Hugo Marchand : étoile mais bossu, le défi "Notre-Dame de Paris"
Au programme du Score, un voyage dans la danse, celle qui raconte l’âme mieux que les mots, avec Hugo Marchand, un invité dont chaque geste est une évidence. Formé à l’École de Danse de l’Opéra de Paris, devenu danseur étoile, il s’apprête à incarner Quasimodo dans Notre Dame de Paris du 6 au 31 décembre 2025 à l’Opéra Bastille, avant une sortie cinéma mondiale en 2027. Hugo Marchand répond aux questions de Charline Roux.
Côté actualité culturelle, on découvre (ou redécouvre) The Dream Eaters, duo pop aux trouvailles aussi kitsch que délicieusement NSFW. Avec leurs pépites absurdes face cam, dont “being an asshole is my love language”, impossible de ne pas succomber à leur humour décalé.
Côté actualité culturelle, on découvre (ou redécouvre) The Dream Eaters, duo pop aux trouvailles aussi kitsch que délicieusement NSFW. Avec leurs pépites absurdes face cam, dont “being an asshole is my love language”, impossible de ne pas succomber à leur humour décalé.
Transcription
Elephant est de retour.
Après leurs inoubliables tubes Time for a Change, Catcher in the Rye ou encore Maryland,
découvrez Love, Earth, Repeat, le nouvel album du duo électropope français disponible dès le 3 avril.
Un disque sensible et puissant où leurs pop mélodique élégante se teinte d'accent rock
et qui transforme les félures en refrain universelle.
Retrouvez toutes les dates de tournée et l'actualité d'Elephant sur leurs réseaux sociaux.
Le score du bon son de la conversation sur Radio Nova avec Charline Roux.
Les Jackson 5 Blame It on the Boogie est bienvenue dans le score.
Aujourd'hui, on découvre la playlist du danseur-étoile Hugo Marchand.
Il sera aussi et bien sûr question du ballet Notre-Dame de Paris dans lequel il sera bientôt
Quasimodo et tout ça. Ce sera juste après l'actu du jour.
C'est vendredi, c'est jour de glissade. Je vous propose donc une découverte musicale qui pourrait
bien changer votre perception et vos échanges avec le monde autour.
Découverte peut-être pas puisque ce binôme passé de groupes de pop à Prolix Vidéaste
a déjà de nombreux abonnés sur Instagram, mais je ne résiste pas au plaisir de partager ou
repartager. Il s'appelle The Dream Eaters. Sur leur réseau, il se présente ainsi
Welcome to Whatever We Are. Et ce qu'il propose, c'est ce genre de chansons.
Being an asshole is my love language que je traduirai pudiquement
par être un gros con. C'est mon langage de l'amour.
Alors ils sont deux, facecam dans leur vidéo, absolument impassibles,
quoique maquillés et un danseur pas tout à fait spectaculaire les accompagne dans cette mise en
scène des plus kitsch. Et voici une autre pépite à ne pas regarder au bureau que je m'empresse de
partager. D'un drôle d'usage, d'une imprimante 3D, je vous laisse le soin de traduire comme il se doit
et je vous rappelle donc leur nom The Dream Eaters. Allez les écouter et les regarder sur les
comptes dédiés. Dans un instant de la grâce avec le danseur étoile Hugo Marchand, il nous
rejoint juste après Dizir Askel.
La danse, c'est le langage caché de l'âme. Alors c'est pas de moi, évidemment, c'est une
martagramme immense danseuse et chorégraphe américaine. Si je me fie à cette citation et
je n'ai aucune raison de la mettre en doute, sachez donc que ce que cache mon âme n'est pas
très jojo, contrairement à tout ce que dévoile mon invité. Entrez à l'école de danse,
de l'Opera Nationale de Paris en 2007, il est nommé danseur étoile 10 ans après,
à lui, Onéguine, l'histoire de Manon, Giselle, Casemoiselle, La Bayadère, La Sylphide. Le jeune
homme et la mort liste vraiment non exhaustive. À moi, les dancefloors un peu douteux. J'accueille
donc une belle âme et un grand danseur. Bonjour Hugo Marchand. Bonjour Manon. Et merci de venir
dans ce studio. Tu t'apprêtes à danser Notre-Dame de Paris pour 19 représentations. Ce sera du 6
au 31 décembre à l'Opera Bastille. Le ballet sera ensuite, si je ne m'abuse, diffusé
au cinéma en mars 2027. 19 représentations, je ne me rends pas compte. C'est beaucoup ou c'est peu ?
19 représentations, c'est un nombre de spectacles assez standard qu'on a pour les fêtes de Noël.
Après, c'est certain que je ne vais pas faire les 19 spectacles. Ce serait un peu trop. J'ai
six dates de prévues sur la série et on est quelques danseurs à se partager les rôles pour
pouvoir tenir le coup physiquement et récupérer entre les spectacles. Donc j'imagine que tu es
déjà en train de répéter ardemment, si ce n'est déjà complètement maîtrisé peut-être ?
Complètement maîtrisé pas du tout. Je suis dans le processus de travail effectivement,
de découverte du rôle, d'apprentissage de la chorégraphie, de découverte aussi de la psychologie,
du personnage de Quasimodo que je vais interpréter, avec tout ce que ça peut avoir de travail un peu
personnel de recherche sur le rôle, sur les écrits, sur les films qui y sont passés,
sur comment on peut enrichir ce personnage avec autre chose que la danse, aussi pour créer
un imaginaire qui va servir les représentations et servir l'interprétation du rôle par ailleurs.
On reviendra au spectacle dans un instant mais en énumérant tout ce que tu as déjà fait,
je me suis demandé s'il t'arrivait de ne rien faire, genre rien de rien quoi, la glande absolue.
J'essaye d'apprendre mais j'ai beaucoup de mal. Mes parents m'appelaient Zébulon quand j'étais
enfant et je pense qu'ils ont vraiment trouvé ce surnom qui me tient encore au corps puisque
je n'arrive pas vraiment à m'arrêter et l'arrêt pour moi est douloureux même physiquement
parce que quand on arrête de bouger le corps s'engourdie un petit peu et puis parce que psychologiquement
je perds un peu pied quand tout à coup je n'ai plus de quotidien où j'ai des projets où
je projette des choses en permanence donc l'arrêt est assez difficile pour moi mais j'essaye
d'apprendre, j'essaye d'apprendre parce que je sais qu'il faut se ménager pour tenir sur du temps long.
J'ai donc demandé à Zébulon comme à tous mes invités de choisir six titres dans les playlists
de Nova pour démarrer. Tu as opté pour Buena Vista Social Club avec Chan Chan, on l'écoute
on en parle juste après. Le score jusqu'à 20h sur Radio Nova. Buena Vista Social Club sur
Nova avec Chan Chan, le choix du go marchand, l'invité du score aujourd'hui. Pourquoi
ce titre en particulier ? Parce que ça me rappelle des vacances avec mes parents. Je
pense que ça rappelle un peu les trajets en voiture qu'on prenait, on allait souvent encore,
c'est donc on partait de nantes en voiture, j'y suis nantais donc on avait beaucoup à écouter
dans la voiture et au Buena Vista Social Club ça faisait vraiment partie des playlists qu'on
avait en écoute libre et très régulière pendant les vacances donc c'est des souvenirs heureux.
T'étais l'enfant qui bouge à l'arrière donc. Oui, souvent l'enfant perturbe et à l'arrière
qui bouge un peu trop. La question rituelle de cette émission, je te la soumets quelle place
prend la musique dans ta vie de tous les jours ? J'entends pas par là celle sur laquelle tu
travailles parce que c'est un outil aussi j'imagine, mais celle que tu écoutes pour ton loisir à quoi est
ce qu'elle te sert ? Elle me sert un peu à me couper du monde, à me mettre dans une ambiance
soit de création soit de travail soit de relaxation. J'écoute de la musique tous les
jours évidemment avec mon travail à l'opéra mais j'en écoute aussi dès que je termine ma
journée ou que je la commence dans le métro ou quand je suis en train de voyager, c'est quelque chose
qui est tout le temps avec moi, c'est quelque chose qui me renforce dans mes désirs et qui
m'aide à construire encore une fois tout un imaginaire qui va me servir derrière pour faire
tous les projets que j'ai envie de mettre en place. C'est à dire qu'au-delà de la
musique des ballets tu te fais des playlist annexes sur les personnages eux-mêmes ?
Pas forcément sur les personnages, je veux dire que ça se fait de manière un peu plus inconsciente
mais c'est certain que la musique me permet de quitter un peu une atmosphère parisienne et donc
rentrer dans une forme de rêverie et donc de réflexion qui va nourrir plein de choses en
fait en dehors même, en dehors des rôles que je peux interpréter à l'opéra.
Dans un instant on parle de Notre-Dame-de-Paris, on écoutera 100 liens de cause à effet
Daft Punk et tout ça se sera juste après la pub.
Daft Punk sur Nova Around the World, j'ai choisi ce titre pour mon invité Hugo Marchand
parce que je voulais un souvenir très marquant de ce clip qui était très
chorégraphier, bien qu'à l'ici je ne m'abuse avec les en avant en arrière, voilà.
Je choisis que des musiques qu'on rapporte avec des chorégraphies qui m'ont marqué.
Bah ouais tant mieux. C'est un égoterie par en quelque sorte.
Non mais c'est cool, c'est cool, moi j'ai pas vu le clip donc j'aurais pas la
rêve. Je suis sûr que si. Peut-être que je l'ai vu mais je pense que bien par
en tout cas. Donc je le disais, tu seras bientôt sur scène
pour Notre-Dame-de-Paris, il y aura 19 représentations du 6 au 31 décembre à
l'Opéra Bastille, Notre-Dame-de-Paris donc Maurice Jar pour la musique, si je ne
m'abuse la toute première chorégraphie de Roland Petit pour l'Opéra de
Paris en 65, est-ce que tu peux expliquer au non-initié la particularité des
balais de Roland Petit ? Les balais de Roland Petit sont des balais avec
des histoires très fortes et des personnages très colorés. Ce qui est
intéressant chez Roland Petit c'est que ces balais capturent le parfum d'une époque.
Notre-Dame-de-Paris a été écrit en 1965 donc en plein pendant la nouvelle vague
et justement lui a décidé de ne pas rentrer dans cette idée de la nouvelle
vague. Ce qui est intéressant avec ce Notre-Dame-de-Paris c'est justement
l'hommage qui pourrait faire presque aux balais russes de Diaghilev en allant
travailler avec d'autres grands artistes. Roland Petit pour cette création
il a évidemment utilisé l'histoire de notre-Dame-de-Paris de Victor Hugo.
Il a demandé à Maurice Jar, immense compositeur de créer la musique, il a
demandé à Yves Saint-Laurent de faire des costumes, il y a quelqu'un qui a fait des
lumières magnifiques, des corps, etc. Donc c'est un peu une oeuvre globale,
c'est un peu pas simplement un balais, c'est ce que je pense Roland Petit
souhaitait, c'était vraiment réussir à collaborer avec les artistes de son
époque pour donner aussi le goût de l'époque. Moi je trouve ça très
intéressant aujourd'hui de voir dans quelle mesure en 2025 un balais de
1965 peut encore parler aux gens et dans quelle mesure cette esthétique si
particulière aux années 60 peut encore avoir un goût vintage énorme daté comme
on peut encore l'entendre. Je trouve que malgré tout que l'histoire de
Notre-Dame-de-Paris et notamment le personnage de Casimodo c'est un
personnage hyper actuel dans la mesure où c'est un personnage qui est
abîmé, c'est un homme qui est à la fois une bête, c'est un personnage qui est
sourd, c'est un personnage qui est lait et répugnant et c'est un personnage qui ne
rentre pas dans le cadre de la société. Il est même moqué par la première scène
de Notre-Dame-de-Paris, c'est la fête des fous, on va élire le roi des fous et
Casimodo est évidemment élu roi des fous et complètement moqué par la
société. Donc en fait aujourd'hui on a combien de Casimodo dans le monde, on
a la plein en fait des Casimodo encore, des gens que l'on moque, des
gens qui sont mis de côté par la société, des gens qu'on ne considère pas et
habitant à Paris dans un monde très normé avec une société très forte et
désattente et désesthétique très particulière à notre époque et il y a
énormément de gens avec des âmes magnifiques qui ne rentrent pas dans ces
codes là et qui sont des Casimodo à leur tour. Donc je trouve que c'est
très actuel en fait de parler d'un personnage qui est complètement
sorti du système et qui est malgré tout à des valeurs peut-être les plus
belles et les plus purs. On ne va pas se mentir non plus, Casimodo est le seul
véritable héros de Notre-Dame-de-Paris, héros au sens avec des valeurs positives.
C'est ça, alors ce qui est intéressant c'est que c'est aussi un peu un
anti-héros, c'est à dire qu'il est à la fois monstrueusement lait et
dégoutant et qu'au début de l'œuvre il y a quand même une
ambiguïté sur ces belles valeurs, on ne sait pas si Casimodo est quelqu'un de
bien au départ, c'est quand même quelqu'un qui a une puissance physique
énorme qui peut blesser les gens en le voulant ou en ne le voulant pas,
quelque chose qui ne contrôle pas et il est complètement asservi par Frolo qui
est son éducateur, cet archidiacre à la fois juge qu'il a récupéré quand
il était nourrissant et qu'il a élevé et qu'il ne l'a fait
connaître que la cathédrale et que les cloches de l'Autre-Dame.
Ce personnage on se rend compte qu'il devient bon et il devient très touchant à
partir du moment où Esmeralda va le sauver et le donner de l'eau alors qu'il
est sur le pylori et qu'il a été moqué par tout Paris.
Donc c'est touchant de voir aussi l'évolution de ces personnages qui
est au début juste effrayant et gênant et qui va devenir finalement le
personnage le plus candide qu'un coeur de prince dans un corps de bête.
T'as découvert toi de Notre-Dame de Paris, ça a été le roman ou ça a été
une doutée, c'est multiples adaptations.
Découvert de Notre-Dame de Paris, ça a été avant tout le dessin animé,
il faut être honnête de Walt Disney parce que j'ai vu le dessin animé quand j'étais
enfant et ensuite ça a été de danser ce balai dans le corps de balai.
Moi j'ai fait partie du corps de balai de Notre-Dame qui est je dirais même
le cinquième rôle de ce grand balai puisque dans Notre-Dame de Paris
il y a Quasimodo et Esmeralda, Frollo et Fébus qui sont les quatre
grands rôles principaux et le cinquième rôle c'est la foule.
C'est Paris et ça c'est le rôle du corps de balai et c'est un rôle
hyper important et c'est un rôle qui est très difficile parce qu'il n'y a pas
tellement de place pour les individus, il y a de la place pour les effets de groupe
et les effets collectifs et malgré tout ça porte le balai avec une force
incroyable et c'est malgré tout difficile pour le corps de balai parce qu'on
est très physiques et c'est pas forcément visible pour le spectateur.
Donc moi j'ai découvert ça aussi à travers
en dansant ce balai dans le corps de balai.
Aujourd'hui je le découvre évidemment, je suis en pleine
lecture de Notre-Dame de Paris, de Victor Hugo qui est très intéressant
parce qu'il y a effectivement plein de chapitres qui parlent véritablement
de l'histoire et du balai de Roland et aussi beaucoup de choses qui sont
simplement des descriptions et en fait une mise en atmosphère et en ambiance
de ce qui était Paris au 15e siècle parce qu'on parle quand même
de la fin du Moyen-Âge et donc avec un Paris qui ne ressemble en rien
à ce qu'on connaît aujourd'hui.
Non il y a une référence qui a un intéressant aussi pour nous c'est le
film Casimodo de 1939 avec Charles Lotton qui interprète le rôle de Casimodo
de manière assez incroyable et qui donne plein d'indices pour nous
en fait pour s'emparer du personnage, voir aussi différentes
distributions danser ce spectacle, voir plusieurs captations et derrière
avec toute cette petite c'est tous des ingrédients se faire une salade
et puis réussir à se faire sa salade à soi singulière et pour tenter
de donner une vision personnelle.
Et puis j'espère d'époque de notre époque de ce balai.
On poursuit la conversation sur Notre-Dame de Paris dans un instant
nouvelle pause musicale. Nouveau choix signe Hugo Marchand.
On va écouter M.I.A. avec Peppa Plains.
Pourquoi elle ?
Je pense que c'est une musique que j'ai pas mal écouté quand j'étais
ado.
Allez c'est parti.
David Bowie sur Nova Let's Dance.
Est-ce que j'ai choisi ce titre parce que je reçois un danseur étoile ?
Peut-être évidemment Hugo Marchand.
Je ne sais pas si ça te parle David Bowie.
Oui super comme une invitation en même temps un peu.
Mais je ne me l'entrais pas.
Je n'ai jamais de la vie je ne danserais devant un danseur professionnel.
Pourquoi ? La danse est tellement universelle.
Non mais pfff.
T'arrives encore à regarder des gens de manière ou d'être touchée
par des danseurs qui ne soient pas des danseurs professionnels ?
Plus qu'avant.
Je dirais plus qu'avant parce que la danse c'est pas simplement
être parfaitement sur de sa technique.
La danse c'est l'expression tellement individuelle et tellement
spontanée de ce qu'on est à l'intérieur qu'il n'y a aucune danse
qui est ratée, aucune danse qui est mauvaise, aucune danse qui est honteuse.
Et donc je ne juge jamais la danse des gens.
Jamais. C'est bien, c'est chouette, c'est rassurant.
Il y a quelque chose de complètement spontané, de libre et de beaux.
En fait, il y a personne qui danse mal.
Voilà après, si on fait de la danse classique, il y a des codes à apprendre.
Il y a des techniques à apprendre, mais il n'y a pas de personne de danse mal.
La danse c'est trop piné.
C'est quelque chose qui est trop en nous pour pour mal s'y prendre.
Tu crois qu'on a vraiment tous le truc ?
C'est quelque chose qui ?
On a tous son truc, oui.
OK, ça me va.
On parle de Notre-Dame-de-Paris, 19 représentations.
Ce sera à l'Opera Bastille en décembre et toi, tu seras donc sur scène.
Le 6, le 9, le 12, le 16, le 20 et le 22.
Exactement.
Voilà, j'ai tout bien appris.
On disait que tu y es quasi-modo.
Alors quasi-modo, on l'a abordé un instant, mais voici comment il est
présenté sous la plume de Victor Hugo, une grosse tétérissée de cheveux roues.
Entre les deux épaules, une bosse énorme,
dont le contrecoup se faisait sentir par devant un système de cuisses et de jambes.
C'est étrangement fourvoyé qu'elle ne pouvait se toucher que par les genoux
et vues de face ressemblées à deux croissants de fossiles qui se rejoignent
par la poignée. C'est qu'une partie de la description.
J'imagine de fait que quand on investit un rôle comme celui-ci pour le danser
en termes d'attitude, c'est très différent des autres rôles que tu as tenu.
Tout à fait.
C'est un rôle qui est très particulier parce qu'il y a une signature
chorégraphique et de posture qui n'a jamais été aussi forte dans un balai,
je pense, quasimodo ne se tient pas droit.
Évidemment, il est bossu et donc on a tout un travail avec l'épaule et avec la main
constamment à chercher cette bosse et qui va devenir l'expression
de ces émotions intérieures.
C'est ça qui est intéressant dans ce personnage, c'est qu'évidemment,
il a une psychologie qui est très touchante parce qu'il est à la fois
un peu bêta, très candide, très pure, très aimant,
très timide et très honteux de sa laideur et à la fois une chorégraphie
et une gestuelle qui lui est extrêmement propre avec des mains qui sont très,
très fortes. Et donc dès qu'il y a une émotion, les mains vont venir se cabrer,
vont venir donner des élan, vont venir donner une sensibilité particulière
pour exprimer le personnage.
Donc c'est clair que c'est un personnage qui est douloureux à interpréter
parce qu'on a tout le temps ce doron, ce côté droit de l'épaule qui est
en dolorie, qui est courbattu et on doit aussi marcher comme si on était
une sorte de voilà, il y a quelque chose de très simile est-ce que si on prend
des attitudes presque de singes de temps en temps, donc il y a quelque chose
qui peut être douloureux à travailler au quotidien parce qu'en fait,
on se fait dans des postures qui ne sont pas du tout scènes pour le corps.
Et puis c'est surtout très contre-intuitif, j'imagine, pour un danser classique.
Il y a quelque chose à désapprendre pour pouvoir mieux se mettre dans la peau
du personnage, mais c'est ça aussi tout l'intérêt, c'est d'utiliser notre corps
comme une pâte à modeler pour la rendre très expressive par rapport à un personnage.
Donc on a une technique classique, très pure et très travaillée depuis
tant d'années qu'on va déconstruire le temps du rôle et pour reconstruire
quand on fera quelque chose de nouveau derrière.
Quel gymnastique, quand même.
Oui, mais c'est l'intérêt de mon travail, c'est que le corps, en fait,
est tout le temps en train de s'adapter pour s'approcher en fait d'une forme
de vérité par rapport aux oeuvres que l'on interprète.
Et s'il n'y avait pas ça, bon, faire des pirouettes toute la journée,
c'est sympa, mais je pense que à 35 ans, on aurait tous fait le tour.
Le corps est au service aussi d'un propos où on dit il y a la danse,
mais il y a l'incarnation, tu en parlais.
Comment est-ce que toi, de manière générale, tu investis tes rôles ?
Je suis quelqu'un qui a à coeur d'investir les rôles
en profondeur, je n'arrive pas à rester à la surface.
Quand je danse quelque chose, de manière générale, quand je monte sur scène,
il y a quelque chose de très sacré, d'assez mystique.
Donc c'est à la fois génial et à la fois difficile et douloureux,
parce que ça me coûte cher.
On va dire que, voilà, monter sur scène,
c'est pas du tout anodin pour moi encore aujourd'hui,
même si j'ai 32 ans bientôt au mois de décembre
et que j'ai une expérience quand même de beaucoup de spectacles dans les pattes.
Mais arriver sur scène, c'est quelque chose de tellement spécial,
tellement rare, tellement sacré.
C'est vraiment le mot que ça va.
On va forcément dépasser des limites qui vont nous fatiguer
et puis nous faire nous donner à fond.
Mais c'est ça aussi, je pense, la beauté du spectacle vivant.
C'est à quel point on peut à se dépasser,
on peut aller chercher en nous-mêmes
des choses profondes pour les offrir aux spectateurs et aux publics qui viennent.
Donc l'incarnation, elle passe par plusieurs étapes,
elle passe par évidemment le travail chorégraphique en studio,
elle passe par le travail personnel
de toutes ces références dont on parlait,
comment on va venir chercher toutes ces informations
par rapport au personnage et au rôle,
et puis ensuite faire cette salade dont on parlait
pour en faire soin, pour en faire sien.
Mais elle est aussi dans quelque chose
beaucoup plus intime de la vie de privé où les personnages viennent prendre
une part forte de nos vies et un peu nous hanté avec ce que ça a de fantastique
et de fatigants et de malédictions.
C'est là et la musique est là et il est là dans le tête.
Il est là dans le tête quand on se couche, quand on se réveille
et il prend sans doute trop d'espace pour les gens qui nous entourent et qui vivent
avec nous, mais c'est comme ça que je vis mon métier en tout cas.
Mais c'est très étonnant parce que c'est une question qu'on pose souvent
aux comédiens et aux comédiens.
Est-ce qu'il y a des rôles qui vous ont poursuit vie,
dont vous avez eu du mal à sortir, etc.
J'imagine que c'est exactement la même mécanique pour un danseur.
Il y a une rôle qui doit te suivre plus longtemps que d'autres.
Oui, tout à fait.
Il y a toujours une latence, en fait,
quand on termine les spectacles pour prendre le temps d'abandonner
les rôles et qui nous quitte progressivement, souvent ils nous quittent
parce qu'on en découvre un nouveau qui arrive derrière.
Mais tous ces personnages de balais, de spectacles qui soient narratifs ou
simplement pas narratifs, juste des émotions, des sensations.
Ce sont des choses qui prennent énormément de place dans ma tête
quand je suis pas à l'opéra et quand je suis pas en train de danser.
Dans la tête du go marchand,
et bien justement dans un instant, je vous propose d'aller faire un petit tour
dans ton imaginaire.
T'as l'air effrayé, ce ne sera pas douloureux.
On écoutera aussi Billy Eili, je te serai juste après la pub.
Avec Charlene Roux.
Qui a-t-il dans la tête d'un danseur étoile ?
Georges et la réponse.
Non, mais j'ai peut-être quelques pistes.
En tout cas, dans la tête de celui qui est en face de moi.
Si j'ai bien fait mon travail, normalement, les quelques extraits
sélectionnés devraient évoquer quelque chose.
Est-ce que tu es prêt ?
Vas-y, je suis prêt.
Ceci est un extrait du film Nureyev, The White Crowd, Ralph Fiennes,
avec Oleg Ivenko, dans le rôle-titre qui, si je ne m'abuse,
est un danseur principal de l'opéra académique et du ballet-théâtre
de l'État Tatar.
Je te sais très fan de Nureyev.
Oui.
Je ne te demande pas si tu as vu le film, si peut-être.
Non, j'aime même pas le film en plus.
Mais pourquoi est-ce que c'est
une personne importante de ton imaginaire ?
Rudolf Nureyev, c'est une icône quand même de la fin du XXe siècle.
C'est quelqu'un qui a révolutionné la danse à l'opéra de Paris.
Quand il est arrivé dans les années 80,
déjà, c'était un immense danseur.
C'est quelqu'un qui a remis les grands
balais classiques à jour pour le ballet de l'opéra,
avec des magnifiques décors, des magnifiques costumes,
des grandes productions qu'on joue encore aujourd'hui,
35 ans, 40 ans après.
C'est quelqu'un qui a remis la force
des variations masculines dans les balais classiques.
Donc il a revalorisé les rôles des hommes.
Et surtout, il est arrivé avec une technique particulière
qu'on danse encore nous aujourd'hui à l'opéra de Paris
et qui fait de ce qu'on appelle une forme de style français.
Donc Nureyev a marqué vraiment une époque.
Il a marqué des danseurs et ces danseurs qui ont dansé
en étant les élèves de Nureyev sont aujourd'hui nos professeurs.
Donc forcément, nous, on n'a jamais rencontré Rudolf Nureyev.
Il est mort en 93 et pour la plupart de ma génération,
il est né en 93, donc on ne l'a pas rencontré.
Mais c'est un fantôme dans l'humour de l'opéra.
Et c'est quelqu'un qui, on a énormément entendu parler.
Avec aussi un charisme, quelque chose de libre.
Voilà, il avait décidé d'être qui il était sur scène.
Et c'est ce qui plaît aux publics.
Et aujourd'hui, on perd un peu cette liberté d'être qui on veut être.
Parce qu'on veut plaire avant d'être.
Si on était venus te chercher pour ce genre de biopique au cinéma.
Je me serais lancé à corps perdus dans ce projet complètement.
Je n'ai rien d'où elle.
Très bien, il y a d'autres danseurs.
D'autres, on peut faire des biopiques parce que c'est exprès suivant.
Are you new to Monterey ?
Yeah, we just moved here a few weeks ago.
You're gonna love it.
You're so nice.
This is Monterey.
We pound people with knives.
To death.
How is it ?
C'est Big Little Lies, non ?
C'est Big Little Lies, séries créées par David Ikeli
avec Chris Wothersport, Nicole Kidman, Shailene Woodley.
Et je vais dire que tu avais bingeé cette série.
Ah ouais, incroyable.
Super série, super actrice, super scénario.
Et puis quand même, une partie du monde en Californie qui est magnifique,
que j'ai eu l'occasion de visiter en vacances et qui m'a énormément plu.
Parce que la nature, il est hyper forte,
hyper sauvage, qu'il y a des vibrations très particulières dans cette partie du monde
et que c'était très agréable de découvrir
le site de la Californie de cette manière-là.
Oui, j'adorerai la série.
J'engage toutes les auditrices et auditeurs à se mouiller la nuque
car il va y avoir un changement de registre assez drastique.
Je vais voir le monde et je vais voir ce que tu veux.
C'est trop tard.
Ils ont commencé à filer dans une semaine.
Je vais faire un tour de caméra.
How is it ?
Le Parrain de Francis Ford Coppola.
Incroyable.
Qu'est-ce que c'est parti des films que tu recommandais
pendant le confinement ?
Oui, parce que c'est marrant, tu allais chercher ça.
J'ai tout cherché, j'ai tout monté.
Oui, en fait, j'ai découvert le Parrain pendant le confinement
et ça m'a bouleversé.
Ça m'a bouleversé parce que les acteurs étaient tellement puissants.
La musique est incroyable.
Je me souviens de terminer le Parrain en l'arme,
mais des larmes d'enfants en plein confinement
et d'avoir regardé le Parrain 2, le Parrain 3,
qui était un peu moins bon, mais ça m'a bouleversé
et ça fait aimer le cinéma comme rien d'autre.
Donc c'est fantastique, ces films-là.
Et surtout, je me suis dit, en revendant sur ce papier,
que ça fait effectivement une très bonne trilogie de confinement.
Il faut un peu de temps pour y entrer, pour y rester.
Il faut du temps. Il nous faut un confinement
pour se faire les trois par un.
On va attendre un peu.
Oui.
Gene Kelly, chantons sous la pluie de Gene Kelly,
cette année de non.
C'est un chef-d'oeuvre fantastique,
fantastique film que j'ai découvert à l'internat,
à l'école de danses de l'opéra.
Gene Kelly, icon absolu, immense danseur,
très grand acteur, charisme magnétique.
Et puis, c'est « Game in the Rain »,
c'est le film qu'on regarde quand on est malade
et qu'on n'a pas le moral.
Quand on est au bout du rôle et qu'il n'y a rien qui va,
on se met « Game in the Rain » et ça repart pour un tour.
Et de sa manière de danser, tu dirais quoi.
Alors, je ne suis pas experte,
mais que je trouve extrêmement singulière.
On sait que c'est lui.
Je ne saurais pas comment l'expliquer.
C'est l'effort, l'effort en non-effort.
C'est-à-dire, tout est camouflé,
tout est senti avec une forme de nonchalance,
de belle nonchalance,
quelque chose qui est vraiment au-dessus de tout,
une technique tellement sûre et tellement simple
que ça devient tout à fait facile à regarder.
Il n'y a pas du tout d'effort, alors que c'est plein d'effort.
C'est compliqué à atteindre cette forme de nonchalance.
En tout cas, d'apparente nonchalance.
C'est ce qu'on cherche au quotidien.
C'est pour ça qu'on est tous les jours au cours et à la barre,
à travailler notre corps,
à rater, à recommencer, à rater, à recommencer
et à réussir un petit peu mieux à chaque fois
pour que le monde du spectacle
tout paraisse sans accro, sans brusquerie,
sans violence.
Combien d'heures par jour ?
Ça dépend des jours, en fait,
mais ça peut aller de trois heures par jour à six heures.
Ça va dépendre un peu de nos plannings,
de l'état de fatigue, de l'état du corps et des blessures.
Il y a plein de paramètres.
Watch me soupirer et être fatigué, rien qu'à l'idée même de trois heures.
Je suis très amirative.
En poursuit en musique et toujours en rapport avec la danse,
j'ai vraiment fait très simple sur l'appeler Sophie Elizabeth Store.
On écoute Murder on the dance floor.
À propos de ton tout premier cours de danse,
tu as dit, je cite,
j'ai perçu l'espace autour de moi,
celui qui m'était offert, celui laissé aux autres.
J'ai ressenti la présence du groupe
et le rythme de sa respiration commune.
Tu dirais donc que ton entrée dans la danse,
c'est aussi ton apprentissage de l'autre.
C'est très étonnant, on entend souvent parler de son propre rapport au corps,
mais assez peu de ce que ça implique avec les autres.
En fait, apprendre à danser, c'est évidemment
se regarder un peu le nombre de brils dans un premier temps,
mais c'est surtout regarder autour de nous.
Parce que tout est une question d'espace dans la danse.
Et quand on se rend compte de l'endroit où l'on est
et de l'endroit où l'autre est,
et de ce qu'il y a entre nous,
qu'est-ce qu'on peut prendre, qu'est-ce qu'on laisse à l'autre,
et comment tout ça s'organise,
finalement, c'est le début de la danse.
Et c'est le début de la vie en société, surtout.
Et c'est pour ça que c'est important, en fait.
Je souvrais très important que les enfants apprennent à danser ensemble,
parce que ça apprend à vivre ensemble.
Une des premières choses qu'on fait quand on apprend à danser,
c'est faire la ronde,
donc c'est donner la main à quelqu'un qu'on connaît pas
et se faire prendre la main par quelqu'un qu'on connaît pas.
Aujourd'hui, pour des enfants, c'est anodin,
parce que le rapport au corps est un peu désacralisé,
parce qu'il y a une forme de naïveté
qui n'y a pas forcément de pudeur quand on est dans l'enfance.
Mais des adultes qui se prennent la main dans la rue,
qui se connaissent pas,
j'aimerais bien voir la réaction des gens,
de leur dire, voilà, tu voulais prendre la main de cette personne
et faire la ronde.
Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui n'accepteraient pas de le faire
pour des raisons que j'ignore,
mais sans doute la peur de l'inconnu, la peur de l'autre.
Penser que l'autre est sale ou différent et que c'est gênant,
alors qu'en fait, on est tous faits de la même matière.
Donc apprendre à danser, c'est apprendre à vivre en société.
Au-delà de la beauté du geste,
toi, tu es persuadée que la danse a des vertus éducatifs.
Complètement des vertus éducatifs et des vertus de soins
aussi de reposer ce qu'on de confiance dans son propre corps.
C'est la raison pour laquelle j'ai créé une association
qui s'appelle Hugo Marchand pour la danse il y a trois ans déjà
avec un projet pour amener la danse dans les territoires ruraux.
Pour que les gens qui n'ont pas l'habitude de découvrir la danse classique
et la danse contemporaine puissent la découvrir
et dans des lieux du patrimoine.
Parce que je trouve que la France, c'est un lieu qui est magique, magnifique.
On a plein de lieux qui restent des lieux où il ne se passe pas forcément grand chose
et réussir à investir ces lieux pour les rendre acteurs du spectacle vivant.
C'est pour moi un grand bonheur.
On vend des places à 13 euros,
à 13 euros parce que 13 euros, c'est le prix d'un ticket pour aller au cinéma.
C'est le prix d'un livre de poche.
Donc c'est les choses les plus accessibles en termes de culture qu'on peut avoir.
Et c'est un tarif unique.
Donc il n'y a pas de différence.
Il n'y a pas des gens qui payent plus cher et qui sont mieux placés.
Les gens qui arrivent les premiers sont les mieux placés.
L'idée, c'est vraiment de venir faire découvrir la danse
à des gens qui ont peut-être des a priori sur la danse
et qui se sentent un peu peut-être délaissés par l'État certaines fois,
par le fait qu'on centralise énormément de choses autour de Paris et à Paris
et qu'il y a plein d'endroits en France qui a soif de culture,
qui a soif de danse, qui a soif de découverte.
Donc aujourd'hui, il y a ce spectacle qui s'appelle Les Étoiles au Château
avec six danseurs étoiles dont je fais partie de l'Opéra de Paris.
On danse pendant une heure et quart et on propose ce spectacle à 13 euros
pour un public vraiment divers.
Et on travaille aussi avec beaucoup d'associations locales,
associations d'aide sociale à l'enfance, des hôpitaux, des épades,
des gens qui viennent d'arriver en France pour venir découvrir le spectacle gratuitement
et aussi avoir un temps d'échange avec nous pour parler du métier de danseur.
Les aider aussi à appréhender ce spectacle.
Il faut un peu de médiation parce que quelqu'un qui n'a jamais vu de danse classique
et va avoir un homme dans un collant avec un pourpoint, c'est pas évident.
Et donc avoir accès à quelques réflexions avec nous avant,
ça permet d'appréhender le spectacle de la meilleure des manières.
Et donc pour tout savoir sur ce spectacle, il est trouvé,
vous avez donc sur le site l'association Hugo Marchand pour la danse.
Exactement.
Je trouve l'initiative absolument remarquable.
On est la danse ailleurs avec plein d'autres camarades en plus.
On va continuer.
Et puis la spécificité pour cette année, c'est de réussir à organiser
une masterclass en amont du week-end.
Donc les gens vont pouvoir...
Alors on n'a pas annoncé nos dates encore.
On les garde un peu privées.
On en a, on en a sera ça en janvier 26.
Mais donc que les gens puissent en fait prendre un cours de danse avec nous,
même s'ils n'ont jamais dansé de leur vie,
quelque chose qui soit vraiment la danse pour tous,
qui puisse avoir ce temps d'échange à nos côtés
et puis aussi avoir le spectacle par la suite.
C'est donc pouvoir découvrir un peu tout ça.
Et puis même si ça plaît pas,
même si c'est des choses qui ne touchent pas forcément sur le coup,
il y a une petite graine qui est plantée,
on verra si elle légère un peu plus tard.
Tu as également fait paraître aux éditions Arthaud Danse,
un livre qui tient de la biographie.
Et il y a un endroit où tu racontes ton rapport au track
que tu qualifies de vague, si je m'abuse.
Comment est-ce qu'aujourd'hui t'arrives à paraître ça ?
C'est une question qui n'est pas évidente.
J'ai l'impression de réussir à mieux le gérer,
puis en fait je me rends compte que pas forcément,
parce que mon corps me parle et me renvoie des signaux
pour me dire que je suis pas suffisamment détendu
et que je suis pas suffisamment serein dans la vie.
Mais on va dire qu'avec l'expérience,
j'arrive un tout petit peu à dédramatiser les enjeux
et surtout à avoir moins peur de rater techniquement
parce que j'ai bombattre depuis des années
pour que ma technique soit la plus précise
et sécurisante possible.
Elle restera imparfaites jusqu'au bout.
Et aujourd'hui, ce qui m'importe le plus,
c'est de réussir à parler à tous
et vraiment offrir des spectacles vivants,
émouvants et généreux.
Donc vraiment le donner de sa personne quand on est sur scène
pour le spectateur.
Et même si la pie aura été ratée,
si on a fait ça, je crois que le spectacle est quand même un peu réussi.
Donc dédramatiser et puis surtout anticiper
un maximum le travail pour passer ses piégés en se disant
merde, j'ai pas assez bossé et c'est l'heure du spectacle
et je peux m'en prendre qu'à moi-même.
Donc voilà, réussir à s'organiser comme ça.
C'est sans doute pour ça que tu ne sais pas glander.
C'est sans doute pour ça.
En fait, c'est vrai que c'est une course contre la montre
en fait, notre métier.
Aujourd'hui, c'est 32 ans bientôt
et je suis jeune.
Mais il me reste 10 ans à danser à l'opéra de Paris.
A 42 ans, l'opéra me remerciera de mes services.
Et donc, on a envie d'en profiter un maximum.
On a envie de continuer de grandir surtout parce qu'on se rend compte
que plus on murie, mieux on danse les rôles
et plus on les comprend et plus on peut toucher les gens.
Et donc se dire qu'on va arriver à 40 ans à un moment donné
et qu'en fait, ce sera le moment où on comprendra le plus
la psychologie de tous ces personnages
et que le corps va être de moins en moins compétent
pour les interpréter.
Il y a quelque chose d'un peu dramatique, presque dans notre pratique.
À 20 ans, on saute comme un cabri, mais on ne comprend pas grand-chose
de la vie, puis à 40, on peut parler des grandes choses,
on peut parler des grandes émotions, mais on a du mal à sauter.
Donc, réussir à trouver un équilibre entre, voilà,
toutes ces recherches qui sont infinies
et qui sont vraiment, moi, le moteur de ma vie.
Aujourd'hui, je suis quelqu'un qui n'arrête jamais
et qui suis heureux de ne pas arrêter
parce que la danse, c'est une nourriture qui est constante
et une recherche qui est infinie.
Alors, c'est sûr qu'il y a un vrai souci qui se pose.
C'est à 42 ans quand cette danse à l'opéra de Paris ne sera plus là.
Comment je vais faire pour continuer à vivre ?
Donc, j'essaie de construire pas mal de choses autour de ça.
Est-ce que tu arrives à tisser un lien entre tous les rôles
dans lesquels tu es distribuée ?
Est-ce que tu vois une sorte de fil conducteur ?
Non, parce que, oui et non.
Alors non, parce que tous les rôles que j'interprète
sont très différents.
Ils sont avec des chorégraphies différentes,
à des époques différentes,
des personnages qui ont des personnalités différentes
et, certaines fois, même des mises en scène, des costumes.
Voilà, tout est très différent.
La seule chose qui les rapproche tous, c'est que c'est moi qui les interprète
et donc que je mets un peu de moi dans chacun des personnages que je danse.
Donc, ils ont une psychologie particulière.
Ils ont une psychologie qui va sans doute me ressembler un peu, oui.
Nouvelle pause musicale.
J'ai choisi Troma Perso, Michael Jackson, Triller.
Pas en trauma, c'est juste égnal.
Moi, oui, mais parce que je suis beaucoup plus vieille que toi.
Et moi, j'ai découvert le clip à la télé
alors que j'étais gamine à une heure de grande écoute.
Alors moi, je l'ai découvert.
J'ai moins bien dormi après.
Je peux comprendre. Magnifique clip.
Kavinsky sur Nova avec Night Call, le choix du go marchand.
Pourquoi ce titre ?
Franchement, c'est difficile de vous donner des raisons à chaque fois
pour quand on choisit un titre.
Il y a pas de raisons à donner, juste la musique est bonne
et on l'aime et elle nous raisant la tête.
Voilà, elle est sur une playlist sur mon téléphone donc voilà.
Et bien, on va continuer d'explorer tes goûts musicaux
puisque c'est l'heure du questionnaire de fin du score.
Allez.
L'idée, c'est de répondre du tac au tac.
Je ne te demanderai pas de justifier tes réponses ni de les jugerait.
Il faut.
Allez, c'est parti.
Quel est le titre qui symbolise le mieux l'enfant
soit en tout cas qui te ramène à la tienne ?
Bourville, un orangier sur le sol.
Il a Irlandais.
Ah ouais, OK.
La chanson de ton adolescence.
Ziggy.
Dans Starmania.
Très bien.
Le titre qu'on serait peut-être surpris de trouver dans tes playlist.
Des musiques du monde un peu transcendentales qui font planer.
OK.
Ton hit de Karaoke.
Je ne chante jamais au Karaoke parce que je suis un monstre.
Je ne sais pas du tout chanter.
C'est le but, c'est l'endroit où faire des monstration.
Compliquer.
Allez, un verronique sans son.
Il perdura chanter en plus.
Bah quitte à y aller autant se faire plaisir.
Le titre qui te propulse immédiatement sur la piste de danse ?
Au-delà de la techno, moi, ça me plaît bien.
J'ai découvert une soirée à Paris avec une des musiques incroyables
et notamment une DJ qui s'appelle Lea Okie
et qui a juste travaillé sa musique comme un Stravinsky aurait pu le faire.
Et donc, c'est fantastique de voir que de la musique électronique aujourd'hui
peut être tellement enrichie et tellement travaillée
que ça en devient une oeuvre d'art.
Le titre ou le style de musique qui te fait sortir de la piste de danse ?
Moi, je ne suis pas très rap et à R&B.
Ça, ça ne me touche pas trop et ça ne me parle pas forcément.
Donc, oui, ça pourrait me faire sortir de la piste de danse.
J'imagine que tu es aussi interdit de piste
quand il y a du rock un peu énervé des pogos parce que tu n'as pas le droit.
Ah, mais ça, ça pourrait m'amuser, je pense, à la limite.
Oui, mais ne faut pas.
Oui, un pogo, un pogo, je vais sans doute rester à l'extérieur du pogo.
Je ne serai pas dans son centre.
Je sais, je sais.
Ta chanson de comédie musicale préférée ?
Gravity, The Wicked.
Ah oui, c'est la période en même temps.
Oui.
Très bien.
Et enfin, catégorie pénible, mais genre très pénible.
La chanson dont tu es un mal de chien de débarrasser une fois que tu l'entêtes.
Bah, c'est une chanson que j'aime bien à la fois.
Effectivement, elle est là dans ta tête toute ta vie.
Après, c'est l'olitat de Alize, quoi.
Oh, wow.
Ah oui, c'est vrai.
Et c'est vrai que je peux bien me la trimballer toute la soirée.
Tu la gardes toute ta life, mais elle est géniale en même temps.
On aime cette chanson.
Mais ce n'est pas ma faute, hein.
Mais ce n'est pas ta faute à toi.
Merci beaucoup, Hugo.
Merci à toi.
Je rappelle que Notre-Dame-de-Paris, ce sera du 6 au 31 décembre à l'Opéra Bastille
que pour voir danser Hugo Marchand, ce sera les 6, 9, 12, 16, 20 et 20 de décembre.
Le ballet sera ensuite diffusé au cinéma.
Ce sera en mars 2027.
J'annonce aussi que dans un instant, on retrouve David Blow et le Nova Club.
Mais on se quitte avec ton dernier choix, Hugo.
C'était quoi ton dernier choix ?
Ah oui, bah voilà.
The Look.
Très sympa.
Pourquoi celui-là ?
C'est la dernière fois que je te pose la question après, t'as vu ?
Musique de quand j'étais tout jeune adulte.
Peut-être des premières soirées, des premières détenettes
avec des verres, avec des amis.
Merci beaucoup, Hugo Marchand.
Merci beaucoup pour l'invitation.
Après leurs inoubliables tubes Time for a Change, Catcher in the Rye ou encore Maryland,
découvrez Love, Earth, Repeat, le nouvel album du duo électropope français disponible dès le 3 avril.
Un disque sensible et puissant où leurs pop mélodique élégante se teinte d'accent rock
et qui transforme les félures en refrain universelle.
Retrouvez toutes les dates de tournée et l'actualité d'Elephant sur leurs réseaux sociaux.
Le score du bon son de la conversation sur Radio Nova avec Charline Roux.
Les Jackson 5 Blame It on the Boogie est bienvenue dans le score.
Aujourd'hui, on découvre la playlist du danseur-étoile Hugo Marchand.
Il sera aussi et bien sûr question du ballet Notre-Dame de Paris dans lequel il sera bientôt
Quasimodo et tout ça. Ce sera juste après l'actu du jour.
C'est vendredi, c'est jour de glissade. Je vous propose donc une découverte musicale qui pourrait
bien changer votre perception et vos échanges avec le monde autour.
Découverte peut-être pas puisque ce binôme passé de groupes de pop à Prolix Vidéaste
a déjà de nombreux abonnés sur Instagram, mais je ne résiste pas au plaisir de partager ou
repartager. Il s'appelle The Dream Eaters. Sur leur réseau, il se présente ainsi
Welcome to Whatever We Are. Et ce qu'il propose, c'est ce genre de chansons.
Being an asshole is my love language que je traduirai pudiquement
par être un gros con. C'est mon langage de l'amour.
Alors ils sont deux, facecam dans leur vidéo, absolument impassibles,
quoique maquillés et un danseur pas tout à fait spectaculaire les accompagne dans cette mise en
scène des plus kitsch. Et voici une autre pépite à ne pas regarder au bureau que je m'empresse de
partager. D'un drôle d'usage, d'une imprimante 3D, je vous laisse le soin de traduire comme il se doit
et je vous rappelle donc leur nom The Dream Eaters. Allez les écouter et les regarder sur les
comptes dédiés. Dans un instant de la grâce avec le danseur étoile Hugo Marchand, il nous
rejoint juste après Dizir Askel.
La danse, c'est le langage caché de l'âme. Alors c'est pas de moi, évidemment, c'est une
martagramme immense danseuse et chorégraphe américaine. Si je me fie à cette citation et
je n'ai aucune raison de la mettre en doute, sachez donc que ce que cache mon âme n'est pas
très jojo, contrairement à tout ce que dévoile mon invité. Entrez à l'école de danse,
de l'Opera Nationale de Paris en 2007, il est nommé danseur étoile 10 ans après,
à lui, Onéguine, l'histoire de Manon, Giselle, Casemoiselle, La Bayadère, La Sylphide. Le jeune
homme et la mort liste vraiment non exhaustive. À moi, les dancefloors un peu douteux. J'accueille
donc une belle âme et un grand danseur. Bonjour Hugo Marchand. Bonjour Manon. Et merci de venir
dans ce studio. Tu t'apprêtes à danser Notre-Dame de Paris pour 19 représentations. Ce sera du 6
au 31 décembre à l'Opera Bastille. Le ballet sera ensuite, si je ne m'abuse, diffusé
au cinéma en mars 2027. 19 représentations, je ne me rends pas compte. C'est beaucoup ou c'est peu ?
19 représentations, c'est un nombre de spectacles assez standard qu'on a pour les fêtes de Noël.
Après, c'est certain que je ne vais pas faire les 19 spectacles. Ce serait un peu trop. J'ai
six dates de prévues sur la série et on est quelques danseurs à se partager les rôles pour
pouvoir tenir le coup physiquement et récupérer entre les spectacles. Donc j'imagine que tu es
déjà en train de répéter ardemment, si ce n'est déjà complètement maîtrisé peut-être ?
Complètement maîtrisé pas du tout. Je suis dans le processus de travail effectivement,
de découverte du rôle, d'apprentissage de la chorégraphie, de découverte aussi de la psychologie,
du personnage de Quasimodo que je vais interpréter, avec tout ce que ça peut avoir de travail un peu
personnel de recherche sur le rôle, sur les écrits, sur les films qui y sont passés,
sur comment on peut enrichir ce personnage avec autre chose que la danse, aussi pour créer
un imaginaire qui va servir les représentations et servir l'interprétation du rôle par ailleurs.
On reviendra au spectacle dans un instant mais en énumérant tout ce que tu as déjà fait,
je me suis demandé s'il t'arrivait de ne rien faire, genre rien de rien quoi, la glande absolue.
J'essaye d'apprendre mais j'ai beaucoup de mal. Mes parents m'appelaient Zébulon quand j'étais
enfant et je pense qu'ils ont vraiment trouvé ce surnom qui me tient encore au corps puisque
je n'arrive pas vraiment à m'arrêter et l'arrêt pour moi est douloureux même physiquement
parce que quand on arrête de bouger le corps s'engourdie un petit peu et puis parce que psychologiquement
je perds un peu pied quand tout à coup je n'ai plus de quotidien où j'ai des projets où
je projette des choses en permanence donc l'arrêt est assez difficile pour moi mais j'essaye
d'apprendre, j'essaye d'apprendre parce que je sais qu'il faut se ménager pour tenir sur du temps long.
J'ai donc demandé à Zébulon comme à tous mes invités de choisir six titres dans les playlists
de Nova pour démarrer. Tu as opté pour Buena Vista Social Club avec Chan Chan, on l'écoute
on en parle juste après. Le score jusqu'à 20h sur Radio Nova. Buena Vista Social Club sur
Nova avec Chan Chan, le choix du go marchand, l'invité du score aujourd'hui. Pourquoi
ce titre en particulier ? Parce que ça me rappelle des vacances avec mes parents. Je
pense que ça rappelle un peu les trajets en voiture qu'on prenait, on allait souvent encore,
c'est donc on partait de nantes en voiture, j'y suis nantais donc on avait beaucoup à écouter
dans la voiture et au Buena Vista Social Club ça faisait vraiment partie des playlists qu'on
avait en écoute libre et très régulière pendant les vacances donc c'est des souvenirs heureux.
T'étais l'enfant qui bouge à l'arrière donc. Oui, souvent l'enfant perturbe et à l'arrière
qui bouge un peu trop. La question rituelle de cette émission, je te la soumets quelle place
prend la musique dans ta vie de tous les jours ? J'entends pas par là celle sur laquelle tu
travailles parce que c'est un outil aussi j'imagine, mais celle que tu écoutes pour ton loisir à quoi est
ce qu'elle te sert ? Elle me sert un peu à me couper du monde, à me mettre dans une ambiance
soit de création soit de travail soit de relaxation. J'écoute de la musique tous les
jours évidemment avec mon travail à l'opéra mais j'en écoute aussi dès que je termine ma
journée ou que je la commence dans le métro ou quand je suis en train de voyager, c'est quelque chose
qui est tout le temps avec moi, c'est quelque chose qui me renforce dans mes désirs et qui
m'aide à construire encore une fois tout un imaginaire qui va me servir derrière pour faire
tous les projets que j'ai envie de mettre en place. C'est à dire qu'au-delà de la
musique des ballets tu te fais des playlist annexes sur les personnages eux-mêmes ?
Pas forcément sur les personnages, je veux dire que ça se fait de manière un peu plus inconsciente
mais c'est certain que la musique me permet de quitter un peu une atmosphère parisienne et donc
rentrer dans une forme de rêverie et donc de réflexion qui va nourrir plein de choses en
fait en dehors même, en dehors des rôles que je peux interpréter à l'opéra.
Dans un instant on parle de Notre-Dame-de-Paris, on écoutera 100 liens de cause à effet
Daft Punk et tout ça se sera juste après la pub.
Daft Punk sur Nova Around the World, j'ai choisi ce titre pour mon invité Hugo Marchand
parce que je voulais un souvenir très marquant de ce clip qui était très
chorégraphier, bien qu'à l'ici je ne m'abuse avec les en avant en arrière, voilà.
Je choisis que des musiques qu'on rapporte avec des chorégraphies qui m'ont marqué.
Bah ouais tant mieux. C'est un égoterie par en quelque sorte.
Non mais c'est cool, c'est cool, moi j'ai pas vu le clip donc j'aurais pas la
rêve. Je suis sûr que si. Peut-être que je l'ai vu mais je pense que bien par
en tout cas. Donc je le disais, tu seras bientôt sur scène
pour Notre-Dame-de-Paris, il y aura 19 représentations du 6 au 31 décembre à
l'Opéra Bastille, Notre-Dame-de-Paris donc Maurice Jar pour la musique, si je ne
m'abuse la toute première chorégraphie de Roland Petit pour l'Opéra de
Paris en 65, est-ce que tu peux expliquer au non-initié la particularité des
balais de Roland Petit ? Les balais de Roland Petit sont des balais avec
des histoires très fortes et des personnages très colorés. Ce qui est
intéressant chez Roland Petit c'est que ces balais capturent le parfum d'une époque.
Notre-Dame-de-Paris a été écrit en 1965 donc en plein pendant la nouvelle vague
et justement lui a décidé de ne pas rentrer dans cette idée de la nouvelle
vague. Ce qui est intéressant avec ce Notre-Dame-de-Paris c'est justement
l'hommage qui pourrait faire presque aux balais russes de Diaghilev en allant
travailler avec d'autres grands artistes. Roland Petit pour cette création
il a évidemment utilisé l'histoire de notre-Dame-de-Paris de Victor Hugo.
Il a demandé à Maurice Jar, immense compositeur de créer la musique, il a
demandé à Yves Saint-Laurent de faire des costumes, il y a quelqu'un qui a fait des
lumières magnifiques, des corps, etc. Donc c'est un peu une oeuvre globale,
c'est un peu pas simplement un balais, c'est ce que je pense Roland Petit
souhaitait, c'était vraiment réussir à collaborer avec les artistes de son
époque pour donner aussi le goût de l'époque. Moi je trouve ça très
intéressant aujourd'hui de voir dans quelle mesure en 2025 un balais de
1965 peut encore parler aux gens et dans quelle mesure cette esthétique si
particulière aux années 60 peut encore avoir un goût vintage énorme daté comme
on peut encore l'entendre. Je trouve que malgré tout que l'histoire de
Notre-Dame-de-Paris et notamment le personnage de Casimodo c'est un
personnage hyper actuel dans la mesure où c'est un personnage qui est
abîmé, c'est un homme qui est à la fois une bête, c'est un personnage qui est
sourd, c'est un personnage qui est lait et répugnant et c'est un personnage qui ne
rentre pas dans le cadre de la société. Il est même moqué par la première scène
de Notre-Dame-de-Paris, c'est la fête des fous, on va élire le roi des fous et
Casimodo est évidemment élu roi des fous et complètement moqué par la
société. Donc en fait aujourd'hui on a combien de Casimodo dans le monde, on
a la plein en fait des Casimodo encore, des gens que l'on moque, des
gens qui sont mis de côté par la société, des gens qu'on ne considère pas et
habitant à Paris dans un monde très normé avec une société très forte et
désattente et désesthétique très particulière à notre époque et il y a
énormément de gens avec des âmes magnifiques qui ne rentrent pas dans ces
codes là et qui sont des Casimodo à leur tour. Donc je trouve que c'est
très actuel en fait de parler d'un personnage qui est complètement
sorti du système et qui est malgré tout à des valeurs peut-être les plus
belles et les plus purs. On ne va pas se mentir non plus, Casimodo est le seul
véritable héros de Notre-Dame-de-Paris, héros au sens avec des valeurs positives.
C'est ça, alors ce qui est intéressant c'est que c'est aussi un peu un
anti-héros, c'est à dire qu'il est à la fois monstrueusement lait et
dégoutant et qu'au début de l'œuvre il y a quand même une
ambiguïté sur ces belles valeurs, on ne sait pas si Casimodo est quelqu'un de
bien au départ, c'est quand même quelqu'un qui a une puissance physique
énorme qui peut blesser les gens en le voulant ou en ne le voulant pas,
quelque chose qui ne contrôle pas et il est complètement asservi par Frolo qui
est son éducateur, cet archidiacre à la fois juge qu'il a récupéré quand
il était nourrissant et qu'il a élevé et qu'il ne l'a fait
connaître que la cathédrale et que les cloches de l'Autre-Dame.
Ce personnage on se rend compte qu'il devient bon et il devient très touchant à
partir du moment où Esmeralda va le sauver et le donner de l'eau alors qu'il
est sur le pylori et qu'il a été moqué par tout Paris.
Donc c'est touchant de voir aussi l'évolution de ces personnages qui
est au début juste effrayant et gênant et qui va devenir finalement le
personnage le plus candide qu'un coeur de prince dans un corps de bête.
T'as découvert toi de Notre-Dame de Paris, ça a été le roman ou ça a été
une doutée, c'est multiples adaptations.
Découvert de Notre-Dame de Paris, ça a été avant tout le dessin animé,
il faut être honnête de Walt Disney parce que j'ai vu le dessin animé quand j'étais
enfant et ensuite ça a été de danser ce balai dans le corps de balai.
Moi j'ai fait partie du corps de balai de Notre-Dame qui est je dirais même
le cinquième rôle de ce grand balai puisque dans Notre-Dame de Paris
il y a Quasimodo et Esmeralda, Frollo et Fébus qui sont les quatre
grands rôles principaux et le cinquième rôle c'est la foule.
C'est Paris et ça c'est le rôle du corps de balai et c'est un rôle
hyper important et c'est un rôle qui est très difficile parce qu'il n'y a pas
tellement de place pour les individus, il y a de la place pour les effets de groupe
et les effets collectifs et malgré tout ça porte le balai avec une force
incroyable et c'est malgré tout difficile pour le corps de balai parce qu'on
est très physiques et c'est pas forcément visible pour le spectateur.
Donc moi j'ai découvert ça aussi à travers
en dansant ce balai dans le corps de balai.
Aujourd'hui je le découvre évidemment, je suis en pleine
lecture de Notre-Dame de Paris, de Victor Hugo qui est très intéressant
parce qu'il y a effectivement plein de chapitres qui parlent véritablement
de l'histoire et du balai de Roland et aussi beaucoup de choses qui sont
simplement des descriptions et en fait une mise en atmosphère et en ambiance
de ce qui était Paris au 15e siècle parce qu'on parle quand même
de la fin du Moyen-Âge et donc avec un Paris qui ne ressemble en rien
à ce qu'on connaît aujourd'hui.
Non il y a une référence qui a un intéressant aussi pour nous c'est le
film Casimodo de 1939 avec Charles Lotton qui interprète le rôle de Casimodo
de manière assez incroyable et qui donne plein d'indices pour nous
en fait pour s'emparer du personnage, voir aussi différentes
distributions danser ce spectacle, voir plusieurs captations et derrière
avec toute cette petite c'est tous des ingrédients se faire une salade
et puis réussir à se faire sa salade à soi singulière et pour tenter
de donner une vision personnelle.
Et puis j'espère d'époque de notre époque de ce balai.
On poursuit la conversation sur Notre-Dame de Paris dans un instant
nouvelle pause musicale. Nouveau choix signe Hugo Marchand.
On va écouter M.I.A. avec Peppa Plains.
Pourquoi elle ?
Je pense que c'est une musique que j'ai pas mal écouté quand j'étais
ado.
Allez c'est parti.
David Bowie sur Nova Let's Dance.
Est-ce que j'ai choisi ce titre parce que je reçois un danseur étoile ?
Peut-être évidemment Hugo Marchand.
Je ne sais pas si ça te parle David Bowie.
Oui super comme une invitation en même temps un peu.
Mais je ne me l'entrais pas.
Je n'ai jamais de la vie je ne danserais devant un danseur professionnel.
Pourquoi ? La danse est tellement universelle.
Non mais pfff.
T'arrives encore à regarder des gens de manière ou d'être touchée
par des danseurs qui ne soient pas des danseurs professionnels ?
Plus qu'avant.
Je dirais plus qu'avant parce que la danse c'est pas simplement
être parfaitement sur de sa technique.
La danse c'est l'expression tellement individuelle et tellement
spontanée de ce qu'on est à l'intérieur qu'il n'y a aucune danse
qui est ratée, aucune danse qui est mauvaise, aucune danse qui est honteuse.
Et donc je ne juge jamais la danse des gens.
Jamais. C'est bien, c'est chouette, c'est rassurant.
Il y a quelque chose de complètement spontané, de libre et de beaux.
En fait, il y a personne qui danse mal.
Voilà après, si on fait de la danse classique, il y a des codes à apprendre.
Il y a des techniques à apprendre, mais il n'y a pas de personne de danse mal.
La danse c'est trop piné.
C'est quelque chose qui est trop en nous pour pour mal s'y prendre.
Tu crois qu'on a vraiment tous le truc ?
C'est quelque chose qui ?
On a tous son truc, oui.
OK, ça me va.
On parle de Notre-Dame-de-Paris, 19 représentations.
Ce sera à l'Opera Bastille en décembre et toi, tu seras donc sur scène.
Le 6, le 9, le 12, le 16, le 20 et le 22.
Exactement.
Voilà, j'ai tout bien appris.
On disait que tu y es quasi-modo.
Alors quasi-modo, on l'a abordé un instant, mais voici comment il est
présenté sous la plume de Victor Hugo, une grosse tétérissée de cheveux roues.
Entre les deux épaules, une bosse énorme,
dont le contrecoup se faisait sentir par devant un système de cuisses et de jambes.
C'est étrangement fourvoyé qu'elle ne pouvait se toucher que par les genoux
et vues de face ressemblées à deux croissants de fossiles qui se rejoignent
par la poignée. C'est qu'une partie de la description.
J'imagine de fait que quand on investit un rôle comme celui-ci pour le danser
en termes d'attitude, c'est très différent des autres rôles que tu as tenu.
Tout à fait.
C'est un rôle qui est très particulier parce qu'il y a une signature
chorégraphique et de posture qui n'a jamais été aussi forte dans un balai,
je pense, quasimodo ne se tient pas droit.
Évidemment, il est bossu et donc on a tout un travail avec l'épaule et avec la main
constamment à chercher cette bosse et qui va devenir l'expression
de ces émotions intérieures.
C'est ça qui est intéressant dans ce personnage, c'est qu'évidemment,
il a une psychologie qui est très touchante parce qu'il est à la fois
un peu bêta, très candide, très pure, très aimant,
très timide et très honteux de sa laideur et à la fois une chorégraphie
et une gestuelle qui lui est extrêmement propre avec des mains qui sont très,
très fortes. Et donc dès qu'il y a une émotion, les mains vont venir se cabrer,
vont venir donner des élan, vont venir donner une sensibilité particulière
pour exprimer le personnage.
Donc c'est clair que c'est un personnage qui est douloureux à interpréter
parce qu'on a tout le temps ce doron, ce côté droit de l'épaule qui est
en dolorie, qui est courbattu et on doit aussi marcher comme si on était
une sorte de voilà, il y a quelque chose de très simile est-ce que si on prend
des attitudes presque de singes de temps en temps, donc il y a quelque chose
qui peut être douloureux à travailler au quotidien parce qu'en fait,
on se fait dans des postures qui ne sont pas du tout scènes pour le corps.
Et puis c'est surtout très contre-intuitif, j'imagine, pour un danser classique.
Il y a quelque chose à désapprendre pour pouvoir mieux se mettre dans la peau
du personnage, mais c'est ça aussi tout l'intérêt, c'est d'utiliser notre corps
comme une pâte à modeler pour la rendre très expressive par rapport à un personnage.
Donc on a une technique classique, très pure et très travaillée depuis
tant d'années qu'on va déconstruire le temps du rôle et pour reconstruire
quand on fera quelque chose de nouveau derrière.
Quel gymnastique, quand même.
Oui, mais c'est l'intérêt de mon travail, c'est que le corps, en fait,
est tout le temps en train de s'adapter pour s'approcher en fait d'une forme
de vérité par rapport aux oeuvres que l'on interprète.
Et s'il n'y avait pas ça, bon, faire des pirouettes toute la journée,
c'est sympa, mais je pense que à 35 ans, on aurait tous fait le tour.
Le corps est au service aussi d'un propos où on dit il y a la danse,
mais il y a l'incarnation, tu en parlais.
Comment est-ce que toi, de manière générale, tu investis tes rôles ?
Je suis quelqu'un qui a à coeur d'investir les rôles
en profondeur, je n'arrive pas à rester à la surface.
Quand je danse quelque chose, de manière générale, quand je monte sur scène,
il y a quelque chose de très sacré, d'assez mystique.
Donc c'est à la fois génial et à la fois difficile et douloureux,
parce que ça me coûte cher.
On va dire que, voilà, monter sur scène,
c'est pas du tout anodin pour moi encore aujourd'hui,
même si j'ai 32 ans bientôt au mois de décembre
et que j'ai une expérience quand même de beaucoup de spectacles dans les pattes.
Mais arriver sur scène, c'est quelque chose de tellement spécial,
tellement rare, tellement sacré.
C'est vraiment le mot que ça va.
On va forcément dépasser des limites qui vont nous fatiguer
et puis nous faire nous donner à fond.
Mais c'est ça aussi, je pense, la beauté du spectacle vivant.
C'est à quel point on peut à se dépasser,
on peut aller chercher en nous-mêmes
des choses profondes pour les offrir aux spectateurs et aux publics qui viennent.
Donc l'incarnation, elle passe par plusieurs étapes,
elle passe par évidemment le travail chorégraphique en studio,
elle passe par le travail personnel
de toutes ces références dont on parlait,
comment on va venir chercher toutes ces informations
par rapport au personnage et au rôle,
et puis ensuite faire cette salade dont on parlait
pour en faire soin, pour en faire sien.
Mais elle est aussi dans quelque chose
beaucoup plus intime de la vie de privé où les personnages viennent prendre
une part forte de nos vies et un peu nous hanté avec ce que ça a de fantastique
et de fatigants et de malédictions.
C'est là et la musique est là et il est là dans le tête.
Il est là dans le tête quand on se couche, quand on se réveille
et il prend sans doute trop d'espace pour les gens qui nous entourent et qui vivent
avec nous, mais c'est comme ça que je vis mon métier en tout cas.
Mais c'est très étonnant parce que c'est une question qu'on pose souvent
aux comédiens et aux comédiens.
Est-ce qu'il y a des rôles qui vous ont poursuit vie,
dont vous avez eu du mal à sortir, etc.
J'imagine que c'est exactement la même mécanique pour un danseur.
Il y a une rôle qui doit te suivre plus longtemps que d'autres.
Oui, tout à fait.
Il y a toujours une latence, en fait,
quand on termine les spectacles pour prendre le temps d'abandonner
les rôles et qui nous quitte progressivement, souvent ils nous quittent
parce qu'on en découvre un nouveau qui arrive derrière.
Mais tous ces personnages de balais, de spectacles qui soient narratifs ou
simplement pas narratifs, juste des émotions, des sensations.
Ce sont des choses qui prennent énormément de place dans ma tête
quand je suis pas à l'opéra et quand je suis pas en train de danser.
Dans la tête du go marchand,
et bien justement dans un instant, je vous propose d'aller faire un petit tour
dans ton imaginaire.
T'as l'air effrayé, ce ne sera pas douloureux.
On écoutera aussi Billy Eili, je te serai juste après la pub.
Avec Charlene Roux.
Qui a-t-il dans la tête d'un danseur étoile ?
Georges et la réponse.
Non, mais j'ai peut-être quelques pistes.
En tout cas, dans la tête de celui qui est en face de moi.
Si j'ai bien fait mon travail, normalement, les quelques extraits
sélectionnés devraient évoquer quelque chose.
Est-ce que tu es prêt ?
Vas-y, je suis prêt.
Ceci est un extrait du film Nureyev, The White Crowd, Ralph Fiennes,
avec Oleg Ivenko, dans le rôle-titre qui, si je ne m'abuse,
est un danseur principal de l'opéra académique et du ballet-théâtre
de l'État Tatar.
Je te sais très fan de Nureyev.
Oui.
Je ne te demande pas si tu as vu le film, si peut-être.
Non, j'aime même pas le film en plus.
Mais pourquoi est-ce que c'est
une personne importante de ton imaginaire ?
Rudolf Nureyev, c'est une icône quand même de la fin du XXe siècle.
C'est quelqu'un qui a révolutionné la danse à l'opéra de Paris.
Quand il est arrivé dans les années 80,
déjà, c'était un immense danseur.
C'est quelqu'un qui a remis les grands
balais classiques à jour pour le ballet de l'opéra,
avec des magnifiques décors, des magnifiques costumes,
des grandes productions qu'on joue encore aujourd'hui,
35 ans, 40 ans après.
C'est quelqu'un qui a remis la force
des variations masculines dans les balais classiques.
Donc il a revalorisé les rôles des hommes.
Et surtout, il est arrivé avec une technique particulière
qu'on danse encore nous aujourd'hui à l'opéra de Paris
et qui fait de ce qu'on appelle une forme de style français.
Donc Nureyev a marqué vraiment une époque.
Il a marqué des danseurs et ces danseurs qui ont dansé
en étant les élèves de Nureyev sont aujourd'hui nos professeurs.
Donc forcément, nous, on n'a jamais rencontré Rudolf Nureyev.
Il est mort en 93 et pour la plupart de ma génération,
il est né en 93, donc on ne l'a pas rencontré.
Mais c'est un fantôme dans l'humour de l'opéra.
Et c'est quelqu'un qui, on a énormément entendu parler.
Avec aussi un charisme, quelque chose de libre.
Voilà, il avait décidé d'être qui il était sur scène.
Et c'est ce qui plaît aux publics.
Et aujourd'hui, on perd un peu cette liberté d'être qui on veut être.
Parce qu'on veut plaire avant d'être.
Si on était venus te chercher pour ce genre de biopique au cinéma.
Je me serais lancé à corps perdus dans ce projet complètement.
Je n'ai rien d'où elle.
Très bien, il y a d'autres danseurs.
D'autres, on peut faire des biopiques parce que c'est exprès suivant.
Are you new to Monterey ?
Yeah, we just moved here a few weeks ago.
You're gonna love it.
You're so nice.
This is Monterey.
We pound people with knives.
To death.
How is it ?
C'est Big Little Lies, non ?
C'est Big Little Lies, séries créées par David Ikeli
avec Chris Wothersport, Nicole Kidman, Shailene Woodley.
Et je vais dire que tu avais bingeé cette série.
Ah ouais, incroyable.
Super série, super actrice, super scénario.
Et puis quand même, une partie du monde en Californie qui est magnifique,
que j'ai eu l'occasion de visiter en vacances et qui m'a énormément plu.
Parce que la nature, il est hyper forte,
hyper sauvage, qu'il y a des vibrations très particulières dans cette partie du monde
et que c'était très agréable de découvrir
le site de la Californie de cette manière-là.
Oui, j'adorerai la série.
J'engage toutes les auditrices et auditeurs à se mouiller la nuque
car il va y avoir un changement de registre assez drastique.
Je vais voir le monde et je vais voir ce que tu veux.
C'est trop tard.
Ils ont commencé à filer dans une semaine.
Je vais faire un tour de caméra.
How is it ?
Le Parrain de Francis Ford Coppola.
Incroyable.
Qu'est-ce que c'est parti des films que tu recommandais
pendant le confinement ?
Oui, parce que c'est marrant, tu allais chercher ça.
J'ai tout cherché, j'ai tout monté.
Oui, en fait, j'ai découvert le Parrain pendant le confinement
et ça m'a bouleversé.
Ça m'a bouleversé parce que les acteurs étaient tellement puissants.
La musique est incroyable.
Je me souviens de terminer le Parrain en l'arme,
mais des larmes d'enfants en plein confinement
et d'avoir regardé le Parrain 2, le Parrain 3,
qui était un peu moins bon, mais ça m'a bouleversé
et ça fait aimer le cinéma comme rien d'autre.
Donc c'est fantastique, ces films-là.
Et surtout, je me suis dit, en revendant sur ce papier,
que ça fait effectivement une très bonne trilogie de confinement.
Il faut un peu de temps pour y entrer, pour y rester.
Il faut du temps. Il nous faut un confinement
pour se faire les trois par un.
On va attendre un peu.
Oui.
Gene Kelly, chantons sous la pluie de Gene Kelly,
cette année de non.
C'est un chef-d'oeuvre fantastique,
fantastique film que j'ai découvert à l'internat,
à l'école de danses de l'opéra.
Gene Kelly, icon absolu, immense danseur,
très grand acteur, charisme magnétique.
Et puis, c'est « Game in the Rain »,
c'est le film qu'on regarde quand on est malade
et qu'on n'a pas le moral.
Quand on est au bout du rôle et qu'il n'y a rien qui va,
on se met « Game in the Rain » et ça repart pour un tour.
Et de sa manière de danser, tu dirais quoi.
Alors, je ne suis pas experte,
mais que je trouve extrêmement singulière.
On sait que c'est lui.
Je ne saurais pas comment l'expliquer.
C'est l'effort, l'effort en non-effort.
C'est-à-dire, tout est camouflé,
tout est senti avec une forme de nonchalance,
de belle nonchalance,
quelque chose qui est vraiment au-dessus de tout,
une technique tellement sûre et tellement simple
que ça devient tout à fait facile à regarder.
Il n'y a pas du tout d'effort, alors que c'est plein d'effort.
C'est compliqué à atteindre cette forme de nonchalance.
En tout cas, d'apparente nonchalance.
C'est ce qu'on cherche au quotidien.
C'est pour ça qu'on est tous les jours au cours et à la barre,
à travailler notre corps,
à rater, à recommencer, à rater, à recommencer
et à réussir un petit peu mieux à chaque fois
pour que le monde du spectacle
tout paraisse sans accro, sans brusquerie,
sans violence.
Combien d'heures par jour ?
Ça dépend des jours, en fait,
mais ça peut aller de trois heures par jour à six heures.
Ça va dépendre un peu de nos plannings,
de l'état de fatigue, de l'état du corps et des blessures.
Il y a plein de paramètres.
Watch me soupirer et être fatigué, rien qu'à l'idée même de trois heures.
Je suis très amirative.
En poursuit en musique et toujours en rapport avec la danse,
j'ai vraiment fait très simple sur l'appeler Sophie Elizabeth Store.
On écoute Murder on the dance floor.
À propos de ton tout premier cours de danse,
tu as dit, je cite,
j'ai perçu l'espace autour de moi,
celui qui m'était offert, celui laissé aux autres.
J'ai ressenti la présence du groupe
et le rythme de sa respiration commune.
Tu dirais donc que ton entrée dans la danse,
c'est aussi ton apprentissage de l'autre.
C'est très étonnant, on entend souvent parler de son propre rapport au corps,
mais assez peu de ce que ça implique avec les autres.
En fait, apprendre à danser, c'est évidemment
se regarder un peu le nombre de brils dans un premier temps,
mais c'est surtout regarder autour de nous.
Parce que tout est une question d'espace dans la danse.
Et quand on se rend compte de l'endroit où l'on est
et de l'endroit où l'autre est,
et de ce qu'il y a entre nous,
qu'est-ce qu'on peut prendre, qu'est-ce qu'on laisse à l'autre,
et comment tout ça s'organise,
finalement, c'est le début de la danse.
Et c'est le début de la vie en société, surtout.
Et c'est pour ça que c'est important, en fait.
Je souvrais très important que les enfants apprennent à danser ensemble,
parce que ça apprend à vivre ensemble.
Une des premières choses qu'on fait quand on apprend à danser,
c'est faire la ronde,
donc c'est donner la main à quelqu'un qu'on connaît pas
et se faire prendre la main par quelqu'un qu'on connaît pas.
Aujourd'hui, pour des enfants, c'est anodin,
parce que le rapport au corps est un peu désacralisé,
parce qu'il y a une forme de naïveté
qui n'y a pas forcément de pudeur quand on est dans l'enfance.
Mais des adultes qui se prennent la main dans la rue,
qui se connaissent pas,
j'aimerais bien voir la réaction des gens,
de leur dire, voilà, tu voulais prendre la main de cette personne
et faire la ronde.
Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui n'accepteraient pas de le faire
pour des raisons que j'ignore,
mais sans doute la peur de l'inconnu, la peur de l'autre.
Penser que l'autre est sale ou différent et que c'est gênant,
alors qu'en fait, on est tous faits de la même matière.
Donc apprendre à danser, c'est apprendre à vivre en société.
Au-delà de la beauté du geste,
toi, tu es persuadée que la danse a des vertus éducatifs.
Complètement des vertus éducatifs et des vertus de soins
aussi de reposer ce qu'on de confiance dans son propre corps.
C'est la raison pour laquelle j'ai créé une association
qui s'appelle Hugo Marchand pour la danse il y a trois ans déjà
avec un projet pour amener la danse dans les territoires ruraux.
Pour que les gens qui n'ont pas l'habitude de découvrir la danse classique
et la danse contemporaine puissent la découvrir
et dans des lieux du patrimoine.
Parce que je trouve que la France, c'est un lieu qui est magique, magnifique.
On a plein de lieux qui restent des lieux où il ne se passe pas forcément grand chose
et réussir à investir ces lieux pour les rendre acteurs du spectacle vivant.
C'est pour moi un grand bonheur.
On vend des places à 13 euros,
à 13 euros parce que 13 euros, c'est le prix d'un ticket pour aller au cinéma.
C'est le prix d'un livre de poche.
Donc c'est les choses les plus accessibles en termes de culture qu'on peut avoir.
Et c'est un tarif unique.
Donc il n'y a pas de différence.
Il n'y a pas des gens qui payent plus cher et qui sont mieux placés.
Les gens qui arrivent les premiers sont les mieux placés.
L'idée, c'est vraiment de venir faire découvrir la danse
à des gens qui ont peut-être des a priori sur la danse
et qui se sentent un peu peut-être délaissés par l'État certaines fois,
par le fait qu'on centralise énormément de choses autour de Paris et à Paris
et qu'il y a plein d'endroits en France qui a soif de culture,
qui a soif de danse, qui a soif de découverte.
Donc aujourd'hui, il y a ce spectacle qui s'appelle Les Étoiles au Château
avec six danseurs étoiles dont je fais partie de l'Opéra de Paris.
On danse pendant une heure et quart et on propose ce spectacle à 13 euros
pour un public vraiment divers.
Et on travaille aussi avec beaucoup d'associations locales,
associations d'aide sociale à l'enfance, des hôpitaux, des épades,
des gens qui viennent d'arriver en France pour venir découvrir le spectacle gratuitement
et aussi avoir un temps d'échange avec nous pour parler du métier de danseur.
Les aider aussi à appréhender ce spectacle.
Il faut un peu de médiation parce que quelqu'un qui n'a jamais vu de danse classique
et va avoir un homme dans un collant avec un pourpoint, c'est pas évident.
Et donc avoir accès à quelques réflexions avec nous avant,
ça permet d'appréhender le spectacle de la meilleure des manières.
Et donc pour tout savoir sur ce spectacle, il est trouvé,
vous avez donc sur le site l'association Hugo Marchand pour la danse.
Exactement.
Je trouve l'initiative absolument remarquable.
On est la danse ailleurs avec plein d'autres camarades en plus.
On va continuer.
Et puis la spécificité pour cette année, c'est de réussir à organiser
une masterclass en amont du week-end.
Donc les gens vont pouvoir...
Alors on n'a pas annoncé nos dates encore.
On les garde un peu privées.
On en a, on en a sera ça en janvier 26.
Mais donc que les gens puissent en fait prendre un cours de danse avec nous,
même s'ils n'ont jamais dansé de leur vie,
quelque chose qui soit vraiment la danse pour tous,
qui puisse avoir ce temps d'échange à nos côtés
et puis aussi avoir le spectacle par la suite.
C'est donc pouvoir découvrir un peu tout ça.
Et puis même si ça plaît pas,
même si c'est des choses qui ne touchent pas forcément sur le coup,
il y a une petite graine qui est plantée,
on verra si elle légère un peu plus tard.
Tu as également fait paraître aux éditions Arthaud Danse,
un livre qui tient de la biographie.
Et il y a un endroit où tu racontes ton rapport au track
que tu qualifies de vague, si je m'abuse.
Comment est-ce qu'aujourd'hui t'arrives à paraître ça ?
C'est une question qui n'est pas évidente.
J'ai l'impression de réussir à mieux le gérer,
puis en fait je me rends compte que pas forcément,
parce que mon corps me parle et me renvoie des signaux
pour me dire que je suis pas suffisamment détendu
et que je suis pas suffisamment serein dans la vie.
Mais on va dire qu'avec l'expérience,
j'arrive un tout petit peu à dédramatiser les enjeux
et surtout à avoir moins peur de rater techniquement
parce que j'ai bombattre depuis des années
pour que ma technique soit la plus précise
et sécurisante possible.
Elle restera imparfaites jusqu'au bout.
Et aujourd'hui, ce qui m'importe le plus,
c'est de réussir à parler à tous
et vraiment offrir des spectacles vivants,
émouvants et généreux.
Donc vraiment le donner de sa personne quand on est sur scène
pour le spectateur.
Et même si la pie aura été ratée,
si on a fait ça, je crois que le spectacle est quand même un peu réussi.
Donc dédramatiser et puis surtout anticiper
un maximum le travail pour passer ses piégés en se disant
merde, j'ai pas assez bossé et c'est l'heure du spectacle
et je peux m'en prendre qu'à moi-même.
Donc voilà, réussir à s'organiser comme ça.
C'est sans doute pour ça que tu ne sais pas glander.
C'est sans doute pour ça.
En fait, c'est vrai que c'est une course contre la montre
en fait, notre métier.
Aujourd'hui, c'est 32 ans bientôt
et je suis jeune.
Mais il me reste 10 ans à danser à l'opéra de Paris.
A 42 ans, l'opéra me remerciera de mes services.
Et donc, on a envie d'en profiter un maximum.
On a envie de continuer de grandir surtout parce qu'on se rend compte
que plus on murie, mieux on danse les rôles
et plus on les comprend et plus on peut toucher les gens.
Et donc se dire qu'on va arriver à 40 ans à un moment donné
et qu'en fait, ce sera le moment où on comprendra le plus
la psychologie de tous ces personnages
et que le corps va être de moins en moins compétent
pour les interpréter.
Il y a quelque chose d'un peu dramatique, presque dans notre pratique.
À 20 ans, on saute comme un cabri, mais on ne comprend pas grand-chose
de la vie, puis à 40, on peut parler des grandes choses,
on peut parler des grandes émotions, mais on a du mal à sauter.
Donc, réussir à trouver un équilibre entre, voilà,
toutes ces recherches qui sont infinies
et qui sont vraiment, moi, le moteur de ma vie.
Aujourd'hui, je suis quelqu'un qui n'arrête jamais
et qui suis heureux de ne pas arrêter
parce que la danse, c'est une nourriture qui est constante
et une recherche qui est infinie.
Alors, c'est sûr qu'il y a un vrai souci qui se pose.
C'est à 42 ans quand cette danse à l'opéra de Paris ne sera plus là.
Comment je vais faire pour continuer à vivre ?
Donc, j'essaie de construire pas mal de choses autour de ça.
Est-ce que tu arrives à tisser un lien entre tous les rôles
dans lesquels tu es distribuée ?
Est-ce que tu vois une sorte de fil conducteur ?
Non, parce que, oui et non.
Alors non, parce que tous les rôles que j'interprète
sont très différents.
Ils sont avec des chorégraphies différentes,
à des époques différentes,
des personnages qui ont des personnalités différentes
et, certaines fois, même des mises en scène, des costumes.
Voilà, tout est très différent.
La seule chose qui les rapproche tous, c'est que c'est moi qui les interprète
et donc que je mets un peu de moi dans chacun des personnages que je danse.
Donc, ils ont une psychologie particulière.
Ils ont une psychologie qui va sans doute me ressembler un peu, oui.
Nouvelle pause musicale.
J'ai choisi Troma Perso, Michael Jackson, Triller.
Pas en trauma, c'est juste égnal.
Moi, oui, mais parce que je suis beaucoup plus vieille que toi.
Et moi, j'ai découvert le clip à la télé
alors que j'étais gamine à une heure de grande écoute.
Alors moi, je l'ai découvert.
J'ai moins bien dormi après.
Je peux comprendre. Magnifique clip.
Kavinsky sur Nova avec Night Call, le choix du go marchand.
Pourquoi ce titre ?
Franchement, c'est difficile de vous donner des raisons à chaque fois
pour quand on choisit un titre.
Il y a pas de raisons à donner, juste la musique est bonne
et on l'aime et elle nous raisant la tête.
Voilà, elle est sur une playlist sur mon téléphone donc voilà.
Et bien, on va continuer d'explorer tes goûts musicaux
puisque c'est l'heure du questionnaire de fin du score.
Allez.
L'idée, c'est de répondre du tac au tac.
Je ne te demanderai pas de justifier tes réponses ni de les jugerait.
Il faut.
Allez, c'est parti.
Quel est le titre qui symbolise le mieux l'enfant
soit en tout cas qui te ramène à la tienne ?
Bourville, un orangier sur le sol.
Il a Irlandais.
Ah ouais, OK.
La chanson de ton adolescence.
Ziggy.
Dans Starmania.
Très bien.
Le titre qu'on serait peut-être surpris de trouver dans tes playlist.
Des musiques du monde un peu transcendentales qui font planer.
OK.
Ton hit de Karaoke.
Je ne chante jamais au Karaoke parce que je suis un monstre.
Je ne sais pas du tout chanter.
C'est le but, c'est l'endroit où faire des monstration.
Compliquer.
Allez, un verronique sans son.
Il perdura chanter en plus.
Bah quitte à y aller autant se faire plaisir.
Le titre qui te propulse immédiatement sur la piste de danse ?
Au-delà de la techno, moi, ça me plaît bien.
J'ai découvert une soirée à Paris avec une des musiques incroyables
et notamment une DJ qui s'appelle Lea Okie
et qui a juste travaillé sa musique comme un Stravinsky aurait pu le faire.
Et donc, c'est fantastique de voir que de la musique électronique aujourd'hui
peut être tellement enrichie et tellement travaillée
que ça en devient une oeuvre d'art.
Le titre ou le style de musique qui te fait sortir de la piste de danse ?
Moi, je ne suis pas très rap et à R&B.
Ça, ça ne me touche pas trop et ça ne me parle pas forcément.
Donc, oui, ça pourrait me faire sortir de la piste de danse.
J'imagine que tu es aussi interdit de piste
quand il y a du rock un peu énervé des pogos parce que tu n'as pas le droit.
Ah, mais ça, ça pourrait m'amuser, je pense, à la limite.
Oui, mais ne faut pas.
Oui, un pogo, un pogo, je vais sans doute rester à l'extérieur du pogo.
Je ne serai pas dans son centre.
Je sais, je sais.
Ta chanson de comédie musicale préférée ?
Gravity, The Wicked.
Ah oui, c'est la période en même temps.
Oui.
Très bien.
Et enfin, catégorie pénible, mais genre très pénible.
La chanson dont tu es un mal de chien de débarrasser une fois que tu l'entêtes.
Bah, c'est une chanson que j'aime bien à la fois.
Effectivement, elle est là dans ta tête toute ta vie.
Après, c'est l'olitat de Alize, quoi.
Oh, wow.
Ah oui, c'est vrai.
Et c'est vrai que je peux bien me la trimballer toute la soirée.
Tu la gardes toute ta life, mais elle est géniale en même temps.
On aime cette chanson.
Mais ce n'est pas ma faute, hein.
Mais ce n'est pas ta faute à toi.
Merci beaucoup, Hugo.
Merci à toi.
Je rappelle que Notre-Dame-de-Paris, ce sera du 6 au 31 décembre à l'Opéra Bastille
que pour voir danser Hugo Marchand, ce sera les 6, 9, 12, 16, 20 et 20 de décembre.
Le ballet sera ensuite diffusé au cinéma.
Ce sera en mars 2027.
J'annonce aussi que dans un instant, on retrouve David Blow et le Nova Club.
Mais on se quitte avec ton dernier choix, Hugo.
C'était quoi ton dernier choix ?
Ah oui, bah voilà.
The Look.
Très sympa.
Pourquoi celui-là ?
C'est la dernière fois que je te pose la question après, t'as vu ?
Musique de quand j'étais tout jeune adulte.
Peut-être des premières soirées, des premières détenettes
avec des verres, avec des amis.
Merci beaucoup, Hugo Marchand.
Merci beaucoup pour l'invitation.
