l'ai vécu.
À condition d'être capable de l'appeler.
Vous étiez de la même famille politique, c'est plus simple ?
C'est plus simple.
Mais je pense qu'il y a quand même le sens de l'État.
Mais ce qui est vrai, dans ce que vous dites,
c'est que la société, elle, a changé en 10 ans.
C'est-à-dire que ce qu'elle était capable d'affronter
et de le faire avec courage, unité, cohésion,
et surtout après ce qui s'était déjà produit
avec le 11 janvier, cette grande manifestation.
Ce qu'elle comprenait être l'enjeu
et qu'elle voyait bien que le tourisme voulait nous séparer
et nous mettre dans une forme de guerre.
Y compris interne, aujourd'hui, je ne suis plus sûr
à cause, précisément, pas de l'instabilité politique,
mais de la fragmentation politique, de l'extrémisation politique,
du rôle des réseaux aussi sociaux
qui amplifient les mouvements de violence.
Oui, je pense que la société est plus fragile aujourd'hui
qu'elle n'était il y a 10 ans.
Justement, on est dans une émission
qui s'appelle personnage principal,
faisant un peu de politique fiction.
Et dans une fiction, il y a toujours des anti-héros,
un 13 novembre avec l'extrême droite au pouvoir,
avec Marine Le Pen ou Jordan Bardela et l'Elysée.
Vous l'imaginez comment cette gestion de crise ?
Non, je ne vais pas rentrer dans ce type de scénario
parce que je ne suis pas du tout dans cette projection-là.
Mais ce que je peux dire,
c'est qu'une élection présidentielle, c'est un choix très important.
Il faut bien réfléchir avant de savoir qui on met
à ce lieu central, quel que soit les périodes.
Je rappelle que le président de la République
est le chef des armées.
C'est lui qui commande.
C'est lui qui peut même déclencher le feu nucléaire.
On est dans un pays où il y a peut-être le regret de ton,
une concentration du pouvoir sur le président,
notamment pour ces sujets qu'on appelle régalien.
Donc il faut bien penser que...
C'est une question que je me suis souvent posée
quand j'étais dans la situation.
Oui, qui a ma place ?
Qui aurait réagi comme je l'ai fait ?
Mieux, moins bien ?
Cette question-là, elle est toujours posée.
Oui, on imaginait l'extrême droite.
Ça me regarde, on va dire.
Justement, il y avait la tentation d'une dérive vers un repli identitaire.
Et l'idée, par exemple, de vouloir faire passer
la déchéance de nationalité,
vous saviez que j'allais vous interroger à-dessus.
Comme dans les films, parfois, on retient que la scène ratée.
Est-ce que la déchéance de nationalité, c'était une erreur ?
C'était votre erreur ?
Moi, j'avais voulu, après le 13-9 an,
faire qu'il y ait consensus, précisément, unité.
Donc j'avais réuni tous les chefs de partis.
Et parmi les propositions qui m'étaient faites,
il y avait l'élargissement de la déchéance de nationalité.
Parce que la déchéance de nationalité, elle existe.
Elle existe pour les naturalisés, double-nationnaux.
Et là, il s'agissait pour les criminels terroristes,
ceux qui avaient été condamnés pour crime.
Donc de pouvoir les déchoire, les priver de nationalité,
quand ils avaient une autre nationalité,
y compris par des Français de naissance,
qui pouvaient avoir une double nationalité.
Quand j'ai fait cette proposition devant le Congrès réuni à Versailles,
il y a eu une animité tellement, il y avait un moment de tragique.
C'est le gouvernement par l'émotion, presque.
Et puis, c'est vrai, avec le raisonnement,
comment des Français peuvent-ils rester français
s'ils prennent des armes contre leur propre pays ?
Et puis ensuite, c'est à l'intérêt du débat.
Même si cette mesure était approuvée par 90 % de nos concitoyens,
il y avait des femmes et des hommes qui me disaient,
qui disaient d'ailleurs, dans les débats aussi parlementaires,
pourquoi les double-nationnaux pourraient perdre la nationalité française
et les monos nationales ne la perdraient pas.
Car je rappelle que les deux terroristes qui étaient au Bataclan
étaient des Français sans avoir de double nationalité.
Et donc deviendraient des apatrides
si on devait leur enlever l'indégédé.
Quand j'ai vu que ce débat, finalement...
C'était la faute de Manuel Valls, on a souvent dit ça, qu'il était à fond.
Non, je ne veux pas.
Non, non, je l'assume, c'est moi qui l'ai prononcé.
Donc, je ne veux pas dire...
Non, on avait pris des garanties.
Mais ce qui est intéressant dans cette mesure,
enfin, cette annonce, puisque ça n'a jamais été mis en œuvre,
c'est quand c'est allé proclamer, elle fait l'unanimité.
Et donc, c'est l'intérêt du consensus.
Et puis ensuite, elle fait débat et consensus.
Or, face au cet enjeu-là de la cohésion,
rien ne doit être fait pour diviser.
Et donc, j'ai retiré la mesure.
Et justement, aujourd'hui, la société française,
elle est aussi résiliente, solide,
ou pas, vous pensez, qu'à l'époque,
il y a quand même eu une réaction assez étonnante.
On s'est serré l'écoute, quoi.
Oui, c'était assez admirable même,
puisque il y a eu deux événements qui ont suivi les attentats du 13 novembre.
Il y a eu la COP 21,
on me disait, il faut annuler la COP 21,
vous n'allez pas faire venir
tout l'échelle d'État du monde entier 15 jours après qu'il y ait eu des attentats à Paris.
Et bien précisément, j'ai dit, oui, il faut les faire venir.
D'abord, par solidarité à l'égard de la France,
et ensuite, peut-être qu'on a obtenu cet accord de Paris,
parce que l'ambiance était telle
que personne ne pouvait imaginer un échec.
Et puis, il y a eu des élections régionales,
trois semaines plus tard,
ou dans les quartiers qui ont été touchés
par les actes terroristes à Paris,
le score du rassemblement national a été parmi les plus faibles.
Est-ce que maintenant, on aurait forcément ce même résultat ?
Je dis souvent, le terrorisme islamiste,
comme tout ce qui se fait pour nous faire peur,
c'est un poison lent.
Ça se diffuse quelques années plus tard.
La peur, c'est la peur qui fait qu'à un moment,
on se laisse aller à des fautes,
ou à des attitudes, ou à une incompréhension,
ce que vous appelez le repli.
Dans la réponse qui sont d'ailleurs rapportées,
on entend quasi exclusivement la réponse répressive,
quand il y a un attentat.
On voit qu'elle ne suffit pas.
Est-ce que là, on en échec,
selon vous, aucun plan sérieux,
franchement, il faut être clair,
n'a été proposé après ces attentats,
mais après aussi, par exemple, les émeutes en bon lieu,
dont on vient de fêter les 20 ans malheureusement,
on enchaîne les tristes anniversaires,
et on a le sentiment qu'on ne parle jamais
culture, recherche, enseignement,
et plan économique, sur le plus large.
Oui, on est souvent injuste avec nous-mêmes,
parce que lorsque il se produit des émeutes,
ou des choix d'individus qu'on a pensé pourtant en cas d'arrêt,
on se dit que c'est la faute du système éducatif.
On en fait sûrement pas assez.
La culture a un rôle majeur à jouer
pour montrer précisément que la liberté, la création,
mais on peut aussi avoir des tournements de la culture, ça arrive.
On a aussi des groupes qui sont des groupes fanatiques.
Bien sûr.
Donc, essayons d'améliorer,
mais de ne pas nous mettre chaque fois en position d'accuser.
Ce n'est pas nous les accuser,
c'est ceux qui nous attaquent.
Il ne faut jamais oublier la hiérarchie des responsabilités.
Oui, mais on dit quoi à des jeunes qui peuvent aujourd'hui
être tentés de rejoindre une organisation radicale,
aujourd'hui, d'ailleurs, théoriste ou pas.
Il y en avait, je crois, 2000, entre 2013 et 2015,
qui ont tenté de rejoindre la Syrie.
Aujourd'hui, vous, comment vous pouvez, je dirais pas,
rentrer dans la tête de ces jeunes,
mais comment avoir le début du commencement
d'un discours convaincant pour les ramener dans la société ?
D'abord, ils sont beaucoup plus vulnérables.
Il y a toujours eu des éléments qui,
dans la France d'hier ou d'avant-hier,
essayaient de radicaliser des gens, de les extremiser,
de les enrouler, enfin, l'extrême droite
ou des mouvements d'extrême violence,
ça a toujours existé,
ou même des mouvements anti-démocratiques
ou des mouvements même à l'extrême de la gauche.
On a connu ça, des mouvements révolutionnaires.
On a connu quand même des mouvements autonomes
qui ont donné des attentats tout à fait abominables
dans les années 70.
Sauf que c'était des réseaux extrêmement limités aujourd'hui.
C'est pour ça qu'il faut être tout à fait mobilisé.
Avec les réseaux sociaux,
vous pouvez très vite emmener des gens dans des formules ultra.
Vous pouvez tout de suite les mettre dans une formule
de communautarisation.
Et donc, si on ne nageit pas sur les formes
de mobilisation, de fanatisation,
on risque d'avoir des violences.
Et ce n'est pas le nombre d'actes violences,
c'est l'intensité de la violence qui est en cause.
Je crois que là, il y a l'éducation qu'on peut faire,
il y a la culture, il y a la vigilance,
il y a bien sûr la prévention.
Enfin, c'est sur les réseaux que ça se situe.
Il faut bien mesurer ce que ça donne.
Et quand on regarde la situation aux États-Unis,
écoutez, franchement, si vous ne pensez pas qu'il y a une menace-là,
le libertariat qui pense que tout est équivalent,
il doit regarder à mon avis devant lui, ça reste pour s'habiter.
Vous ouvrez la porte des États-Unis.
Une petite question, on nous reste à 5 minutes,
je sais que vous avez un emploi du temps ultra chargé, c'est normal.
La mort, par exemple, de Charlie Kirk,
est rigée en symbole de la liberté d'expression.
Vous avez quel regard à là-dessus ?
On a perdu la bataille culturelle quand on voit que l'extrême droite
nous dit c'est nous, la liberté aujourd'hui.
Oui, d'abord, il y a un assassinat.
Il y a le premier acte, c'est que peut-être était-il violent
dans sa forme verbale.
Mais enfin, la violence verbale n'appelle pas la violence physique.
Ça, c'est tout à fait clair, net, ce qu'on doit affirmer là-dessus.
Jamais on doit s'en prendre à une personne pour son expression.
Ensuite, on voit bien que la liberté d'expression
qui a été faite pour le pluralisme, faite pour la tolérance,
faite pour la nuance, faite pour l'échange des idées
est devenue aujourd'hui le drapeau pour la radicalité.
J'ai le droit de tout dire.
C'est ça, l'affirmation.
J'ai le droit de tout mettre en cause.
J'ai le droit de, ça peut d'ailleurs valoir dans d'autres domaines,
j'ai tous les droits.
Mais non, on n'a pas tous les droits.
La presse, par exemple, le droit de la presse, il est encadré.
Il est encadré, vous n'avez pas le droit de dire
que quelqu'un est un assassin ou un voleur, vous encourez
un certain nombre de sanctions.
Aujourd'hui, vous avez le droit de tout dire.
Mais celui qui a maintenant la parole pour le faire,
c'est même Donald Trump.
Il est capable de dire que celui-là est un menteur,
que celui-là est un fossaire, que celui-là,
ou celle-là ne mérite pas d'avoir accès à l'information.
Donc avant, il y avait des règles.
Et donc, c'est ça l'état de droit, c'est des règles.
Je ne vais pas vous faire parler de politiques intérieures,
pas de budget.
Mais j'ai une question en dehors, on va dire,
de cette journée spéciale du 13 novembre.
Une question quand même importante, je dirais,
sur un autre personnage principal de l'actualité,
Nicolas Sarkozy, sa libération a été examinée ce matin,
parce que le moment se parle, on est lundi matin,
par la Cour d'appel de Paris.
Une réaction ou pas ?
Non, la décision va arriver,
mais ça sera en fonction du droit, une fois encore.
C'est la justice qui va se prononcer ce que c'est nécessaire
de le laisser en prison ou pas.
Et ce n'est pas les mêmes arguments qui vont être utilisés
que ceux qui ont justifié qu'ils y soient mis.
Donc la justice, faisons confiance à la justice.
Parce que pour terminer, on a pensé qu'il y a deux antagonistes.
Antagonisme, pardon, c'est celle,
c'est partisans qui disent que c'est un procès politique.
Et les autres qui disent qu'il ne reste pas assez longtemps en prison
s'il est libéré à toi.
Moi, j'ai la même position.
C'est la justice qui a décidé
de le mettre de la carcérée,
ce qui était une décision extrêmement grave.
Et c'est la justice qui va décider de le remettre en liberté.
C'était une bonne idée d'aller visiter en prison pour Gérald Damana ou pas ?
C'était son idée.
Pour finir, vous diriez aujourd'hui qu'on joue dans quelle série, dans quel film ?
Voilà, est-ce que tout nous paraît un peu fou quand même ?
Oui.
On va dire l'instabilité gouvernementale, pardon.
C'est-à-dire l'actualité politique.
Ce qui se passe aux États-Unis, les guerres en cours,
la désinformation sur les réseaux sociaux.
Dans quel film ? Dans quel série on est, selon vous ?
On n'est pas dans la répétition.
Rien n'est semblable à ce qui s'est produit.
Précisément, on est peut-être dans l'aventure.
On est dans une espèce de fuite.
Mais rien n'est fatal.
La série que je voudrais produire, c'est Rien n'est fatal.
Tout se décide par nous-mêmes.
Pour empêcher, pour faire, pour donner,
pour livrer une espérance possible.
Rien n'est fatal.
Merci, monsieur le Président.
Je concluant vous un plan, monsieur le Président.
Et à très bientôt, parce que vous,
vous êtes très actifs sur la scène intérieure.
À demain donc.
À demain, merci.
Personnage principal ?
S Dynamite Saouche.
Radio Nova.
