Mama’s gun d’Erykah Badu, 25 ans après les balles sifflent encore - CULTURE PURE

Mama’s gun d’Erykah Badu, 25 ans après les balles sifflent encore - CULTURE PURE

Nova le matin • 19/11/2025 • 03:37

À 7h35 dans CULTURE PURE, Ségo nous rappelle que parfois, c’est bien de juste parler de culture.

Transcription

Remonter le temps à l'Atelier des Lumières est viver une expérience immersive hors du temps.
Léonard de Vinci, Raphaël, Michel-Ange, les chef-d'œuvre des grands maîtres prennent vie en lumière, en musique et en mouvement.
Renaissance, un voyage fascinant au cœur de l'époque qui a changé notre regard sur le monde.
Réservation sur atelier-lumières.com
L'album, l'album culte du jour.
Alors c'est ce bagarre entre si il est sorti le 18 ou le 21 novembre.
Donc on est le 19 et personne ne gagne.
Juste, préparez votre Tankface de kiffer parce que dedans il y a ça, mais il y a aussi ça, ou encore ça.
Voilà, le début de l'album qui fait ses 25 ans.
Avec nous ce matin, Mama's Gun de la grande Erika Badou, son deuxième disque après l'immense badouisme.
Une heure 11 de néo-soul, infusé de jazz, de soul, de funk, de hip-hop.
On a pas mal parlé de D'Ingelo ces derniers temps depuis son décès, l'annonce de son album Postume.
Il y en a qui disent que Badou, c'est un peu le yin de ce yang ou le yang de ce yin.
En tout cas, l'album Mama's Gun, il sort la même année que le voodoo de D'Ingelo
et aussi que le likewater for chocolate de Common.
Et Badou, elle a choqué son époque tout pareil,
ou alors parfaitement collé à cette charnière de l'an 2000, c'est à voir.
Elle est entre le flottement et la détermination claire à faire bouger les choses pour le futur.
Je vous parlais cette semaine de marcher à l'envers.
Elle ajoute si possible de le faire avec Erica Badou dans les oreilles.
Cet album, c'est une perle.
Il y a plein de samples, savant d'instruments live.
La voix de Badou, évidemment.
Des passages d'artistes comme Jay Dilla à la prod, Questlove à la batterie,
Stéphane Marley au chant, Roy Ayers au vibraphone et des textes.
Par exemple, le single, c'est Bag Lady, c'est ça ?
Évidemment.
Pack Lights, elle dit dans Bag Lady.
Elle parle de troquer ses fardeaux émotionnels.
J'y vois la chanson la plus littérale sur la charlementale des meufs.
Elle dit, apportez tous ces sacs, tu vas te faire mal au dos meufs.
Des sacs qui vont entraver ton chemin, tu vas louper ton bus.
Peu importe si c'est des sacs Gucci ou des vieux sacs poubelles,
laisse-les aller, même si c'est une galère d'être une meuf
et qu'on nous met des choses de force dans nos sacs.
Ce morceau a été l'un des plus gros succès de l'album.
Il a atteint la sixième place du Billboard Hot 100.
Il a été nommé au Grammy, meilleure performance féminine,
meilleure chanson R&B.
Et c'est ça, la puissance de la néo-solid de Badou.
Elle fait revenir ses sons et l'a porté politique dans ses sons.
Elle est féministe.
Oui, avec Bag Lady et sur Booty.
Aussi, c'est celui-là.
Elle parle aussi des violences policières
avec cette hommage à Amadou Diallo
composée après l'acquittement des policiers qui l'ont tué.
Elle dit, et vous n'allez...
You won't be naming no buildings after me.
My name will be mistaken surely.
On va pas se rappeler de mon nom,
on va pas nommer des buildings avec mon nom.
Et sur la première track qu'on écoutait tout à l'heure,
Penitentiary Philosophie, elle fait écho à la lettre de Martin Luther King
qui écrivait, depuis la prison de Birmingham,
pourquoi nous ne pouvons pas attendre pour la libération.
On fait donc bel et bien le quart de siècle
d'un album culte important.
On pourrait parler ici pendant une bonne heure
qui a inspiré des artistes
comme La Grande-Jalaine-Moleil,
Cizay, Noname, Solange,
Anderson Paque, Francauchon et Jean-Passe
et qui méritent qu'on s'y replonge.
On écouterait un morceau tout à l'heure, ces problèmes.

A poursuivre

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