Judith Godrèche : "Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux", Big Thief & Amy Winehouse

Judith Godrèche : "Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux", Big Thief & Amy Winehouse

Nova le soir • 29/01/2026 • 01:49:31

Dans Nova le soir, Judith Godrèche est venue parler de ses playlist à l'occasion de la sortie de son livre "Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux".
Nova le soir, c'est du lundi au vendredi de 20h à 22h, pour changer de disque en bonne compagnie, avec Charline Roux et ses invité.es

Transcription

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Radio Nova
Nova le soir
Écoutez, Nova le soir, échanger de disques avec Charline Roux et ses invités.
Nova le soir
Bienvenue dans Nova le soir, au programme de la musique.
En partie, elle n'est pas l'invité,
ni Cave, Cameron Winter, Big Thief font partie de sa playlist.
Et pour ce qui est de la conversation, soyez attentifs.
Mon invité a beaucoup de choses à raconter.
Sa parole a été entendue, est-elle seulement écoutée.
Car pour citer l'une de ses phrases, prononcée lors de son discours,
au César 2024, je parle, mais je ne vous entends pas.
De son récit, elle a fait un livre,
prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux.
Judith Godres nous rejoint dans un instant.
Le sujet est sérieux, mais promis,
il y a toujours de la place pour la légèreté.
Paloma en profitera pour roster l'invité, si si.
Et comme à chaque colère, il est bon de répondre par un cri,
je vous propose celui de Kelly sur Caught Out There.
...
Nova le soir et c'est l'heure des morceaux de Bravo.
Nova le soir.
Panique, qu'est-ce que j'aimerais bien entendre ?
Bonne banane.
Myarcaise.
Santigole.
La béo de belle fleur.
Franck Zappa, sans hésiter.
Les morceaux de Bravo.
Je rappelle le principe, chaque jour, vous êtes sondé sur Instagram,
où la tournure est chelou, mais c'est pas grave, j'y vais, j'assume.
Tout sur un thème donné, on vous demande vos morceaux préférés.
Et le thème du jour, c'est une reine, tout simplement.
Le 29 janvier 2016 sortait NT, le 8e,
et, à ce jour, dernier album de Rihanna.
En attendant un éventuel petit nouveau, qui s'appelle Oriot Larlesienne,
à priori, voici vos morceaux préférés de Dame Fenty.
Et on démarre avec un morceau de NT, justement,
dont on précise qu'il collait aussi, avec le thème d'hier,
le sexe, pour mémoire, en écoute Kiss It Better.
Comme le morceau suivant a été proposé,
illustré d'un cœur ardent, par Elise,
je ne résiste ni à Riri, ni à un emoji.
...
Needed Me, toujours sur NT.
Changement d'album pour votre prochaine proposition,
dans la galerie Rihanna,
sur Loud en 2010, on pouvait entendre ça.
...
Man Down, parmi vos suggestions en matière de Rihanna,
alors personne me demande mon avis,
je demande quand même, sur Rated Heart,
Root Boy aura toujours une petite place dans mon cœur.
Et retour à l'album NT,
pour le coup de pelle collective, je rappelle,
10 ans aujourd'hui,
vous nous avez proposé Rihanna et Siza en écoute Consideration.
...
...
C'est l'histoire d'une très jeune comédienne,
muse d'un cinéma ô combien encensé par la critique,
à raison en ce qui la concerne, elle est formidable.
Mais enfin, ça, c'est ce que je qualifierai
de face visible de Liceberg.
Et l'avantage de cette face visible,
c'est qu'on peut la contourner,
autant vous dire que le monde autour ne s'en est pas privé.
Parce que si on plonge un peu,
c'est sombre, c'est froid, et c'est dangereux.
Pas une surprise quand on vous maintient la tête sous l'eau,
tout on vous empêchant de nager.
Alors pourquoi cette métaphore aquatique ?
Parce que je souhaite, hardement,
que ce vieux monde soit comme le Titanic
et qu'après avoir pris l'eau, il coula pique.
Et maintenant, je me dois d'employer les mots adéquates
et de mettre quelques triggers warning sur le sujet.
Mon invité a porté plainte pour viol
avec violence sur mineur de moins de 15 ans
contre le réalisateur, forcément son aîné
avec qui elle a vécu une relation d'emprise
et non pas une belle histoire et même pas de cinéma.
Enfin, je crois.
Je sais que c'était plus confortable
quand il était question d'océan,
mais ce n'est pas la réalité.
Mon invité est donc comédienne, réalisatrice
et je crois nageuse d'exception,
même à contre courant.
Autrice aussi et de ce parcours de combattante,
elle a fait un récit et même plus
parce qu'avec du très moche,
elle arrivait à fabriquer un temps soit peu de joli.
Le livre s'appelle « Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux ».
C'était dit au seuil.
Bonjour, Judith Godrich.
Bonjour.
Et merci de venir dans ce studio.
Et je vais commencer par une question
qui a l'air d'être bateau,
mais comment est-ce que vous allez ?
Parce que j'ai pas d'impression
que c'est une question qui vous a tellement été posée
en réalité.
Et un vrai comment est-ce que vous allez ?
My minute.
Ça va.
C'est une question compliquée en fait.
Je ne sais pas si moi-même,
je ne suis pas plutôt dans l'évitement
quand on me pose cette question.
C'est une question très intime en même temps.
C'est une question intime qui en plus,
on aime parfois pas se la poser.
Ouais.
Ou parfois on a besoin de continuer
sa journée sans se la poser.
Ouais.
Alors accompagner
la sortie d'un livre aussi particulier,
c'est quel genre d'expérience ?
C'est une drôle d'expérience,
notamment parce que
l'écriture, la littérature
et le...
cet ouvrage que j'espère
et que je considère comme un ouvrage littéraire.
Sans éteint.
Je le dis tout de suite.
Merci.
Souvent,
enfin, lors de la promotion
de ce livre, en fait,
il y a pas mal de questions
qui ne portent que sur le...
comment dire, les faits,
justement,
ou les raisons
pour lesquelles j'ai écrit le livre
plus que le livre lui-même.
Enfin, le livre se retrouve quelque part
et à certains endroits un peu invisibilisés
derrière un désir
ou une nécessité de sensationnalisme.
Ouais.
Et du coup,
parfois c'est compliqué,
parce qu'en plus,
il se trouve qu'il y a des choses
que je dis dans ce livre
que je raconte,
que j'essaie d'exposer
en me plaçant
dans tous les côtés de la pièce
d'avoir un regard comme ça
sur mon passé,
sur un système,
sur la société.
Et du coup, c'est vrai que le para...
je suis pas très bonne
quand il s'agit de me...
Je suis pas très douée
quand il s'agit de me paraphraser.
En dehors du...
Je croyais ce que je veux dire.
Là, mais c'est-à-dire que le récit
en plus de l'œuvre élitaire est là.
Donc je comprends que l'exercice
soit compliqué.
On va parler de ce livre, évidemment.
On va parler de musique aussi,
puisque comme à chaque invité,
je vous ai demandé de venir
avec des titres importants pour vous.
Le premier que j'ai choisi de jouer,
c'est Big Thief,
Masterpiece.
Pourquoi est-ce que vous avez choisi ce titre ?
Alors il se trouve que c'est le titre
que j'écoute en boucle.
Mais ça peut aller jusqu'à 200 fois par jour
quand j'écris.
Ça devient presque...
c'est la chanson qui me plonge
dans un état méditatif.
Et c'est aussi la chanson
que j'ai écoutée en boucle
avant de rentrer
sur la scène des Césars
où j'ai fait un discours.
2024.
Voilà.
Ok, très bien.
On l'écoute.
D'accord.
Masterpiece.
Dans la playlist de Judith Godreche,
on a invité dans Nova le soir,
on part aujourd'hui de ce livre,
prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux,
paru aux éditions du seuil.
Alors je suis obligée de prévenir,
Judith, il est fort possible que cet entretien
soit très désordonné,
parce que ma colère me fait un peu perdre les moyens
et le fil de ma pensée.
Donc entre vous qui ne voulez pas lui paraphraser
et moi qui vais être très désordonné,
je pense que ça peut donner un objet
tout à fait simulier.
Ce titre, prière de remettre en ordre
avant de quitter les lieux,
si je m'abuse,
c'est une affiche
qui figurait dans la salle d'attente
les portées plantes.
Pourquoi on a fait un titre ?
Leur portée plante en étant adulte.
Parce que quand je me suis retrouvée
dans cette salle d'attente
avec ce nounours géant
et s'est joué pour enfants
et assis sur ce canapé
face à moi en effet,
sur le mur,
cette affichette
qui disait,
qui demandait,
qui ordonnait en quelque sorte
de remettre en ordre
et j'imaginais
qu'évidemment
cette affichette
allait être lue par éventuellement
des parents
qui accompagnent leurs enfants,
des mamans qui sont là
avec leurs enfants
ou par des enfants
qui savent lire.
Il y en a beaucoup et
ou des vieux enfants comme moi
ou en tout cas des personnes
comme moi
qui sont venus là
très très tard
et qui
il est très compliqué
en fait
de faire face
à cette demande
ou à cette
parce que non,
il est impossible de remettre en ordre
et il est impossible
pas comme ça l'était avant
exactement
et de respecter
cette autorité là
ou en tout cas
en ce qui me concerne
et en ce qui concerne
j'imagine aussi
des enfants qui viennent
dans cette pièce
et qui se sont là
en tant qu'enfants
et non pas des 30 ans plus tard
ou 20 ans plus tard
ou 40 ans plus tard
ou 50 ans plus tard
mais en tout cas
c'est impossible
de respecter
le silence
donc en fait
qui serait pour moi
une métaphore
de l'autorité
ou en tout cas une forme d'autorité
le silence
dans lequel on est resté
pendant des années
est souvent lié
à une opposition
ou à l'autre
qui est plus fort que soi
ou à la peur
et du coup
forcément
de prendre la parole
c'est de mettre le désordre
et donc du coup voilà
la forme
de cet objet littéraire
est très singulière
comment est-ce que vous l'avez abouti
en fait
j'ai commencé par la fin
du livre
par le chapitre final
qui en quelque sorte est
mon enfance
ou en tout cas une partie
de mon enfance
et j'ai commencé par la fin
mais en sachant
que cette partie-là
devait être la fin
et que justement
comme il était
important pour moi
et que ce livre
n'était absolument pas
une biographie
donc ne raconte pas
mon enfance, ma jeunesse
et n'est pas non plus
un témoignage
mais qu'il est
divisé en chapitres
certains chapitres
sont des lettres imaginaires
ou des lettres
qui n'ont jamais été envoyées
concrètement
mais qui sont envoyées
à l'intérieur de ce livre
et ce livre
est composé
comme une sorte de puzzle
comme si
on pourrait même imaginer
comme une enquête
dont on mettraient
toutes les
toutes les
comment dire
toutes les pièces à conviction
voilà exactement
exactement ouais
et elles font sens
au bout d'un moment
moi je me suis aussi posé
cette question
la prise de parole
en tout cas verbale
elle peut être volatile
si tentez qu'elle n'est pas enregistrée
les écrits c'est autre chose
est-ce qu'il y avait
quelque chose de cet ordre-là
dans votre démarche
de toute façon
à partir du moment
où on
on trouve la forme
où on pose les mots
on se retrouve
aussi également
confronté
à
à une vérité implacable
mais même entre soi et soi
c'est-à-dire que
à partir du moment
où on
on se relie
par exemple
quand on porte plainte
la relecture
de ce document
officiel légal
enfin
à poser sa signature
sur ce papier
mais la relecture est très
violente
enfin
parce que tout d'un coup
en effet c'est plus
d'abord et puis aussi
parce que quand quelque chose est écrit
il prend une importance
à l'endroit de la vérité
où on se dit qu'il faut le relire
et le relire pour être sûr
que ce que
qu'on n'a pas oublié quelque chose
que c'était bien ce qu'on voulait dire
et que on
on utilise pas un mot pour un autre
et ce souci-là
dans l'écriture
est un souci qui à la fois
comment dire
est une
s'impose comme une difficulté
enfin mais comme une difficulté
bienveillante
ça fait du bien
d'être face à face
d'être
d'être seul à seul avec les mots
et de pouvoir les choisir toute seule
et de pouvoir
les revendiquer par la suite
et dire que ce sont les miens
on poursuit la conversation dans un instant
et parmi les disques amener aujourd'hui
par Judith Godrej
ce titre de Nick Cave
enfin en l'occurrence ce titre de Tirex
repris par Nick Cave
vous avez choisi Cosmic Dancer
il vous envoie où ce titre-là
à mon enfance
ouais, des années de danse peut-être
et ouais exactement
et puis
et Nick Cave
toujours toujours toujours Nick Cave
ouais j'ai l'impression qu'il revient
c'est du grand amour
ouais
dans nos valeurs le soir
et c'est le choix de Judith Godrej
venus nous parler de prières
de remettre en ordre avant de quitter les lieux
un livre paru au seuil
et alors moi ce que j'ai découvert dans le livre
mais de fait
c'est pas très étonnant
que je les découvre à ce moment-là
puisque ça a été invisible
j'ai pendant très longtemps
c'est que l'écrire est un peu
un peu un peu plus grand
mais c'est ça
c'est un peu un peu un peu
un peu plus grand
c'est bien un peu de
un peu un peu plus grand
c'est bien un peu plus grand
c'est un peu un peu plus grand
c'est bien un peu plus grand
c'est bien un peu plus grand
qui est réalisabilisée pendant très longtemps, c'est que l'écriture, elle a toujours été
là dans votre vie et que, jeune fille, vous avez noirci quantité de carnet, ce que vous
appliez des livres, et ça aussi, ça a été mis sous séquestre.
C'est vrai que c'est curieux parce que dans le fond, quand j'étais petite, c'était
la manière dont je me présentais aux autres un peu.
Quand j'allais à un rendez-vous, enfin quand je suis allée à ces rendez-vous
avec ses réalisateurs dans mon enfance, je parlais de l'écriture immédiatement.
C'était vraiment ce dont j'aimais le plus parler.
J'écris. Mais tu écris quoi ? J'écris un roman.
Alors évidemment, ça fait bizarre quand on a 14 ans de dire à quelqu'un, j'écris un roman.
Mais bon, voilà, j'écris un livre, enfin bon.
Et c'est étrange dans le fond de se dire que ça suffisait pas que cette main
mise sur mon corps, sur ma voix, il fallait aussi qu'il y ait les écrits,
que les écrits passent également à la trappe en quelque sorte,
ou en tout cas à la trappe de ne m'appartiennent plus quoi.
Enfin en tout cas que ce soit.
Et dans le fond, je me posais la question récemment.
Je me disais mais c'est vrai qu'à partir du moment où on met,
où on pose le mot muse ou égérie sur quelqu'un, dans le fond tout est dit.
C'est-à-dire que je pense que même en tant qu'muse,
enfin une fois qu'on se retrouve dans la peau de cette muse,
on reste à une certaine place.
Et qu'on se dit ben alors pourquoi j'irais revendiquer ce que j'ai écrit en tant que possession.
Ça n'est plus ma possession puisque ça fait partie de cette chose qu'on appelle muse.
Et c'est normal qu'il le prenne.
Et il y a un truc qui se fait en fait dans lequel les défenses tombent
ou plutôt la possibilité de se battre.
Et ça prend beaucoup, ça prend très, très longtemps.
Et moi je pense que je suis encore dans ce processus-là
où dans le fond, il m'arrive encore de ne pas oser dire
ben non c'est moi qui ai écrit ça ou de laisser des gens.
J'ai un drôle de rapport avec ça en fait.
Alors ce qui est très frappant aussi en lisant le livre,
c'est qu'il y a une énorme distorsion entre justement ce statut de muse
qui est donc considéré comme un objet à l'écran
à qui on refuse le droit d'être un sujet.
Et l'image qu'on a voulu donner de cette jeune fille
qui pour le coup est envisagée par les gens autour comme un sujet,
comme quelqu'un qui veut,
alors que c'était vraiment pas du tout le cas par définition.
Oui et c'est-à-dire que même et d'ailleurs dans le fond
et heureusement que la jeunesse veut
et heureusement que les jeunes que qu'une jeune fille
qu'un jeune garçon que qu'il y a du le désir de de de de jouer
le désir, la fougue, la passion.
Heureusement heureusement qu'on n'est pas sérieux
quand on a 17 ans, comme dirait Arthur Rimbaud.
Et cette
cette appétence de la vie ou cette volonté de travailler
ou cette capacité de convaincre quand on fait des essais
ou cette façon d'être de ce convaincre qu'on n'a pas peur
d'aller à des essais quand on est très jeune
et qu'on n'a jamais passé des essais de sa vie
ou ce genre de truc.
Et qu'on se retrouve ensuite face à quelqu'un
qui prend cette
oui, cette fougue, cette passion, cette spontanéité
qui en fait sa chose, qui se l'approprient,
ce truc vampirique.
Parce que dans le fond, c'est à l'aide,
il s'agit pas de temps de
de comment dire du désir de la jeunesse que de la
que de la façon dont cette force, cette fougue
est presque mornée quand elle atterrit entre les mains
d'un adulte pervers.
Oui.
Parce que dans le fond, c'est vrai que ensuite,
alors c'est presque comme une histoire
d'identité un peu triste
parce qu'on a une identité, on écrit, on fait des choses
et on se retrouve à devenir le prolongement
d'un homme plus âgé qui, lui, est un auteur certifié
avec le tampon, avec la validité de tout un milieu.
Et là, notre identité devient une forme d'ombre
lumineuse, mais qui s'efface petit à petit
et dont on ne sait plus dans le fond
qu'on peut exister en dehors de cet homme-là.
Oui, bien sûr.
Et alors, le récit est fait d'envoler
parfois très poétique, très enfantine,
aussi par endroit, parce qu'il y a aussi des moments
d'enfance qui sont de l'ordre du témoignage
et de moments de récits brut, parfois difficiles à lire.
Je suis obligée de le dire.
Il faut le dire d'ailleurs.
Bah non, non, c'est vrai, il y a des moments
où c'est suffo quoique, en fait.
Cet agencement-là, il a été naturel à mettre en oeuvre.
Oui et non, c'est-à-dire que j'ai essayé également de...
Enfin, j'ai voulu écrire sans complaisance
et c'était quelque chose qui était présent en permanence.
C'était de me dire comment éviter la complaisance
et comment, par endroit, quand je parle,
quand je raconte des évènements de quand j'avais 14 ans,
par exemple, c'est d'être dans une distance avec l'effet
qui me permette de vraiment raconter les choses
sans que ce soit la femme de 50 ans qui parle, en fait,
sans que ce soit de vraiment essayer
d'être presque clinique par moment.
Et dans le choix de certains passages,
il n'y en a pas beaucoup, il me semble qu'il doit y en avoir deux,
mais il y a deux passages, en tout cas,
qui est important de mettre un trigger warning et de prévenir,
parce que c'est des passages qui décrivent des scènes,
des rapports sexuels entre un adulte et une enfant.
Et j'ai décidé d'assumer l'utilisation de mots crues
pour ne pas romantiser une réalité qui doit être cliniquement insupportable.
Oui, oui, parce que cette réalité n'a été romantisée que dans l'esprit de l'oppresseur.
Je ne vais pas se mentir que les choses soient très, très claires.
On poursuit la conversation toujours et on retourne à la musique,
par exemple, ça appelle de temps en temps.
Dans la playlist de Judith Godreiche,
Kate Bush, This Woman's Work, pourquoi ce titre-là ?
Il parle pour lui-même, j'ai l'impression.
Bush, This Woman's Work, on marque une courte pause
et on se retrouve dans un instant avec Judith Godreiche.
Radio Nova, Nova Le soir, et si on changeait de disque ?
Nova Le soir.
Version, Cécile McClurrin-Salvain,
c'est le choix de Judith Godreiche, l'invité de Nova Le soir.
Alors, au-delà de toute passion pour Kate Bush, qu'on aura bien compris,
pourquoi cette reprise-là, est-ce qu'elle vous touche ?
Alors, j'ai une passion absolue et ça a été une très, très grande rencontre avec Cécile.
C'est quelqu'un d'admirable, qui a non seulement une écriture musicale,
une voix et un ancrage,
je suis stupéfète quand j'écoute ses albums.
J'ai été l'avoir en concert, je l'ai rencontrée.
Elle a un projet de film, elle dessine.
C'est une artiste que j'admire vraiment.
Je pourrais en parler pendant des heures et probablement pas assez bien.
Et c'est pour ça qu'il faudrait que j'écrive plus tôt pour parler d'elle.
Mais tout à bien moi, tout est lignible.
Mais si vous ne connaissez pas, en tout cas, Cécile et son McClurrin savant.
Et...
Mais je l'ai prononcé à l'Amérique, elle, de moi.
Ouais, Cécile McClurrin-Salvain.
Ouais, je sais pas.
Il faut qu'on lui demande comment elle a envie qu'on prononce.
Je me suis posé la question.
Ça n'a rien à voir avec les Hauts-de-Hurles-Van, pour le coup.
Ah non, alors tout est lié, mais en même temps, tout est une coïncidence.
Puisque j'aimais le travail, la musique et les interprétations de Cécile
et ce qu'elle écrit avant de découvrir cette reprise
de cette chanson de Kate Bush que j'ai écouté.
J'écoutais Kate Bush quand j'étais petite.
Puisque il se trouve pas ailleurs que quand j'étais petite.
J'écoutais plutôt des chansons que les adultes écoutaient
plutôt des trucs de mon âge.
Et Withering Heights était un des livres phares de...
enfin, faisait partie de mes lectures.
C'est l'exaltation, une forme d'exaltation.
Et puis, comment dire, la...
C'est assez intéressant et je ne vais pas m'étaler là-dessus
parce que je suis sûre que ça va nous faire perdre beaucoup de temps.
Mais les hauts de Urelevans, Withering Heights,
je pense qu'il faudrait le relire avec un œil un peu différent aujourd'hui.
Et moi je l'élu en...
Alors justement, en parlant de...
en romantisant et en comment dire...
Heathcliff, pour moi, c'était l'homme idéal.
C'est extrêmement violent en fait, ce livre.
Il est très problématique Heathcliff.
Mais pour moi, c'était l'homme idéal.
Et c'est assez intéressant de voir comment, en fait,
dans la construction de...
D'un imaginaire.
D'un imaginaire, voilà, ouais.
On est tous, et tous, le produit d'une époque,
c'est une conversation qu'on a eu ici,
il y a quelques semaines avec Auvidi,
qui elle témoignait, en fait, dans son livre,
de certains moments de Plateau Télé,
la manière dont elle avait été considérée.
Et je lui disais, je le pense vraiment,
que moi, ayant grandi dans ces années-là,
ces modèles-là et la manière dont on parlait d'elles,
je les forçais m'aurait percuté à un endroit.
Et moi, je dois dire que j'ai grandi avec les images
des films que vous avez tournés,
avec cette image de cette jeune femme
qui pouvait avoir des rapports de cette nature
avec des adultes.
J'ai grandi au moment où il y a eu le film de Brisseau,
Noz Blanche, et que cette imaginaire-là,
moi, ma génération, elle l'a intégrée aussi.
Et ça, c'est un souci, pour nous toutes.
Oui, c'est intéressant parce que Noz Blanche,
et je sais plus, et je vais dire des bêtises sûrement,
au niveau des années, j'ai un drôle de rapport avec le temps,
mais il l'ancrage précis dans les dates.
Mais je me souviens, en tout cas,
et à l'endroit du déni où moi-même j'étais,
et de...
Je m'étais frais à me formuler un truc,
en voyant Noz Blanche, je m'étais demandée,
mais pourquoi ce plan de Vanessa Paradis,
nus de dos, pourquoi ce plan ?
Je m'étais dit, tiens, ça, c'est vraiment...
Et je me l'étais dit avec mes mots de l'époque,
mais il m'avait choqué,
et c'est étrange parce qu'à l'époque,
je ne savais rien du comportement de Brisseau,
je ne savais rien de...
Mais j'ai un souvenir de ce plan,
et évidemment qu'elle est sublime, Vanessa Paradis,
et que de la filmée nus,
il y avait quelque chose qui devait,
pour certaines personnes, être extrêmement...
Il y avait quelque chose de malaisant pour moi,
de voir cette très jeune fille,
filmée nus dans ce film de dos,
à un endroit qui n'était pas nécessaire du tout, du tout, du tout.
Mais bon, c'est une autre question, mais...
Non, mais ça va dans le même sens,
parce que, pour être tout à fait honnête,
en préparant cette émission,
je me suis replongée dans des archives,
et notamment, je suis tombée sur cet archive de Vladimir Nabokov,
qui était sur le plateau de Pivot.
C'était en 1961, parce que forcément,
il est aussi question de ça,
de l'image que se sont fait certains mâles de la Lolita,
et voici ce que lui...
Et des internaux qui ne savent pas lire Nabokov.
Donc voici ce que lui en disait.
Eh bien, Lolita n'est pas une jeune fille perverse.
C'est une pauvre enfant,
une pauvre enfant que l'on débauche,
et dont l'essence ne s'éveille jamais
sous les caresses de Limond ou de M. Humber.
Humber, Humber.
Moi, j'ai vu un pont très direct avec votre histoire.
Ah oui, d'ailleurs, c'est un effet sur moi.
Ouais, je suis d'avril.
En ce moment, si c'est difficile, on arrête.
Non, non, qui pourrait penser
que Nabokov me...
Mais non, mais me...
Enfin, mais...
C'est marrant d'être jamais revenu au sourd sur cette image-là.
C'est-à-dire l'interprétation qui a été faite de Lolita,
la meilleure est quand même celle de l'homme qu'il a inventée, en fait.
Et c'est celle-là.
Ouais, et c'est extraordinaire à quel point...
Enfin, je me dis,
mais alors attends, Apostrophe, Pivot, Nabokov,
mais personne n'a écouté cette émission,
et tous les types qui, à l'infini, derrière,
ont voulu raconter l'histoire d'une...
d'une jeune fille victime, mais décisionnaire.
Oui, qui serait éprisée.
Oui, c'est ça.
Et qui serait dans le fond...
qui se positionnerait à l'endroit de l'excitante,
de celle qui veut exciter les vieux,
et du coup les vieux, eux, dans l'inversion des rôles,
se retrouvent dans la position du type qui ne peut pas résister.
Et c'est vrai que quand j'ai découvert,
mais figurez-vous, il y a deux ans, en fait.
J'ai découvert, et je pense que c'est pour ça que ça m'émeut aussi,
parce que ça sent craint un endroit de ma vie, ou des choses de...
De la prise de parole, c'est le moment de la prise de parole.
Et du coup, je crois qu'il y a un effet comme ça, boomerang.
Mais quand j'ai découvert cet entretien entre Nabokov
et Pivot,
je n'en revenais pas littéralement.
Je n'en revenais pas.
Et je me suis dit aussi, mais ma petite,
il est temps de déconstruire une éducation
presque littéraire et artistique.
En fait, j'ai été...
J'ai été...
Il y a un endroit de ma vie où j'ai été élevée par Benoît Jacot.
Parce que je veux dire, c'est que j'ai grandi dans le sillage,
dans le sillon de ces hommes-là.
Et du coup, quand j'ai lu Nabokov,
j'ai été...
Je le lisais aussi avec les...
Un autre prisme, bien sûr, évidemment.
Et moi-même, j'ai le sentiment,
à un certain endroit ou à beaucoup d'endroits,
d'avoir du procédé à une forme de déconstruction,
même de...
Oui.
Là, mais c'est-à-dire que l'appareil très fréquent de ces hommes-là
a été de dire que c'était une autre époque.
Moi, je trouve ça insupportable d'avoir écouté.
C'est même inaudible, parce qu'il y a 30 ans, 40 ans, 50 ans,
il était déjà dû devoir des adultes
de ne pas coucher avec des enfants.
Et ça me semble foutre de devoir le formuler.
Mais enfin, je le formule quand même.
Je veux dire, cette parade-là de c'était un autre temps,
c'était une autre époque.
Non.
Non, non, déjà, c'était illégal.
Donc, si on peut juste s'arrêter là-dessus.
Musique, si ça vous va.
Je sais que il doit être des sasses de décompression par endroit.
Tiens, je crois que c'est un titre qui figurait
sur la bande-son du court-métrage.
Moi aussi, vous avez réalisé.
C'est un titre de Fosamy Shadow of Another Life.
C'est un titre de Fosamy Shadow of Another Life.
C'est un titre de Fosamy Shadow of Another Life.
Le shadow, sometimes I wish the minutes were faster,
like little dominoes.
They'd roll on, times I wish the minutes never fit there.
Le shadow of Another Life.
So, the calls on the shore too.
C'est le choix de Judith Godreich, l'invité de Nova le soir.
Je voudrais qu'on parle de ce court-métrage.
Moi aussi, vous avez réalisé et du moment où vous avez choisi de le réaliser.
Est-ce qu'il y a une forme d'alignement ?
C'était une espèce de geste dans le prolongement de quelque chose de particulier ?
Je ne sais pas si je pourrais dire un devoir sociétal ou en tout cas.
Mais c'était la question de se poser, de savoir ce que j'allais faire.
Il était impératif de faire quelque chose avec toutes ces bouteilles à la mer
qu'on m'envoyait, toutes ces lettres que je recevais.
Ensuite, à votre prise de parole, vous avez été inondés de témoignages qui résonnaient avec le vôtre.
Mais justement, sur l'éducation, ou l'éducation qui m'ont passée une vie à s'instruire,
et d'ailleurs pas forcément que à l'école, mais aussi en dehors de l'école pour ma part.
Mais c'était intéressant aussi de découvrir que moi, femme blanche privilégiée qui prend la parole
et qui tout à coup reçoit énormément de témoignages,
à un endroit de cette rencontre et de ce rendez-vous donné,
parce que c'était un rendez-vous de tournage donné à des personnes que je ne connais pas,
puisque tout le monde pouvait venir, qu'il y avait un système d'inscription,
mais que je ne savais pas qui viendrait et que je me suis rendu compte de la difficulté
ou de comment dire, du fait qu'après que ce film était réalisé ou sur le tournage,
il n'y avait pas beaucoup de personnes racisées.
Et je me suis posée la question, et non pas de l'identification,
mais de ne pas me dire que les personnes racisées ne s'identifient pas à moi,
mais de me rendre compte à quel point non seulement il était compliqué, voire impossible,
de prendre la parole, de s'afficher au grand jour en portant sur son visage,
ou en tout cas par sa présence, en s'inscrivant à l'endroit de dire publiquement
qu'on est victime de violences sexuelles et sexistes,
et encore plus quand on est une personne racisée,
et que du coup c'était aussi, comment dire, je me suis rendu compte,
le jour du tournage, de la dimension catastrophique de la peur qui règne
sur toutes les personnes qui ne prennent pas de la peur à tellement d'endroits différents,
à tellement d'endroits qui soient liés avec le regard de la famille,
le regard de la petite société dans laquelle,
de la société proche dans laquelle on évolue,
enfin de notre entourage, mais aussi du tra…
Enfin, il y a tellement de couches, il y a tellement de, comment dire,
il y a tellement de portes entre une personne et sa prise de parole,
il y a tellement de couloirs impossible à prendre.
Vous voyez ce que je veux dire ?
Oui, c'est-à-dire qu'on a beaucoup entendu la onde doit changer de camp,
effectivement, mais encore faut-il se le formuler ainsi,
et on a aussi beaucoup entendu, suite à des prises de parole,
que c'est cette femme qui avait envie de se faire un peu de publicité,
non, les femmes qui témoignent n'ont rien à y gagner,
ou en tout cas rien d'individuel et rien en termes de carrière,
ce serait même plutôt l'inverse, j'ai l'impression.
Donc les prises de parole sont d'autant plus compliquées.
Les prises de parole sont compliquées,
les non-lieux peuplent les tribunaux et les plaintes s'ensuitent également,
et on n'a pas besoin de mettre les victimes, les personnes qui militent
et qui sont là pour faire entendre la voix éteinte des personnes victimes
de violence sexuelle, on n'a pas besoin de les mettre à la porte,
parce qu'elles sont déjà derrière la porte, en fait.
Donc c'est comme vous l'avez dit au César,
pour pouvoir se croire, encore faut-il être cru.
Et c'est toujours aussi le même principe, c'est-à-dire que oui, on entend,
mais est-ce qu'on écoute, c'est pas tout à fait la même position ?
Et surtout, le martèlement à la porte, il se fait parfois,
même comment dire, il défi les autorités suprêmes,
et d'ailleurs on le voit partout dans le monde.
Enfin, je veux dire, c'est un bruit sourd.
Voici un titre qui n'est ni signé qu'est de bouche, ni signé, ni cave.
Et c'est dans la clé liste de Jusqu'du Drèges.
Cameron Winter, try as I may, pourquoi lui ?
Je l'adore.
Il a une voix qui, je ne sais pas d'où vient sa voix,
si ce n'est d'un endroit où on a...
Quand il chante, j'ai le sentiment qu'il ne me ment pas,
et qu'il ne ment à personne, et surtout pas à lui-même.
C'est très particulier, il y a quelque chose de magique,
c'est vraiment un mot qui vulgarise qui ne lui fait pas honneur,
mais voilà, il faut écouter l'œil, puis après, on n'en parle.
Try as I'm still fighting for you
Hold your crazy ass against the wall
Scared, my scared, shitless way
You came down to see my privacy
Nouvelle soir.
Cameron Winter, try as I may, dans la clé liste de Jusqu'du Drèges.
Je m'excuse d'ailleurs pour tous ceux qui adorent Cameron Winter,
j'en ai super mal parlé.
Non, je ne trouve pas.
Mais en fait, le discours très élaboré sur la musique n'est pas une obligation.
Oui, enfin, il y a aussi une sensation.
Ouais, mais on peut parler bien de ces sensations, c'était pas le cas.
Moi, je n'ai pas d'accord.
Agree, tu dis abri.
Alors, c'est le moment, Paul, qui réalise cette émission.
Est-ce que tu penses de la manière dont Jusqu'du Drèges t'a parlé ?
C'est vrai ?
Bon, bon, bon, bon, bon.
OK, ça marche.
Judith, vous avez participé comme jury invité à la dernière saison de Drag Race France.
Oui.
Jamais les choses de manière un peu diplomatique.
Un peu smooth, ouais.
Parce qu'il se trouve qu'à ce moment de l'émission,
nous avons eu l'excellente idée de proposer à Hugo Bardin,
à Elias Paloma, de venir titiller les invités.
Non, les rossés, vraiment.
J'adore.
On est sur de la flamme du chalumeau.
Oui, très bien.
Pas beaucoup de limites, mais comme je crois que vous connaissez cet exercice
et par les dragues et par les gens qui le pratiquent, voilà.
Je ne sais pas trop comment l'année de manière...
Alors si, je précise juste que, comme c'est la version française,
on a rebaptisé ça, le roti.
OK.
Le roti de Paloma.
Salut, Charline, et salut Judith.
Judith, tu es fascinante.
Tu as commencé ta carrière enfant dans le cinéma d'auteur,
français, ce monde magique ou quand tu as 14 ans et que tu dis,
je ne suis pas très à l'aise, on te répond, chute, c'est du cinéma.
Judith, tu es quand même l'un des plus beaux miracles de la biologie française.
Tu as passé 30 ans à jouer des idiotes,
puis tu es revenu du jour au lendemain avec cette image
d'intellectuel national du cinéma français, sans transition,
sans formation, sans période d'essai.
Pendant trois décennies, ton rôle principal au cinéma, c'était être là.
Regarder dans le vide, parler doucement, un ficus avec une voix off.
C'est ce qu'on te demandait, et franchement, tu étais très bien dedans.
Car, soyons honnêtes, si tu n'as pas eu l'image d'une femme de lettre
pendant 30 ans dans le cinéma français, c'est que personne ne te l'a jamais demandé.
On t'a demandé d'être jolie, absente, maléable et vaguement triste.
Prenons quelques exemples concrets.
Dans la désenchantée du bourreau jacô,
tu jouais une adolescente passive, mutique,
offerte désir des autres, sans point de vue, sans penser,
sans colonne vertébrale, par un personnage, nono, un super narratif.
D'en ridicule, tu es entouré de personnages au dialogue brillant.
Et attention, c'est là que c'est magnifique.
Toi, tu joues Mathilde.
Mathilde, c'est l'esprit des lumières.
La fille qui s'intéresse aux sciences,
qui bricole même un scaphandre primitif.
C'est censé être ton rôle intelligent.
Spoiler alerte, tu inventes un truc et tu manques de te noyer dedans.
Tu n'étais déjà pas le casteur le plus utile au barrage.
Dans l'auberge espagnol, tu incarnes Anso,
la potige suprême, ou plutôt la femme qui ne dit rien
pendant que Romain Duris vit une super aventure.
Et tu nous donnes certainement la plus belle réplique de ta carrière.
Je peux vous proposer, du riz,
ou des pattes et un accompagnement de l'huile.
Rebellote dans France Boutique, Estelle, Donneurone,
expert en dildo et en doublage de film X.
Encore une fois, pas ton rôle le plus complexe.
Et puis consécration, bimbo-lande, d'Ariel Zetoun,
où tu incarnes Cécile, étudiante en ethnologie,
qui devient Brigitte pour mieux comprendre les bimbo
et l'art de la séduction.
Un rôle qui te ressemble bien, finalement.
Car oui, faire croire que tu es idiot, tu connais bien.
Et boom, badaboom, retournement de situation.
Après un exil américain, tu reviens avec Icon of French Cinema,
où tu joues Judith Godres, c'est-à-dire une femme regardée,
exploité, soumise, au désir des autres.
Un rôle qu'on pensait connaître, mais en fait non.
On découvre tes secrets, tes failles, tes traumatismes.
Et tout cela résonne étrangement avec notre époque,
car désormais ta mission est très claire,
désinguer le patriarcat et faire tomber les têtes
de tous les gros ports de l'industrie.
Tu réussis à faire du mytho français un truc très chic,
très rive gauche, très on souffre, mais avec une belle lumière.
C'est fou quand même.
Il y a des gens qui font 10 ans de philo, détestent des livres,
et toi Judith, tu as juste besoin de passer du statut de potige
à celui de victime légitime pour devenir brillante.
Comme quoi l'intelligence, c'est surtout une question de timing médiatique.
Comme si jouer des idiots pendant 30 ans, c'était un doctorat caché.
Le truc le plus cruel, c'est que rien n'a changé, hein.
Tu as cette même diction lente,
cette même regard vague, cette même posture molle.
Avant on disait, oh, c'est mystérieuse Godres,
maintenant on se dit quelle profondeur cette Judith.
Dans le business, on appelle ça du rebranding.
Judith, tu n'as pas changé de registre.
Non, non, c'est le registre lui-même qui est devenu politique.
D'ailleurs, tu viens de tourner l'adaptation de mémoire de fid à Nierno,
un choix cohérent qui respecte parfaitement ta nouvelle ligne artistique,
et le rôle principal est interprété par ta fille.
Alors là, on n'est plus dans le cinéma,
c'est même le serpent qui se mord la queue
en demandant une subvention au CNC.
Avant, tu subissais le cadre, maintenant tu le transmets.
Mais attention, c'est de la culture, donc ça va.
Le cinéma comme thérapie et le trauma comme franchise familiale.
En fait, ce qui dérange avec toi, je te dis,
c'est qu'une femme qui a longtemps été filmée sans penser,
hausse aujourd'hui, pensée à voix haute, même imparfaitement.
Et dans un pays qui adore les femmes muettes et les icônes mortes,
c'est peut-être ça au fond, ton geste le plus intelligent.
Ah, merci.
Étonnant, les gens qui disent...
Il a été gentil, je trouve, parce que moi,
j'essaierais aller plus si je m'attends au stage, parce que...
Oui, alors je suis dit, je précise que dans le livre,
vous ne vous épargnez pas.
Non, non, non, non.
C'est une image de soi qui est quand même très particulière.
Ben oui, je dis que j'arrive à me voir
à travers les yeux de ce qui me haïs,
et c'est vrai que j'y arrive.
Et puis, par ailleurs, il se trouve qu'en effet,
j'ai un don pour l'autodérision ou plutôt une tendance.
Enfin, en tout cas, je pense que...
Alors, c'est peut-être d'arriver avec le livre,
mais j'adore l'autodérision,
j'adore les séries américaines, le cinéma.
J'aime les personnages et les autoristes qui arrivent à se moquer de...
Voilà, et moi, la première.
Mais il me fait marrer parce que...
Je trouve qu'il y a des trucs très justes dans ce qu'il dit et...
Mais le problème dans ce roast,
ce qui, moi, me frappe, c'est pas tant que...
C'est pas vous le problème,
c'est le regard qui a été posé sur vous,
qui me semble être assez juste, pour le coup.
Oui, tout à fait.
En même temps, là où c'est presque encore plus,
c'est plus tordu encore et plus purant que ce qui dit.
C'est que justement, et notamment dans la désenchantée,
j'avais écrit un...
Comment dire ?
Un exposé sur un beau qui était mon exposé de la vraie vie,
on va dire, c'est moi qui l'avais écrit.
Et du coup, il y avait plus que ça.
C'est-à-dire que justement,
il y avait ce truc de...
Justement le fait que j'étais pas une potiche qui était aussi
mais qui devenait l'œuvre de l'autre.
Et donc, c'est en ça que d'une certaine façon,
j'amènerai une nuance.
C'est ça ?
Toujours nuancer les propos de Paloma, c'est vraiment une règle de base.
Peut-être pas d'ailleurs, faut pas.
On marque une courte posé, on se retrouve dans un instant avec Amy Winehouse.
Nous va le soir.
Amy Winehouse dans Nova le soir avec ce titre que je vais évidemment
saboter car ma prononciation en anglais est tout à fait relative.
Tears dry on their own.
Et je suis toujours en compagnie de Judith Godrache,
qui, elle, a vécu aux États-Unis,
donc doit bien rigoler intérieurement de cette prononciation complètement pourrie.
Ah, j'en ai rien à faire.
Ok, c'est parfait.
Judith, je voulais vous faire écouter un petit extrait d'une série que j'ai adorée.
Ah.
C'est après, mais j'ai un rendez-vous avec une photographe de mode toute gluant.
Oui, un peu de l'herbe.
Ça, t'en aurais pas de m'accompagner, s'il te plaît ?
Cette photographe de mode toute gluante,
et bah c'est vous, dans des gens bien ordinaires,
la série signée Ovidi, qui est toujours dispose sur l'app Canal Plus.
Comment est-ce qu'on accueille ce genre de proposition ?
Parce que quand on dit photographe de mode toute gluante,
on est sur une personne horriblement actile, très directive,
avec un regard que je qualifierai de dégueulasse.
Absolument.
Et ben, j'ai adoré travailler avec Ovidi.
J'ai dit oui, tout de suite.
Et dès que j'ai su qu'elle avait envie de travailler avec moi,
j'étais super contente et enchantée de me retrouver sur ce plateau,
à incarner une photographe abusive.
Pour le tournement de Sigma.
Exactement.
Et sous la direction d'Ovidi qui, sur un plateau,
fait régner une atmosphère de gentillesse,
c'est extraordinaire de travailler avec elle.
Peut-être une forme de sororité entre sorcières ?
Absolument.
Je me demandais...
Qui t'a être slut shame, il faut l'être avec eux.
En bonne compagnie, bien sûr, c'est la règle de base.
Je me suis demandé quel genre de proposition,
justement, de série vous receviez aujourd'hui ?
Bonne question !
Ce n'est pas une question à Nodine, en fait.
Aucune.
Mais bon, si je dis ça,
ensuite on va dire que j'ai écrit un livre pour pouvoir...
Vous voyez, c'est le truc qui se mord la queue,
c'est le cas de le dire,
puisque en effet, je reçois plus de propositions en tant qu'actrice en France.
Mais voilà, c'est comme ça.
C'est comme ça, on n'est pas obligés d'être résolus sur ce sujet-là non plus.
Non, mais je pense qu'il faut qu'il y ait plus de réalisatorie
de 20 ans, 30 ans, la nouvelle génération,
et que ce sera dans leur film, j'espère,
et que peut-être...
Voilà, ensuite, peut-être que les gens s'imaginent,
mais celle-là, si on l'a sur le plateau,
elle va vérifier que personne n'est avec personne.
Je ne sais pas les fantasmes qui viennent maintenant,
enfin je ne sais pas ce qu'ils s'imaginent de...
Je ne sais rien, et puis peut-être que c'est compliqué
de projeter des histoires des personnages sur un support
qui s'inscrit à un endroit de la prise de parole,
où tout à coup c'est comme si l'écho de ma voix
raisonnait constamment, enfin que j'étais devenue cette parole,
enfin que j'incarnais quelque chose qui ne peut plus...
qu'il n'y a plus de...
Comment dire, oui, qu'on peut plus...
imaginer que je puisse incarner un personnage.
Mais peut-être que quand une femme soulève un problème,
elle devient le problème.
Peut-être.
Peut-être.
Mais l'envie de cinéma, elle est toujours là,
elle est toujours intacte.
Ah ben de toute façon, oui,
je vis ma vie en imaginant des films,
en rêvant à des films,
c'est toute ma vie.
C'est pas...
D'ailleurs, le cinéma est là, comment dire ?
Mon travail d'actrice et mon envie d'être actrice,
c'est une vocation dans le sens où c'était,
dès le jour où on pose la question à un enfant,
qu'est-ce que tu veux faire plus tard ?
Je voulais être écrivaine et actrice,
c'était vraiment, il y avait quelque chose de...
c'est pas le truc qui vous tombe par hasard,
et qui ensuite fait que vous devenez actrice,
parce que la vie a voulu que ça se passe comme ça,
c'était...
Oui, voilà, avec l'écriture et la réalisation,
c'est les lieux où j'ai le sentiment de...
où je me sentais...
En tout cas, je me sentais à ma place maintenant,
peut-être que cette place-là,
elle est plus compliquée à incarner aujourd'hui.
Moi, il y a une phrase qui m'a bouleversée,
dans le livre, il y en a plusieurs,
mais celle-là,
à présent, j'aimerais s'il vous plaît un avenir simple,
sans passer, ouais ?
Mais ça s'applique à tous les domaines de votre vie,
là, pour le coup, que ce soit professionnel, personnel...
Ouais.
Non, mais c'est aussi pour ça que je posais la question
sur les rôles qu'on vous propose,
les propositions qui vous sont faites.
C'est-à-dire que maintenant,
il faut prendre les choses en main vous-mêmes,
vous êtes réalisatrice.
C'est par là que ça va passer.
Oui, tout à fait.
Enfin, je dis tout à fait, mais je...
Je pense en réalité.
Si, si, de fait.
Tout à fait.
Merci.
Réponse pour toutes les questions.
Non, mais tout à fait.
La série, par exemple,
Icon of French Cinema a été très largement saluée.
Donc...
Ah oui, oui, oui, oui.
Tout à fait.
Sur Arté.
Tout à fait, je vous dis.
Non, mais c'est qu'il y a un talent aussi de ce côté-là.
Ah, écoutez, en tout cas,
quand je réalise, je...
Je suis heureuse,
alors peut-être que ça suffit pas,
mais en tout cas, c'est déjà ça.
Et tout ce qui entoure ce travail-là,
en tout cas, oui, je ne pourrai pas m'en passer.
Donc, c'est sûr que c'est aussi une angoie,
c'est un combat amené,
celui que de continuer à travailler.
Enfin, c'est pas...
C'est pas...
J'ai tendance un peu à...
C'est mon côté pour le next roast de...
De Paloma.
Mais j'ai un petit côté...
Je me protège derrière une légèreté un peu constante
et un peu...
Voilà, j'ai tendance à minimiser les choses.
C'est pas forcément un super bon pli.
C'est pas non plus un bon pli de pleurer toutes les cinq minutes.
Enfin, je veux dire, il y a un endroit...
Il y a un endroit d'équilibre qu'il faut trouver, quoi, mais...
J'ai tendance à minimiser les choses,
mais évidemment que j'ai envie de travailler,
et évidemment que ça fait partie de ma vie,
et que j'ai besoin de travailler pour des raisons...
Bah comme tout le monde, quand en fait.
Tout le monde a besoin.
Oui, par exemple, oui.
Je vois bien.
Est-ce en l'honneur de m'inviter que j'ai choisi le petit truc qui suit ?
Tout à fait, on écoute Dayana Ross avec The Boss.
I'm Scarlett Johansson pour Relator.
J'ai choisi ce titre de Pete Thjorn,
puisque il me semble-t-il, je vous dis de Godrush,
il figurait sur la bande originale
d'un long métrage que vous avez réalisé.
Toutes les filles pleurent.
Oui !
Alors ?
Mais oui !
Donc j'en ai déduit qui ne devait pas vous déplaire,
sinon c'était vraiment très mazot que de le coller dans la baie.
Tout à fait.
Par ailleurs, je suis retombée en préparant cette émission
sur un plateau promo, je crois que c'était chez Laurent Ruequier,
où vous veniez promouvoir ce film
et vous vous êtes retrouvés face au duo maléfique,
et notamment un certain EZ qui a donc étrillé le film
dans les propos que j'ai trouvés...
Alors qu'il ne l'avait pas vu en entier ?
Horriblement dégradant.
Et...
Il est arrivé en retard, pense-tu.
Vous lui avez...
EZ, bon, vous saurez...
Tout le monde-là, c'est bon, on n'est pas obligés de mentionner son,
c'est comme Voldemort.
Pardon.
Et en fait, vous lui répondiez
qu'une grande comédienne de théâtre,
Denis Jean, si je ne m'abuse,
vous avez donné un conseil qui était
« Choisis ce qui est droit de donner leur avis sur ce que tu fais ».
Est-ce que c'est un conseil que vous réussissez toujours à appliquer ?
C'est vrai que c'était un très bon conseil
quand j'avais joué au théâtre avec Denis Jean,
je ne sais plus ce qu'il y avait, une critique,
c'est une pièce mise en scène, pas Jean-Jean, je l'avais liée.
Et il y avait...
Oui, mais elle m'avait dit, en fait,
ne te laisse pas atteindre à moins d'avoir
de l'admiration pour la personne, voilà,
c'est ça, de te protéger comme ça.
C'est difficilement applicable,
parce qu'évidemment qu'on est blessés par les critiques.
C'est compliqué à appliquer.
Puis en même temps,
en fait, c'est une forme de liberté,
je pense qu'elle a exprimé une forme de liberté
qu'elle a.
Cette liberté-là, je la souhaite à tout le monde,
arriver à tracer sa route
en se détachant du regard des eaux,
du vuchement, etc.
Ça prend une vie, je pense,
et puis en plus, d'autant plus...
Quand on est comédienne.
Quand on est comédienne,
et puis quand on a le sentiment
d'être en apnée entre eux,
chaque moment où on sera validé par le regard de l'autre,
parce qu'en fait,
en ce qui me concerne,
j'ai quand même pris un pli
qui était celui d'abord d'être validé
quand on est choisi pour un rôle,
ensuite d'être validé quand le film sort
et que la critique...
qui est des bonnes critiques.
Mais surtout, en ce qui me concerne,
j'ai toujours eu un gros problème
qui était celui d'être validé
dans mes créations artistiques,
enfin, quand je fais quelque chose moi-même,
puisque j'avais le sentiment
de trahir l'autorité,
le père,
donc les auteurs, ceux qui ont la carte,
puisque ma place n'était pas celle de l'autrice
ou de la réalisatrice, ou de l'écrivaine,
mais celle de l'objet.
Et que donc, à l'endroit où je me mettais à créer,
à faire, à écrire, à réaliser,
j'étais non seulement attendue au tournant,
mais que je moque-troyais une place
que je n'avais pas le droit de prendre.
Et donc, en fait, moi, mon rapport à la critique,
il est extrêmement aigu,
ma sensibilité ou ma porosité à ce moment-là,
c'est une catastrophe.
Parce qu'en fait, je suis complètement friable,
puisque déjà, j'ai le sentiment,
avant même, en me levant le matin,
d'être pas sûre d'avoir le droit d'être là.
Donc, du coup, forcément,
que ce qu'on me renvoie,
c'est un impact sur moi qui est...
compliqué à vivre.
Dans le livre prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux,
il y a un mot qui revient très souvent,
et ce mot, c'est « partir ».
Est-ce qu'on peut partir du principe aujourd'hui
que rester est la seule issue ?
Non.
Donc, ce n'est pas exclu de repartir.
Il faut pas faire ça, Judith.
Je ne sais pas.
Déjà, là, il y a un projet en cours,
pas le moins parlé, mémoire de fid, après Annie Arnaud.
Ouais.
C'est un beau projet.
Ah oui, oui, bien sûr.
Le tournage est terminé.
Le tournage est terminé, je suis en montage,
mais non, non, vive sa vie au jour le jour.
Et puis, en espérant que voilà.
Est-ce que la prise de parole au César,
je le rappelle, c'était donc en 2024,
a changé quoi que ce soit ?
Est-ce qu'il y a eu des manifestations de soutien après ?
Donc, à quel endroit vous l'avez dans le milieu ?
Du cinéma.
Oui et non.
Enfin, pas de manière...
Mais en même temps, je ne sais pas.
Je ne sais pas si c'est ce que j'attendais vraiment, honnêtement.
J'ai le sentiment que...
Et puis, ça m'ennuie d'être dans les greurs
ou le truc de la revendication,
comme si on faisait un truc
pour immédiatement avoir un résultat derrière, vous voyez ?
Oui, bien sûr.
Et pas que j'ai pas envie de...
Mais, j'ai pas envie non plus de me positionner en...
Vous savez, c'est comme si on imagine
qu'il y aurait une salle remplie de personnes
et moi, je me mettrai à la seule sortie de secours qui existe
avec une main de chaque côté de la porte en disant
pour sortir, va falloir d'abord que tu t'excuses.
Enfin, il y a un truc où je me dis
d'abord, le dialogue commence pas comme ça.
Non, non, bien sûr.
Ensuite, c'est vrai que le dialogue...
Enfin, à partir du moment
où j'ai mis autant de temps
pour m'exprimer,
pour exprimer,
pour prendre la parole
sur un sujet qui me paraît en effet important.
Mais, à partir de moi,
j'ai pris autant de temps à prendre la parole.
Comment est-ce que je pourrais espérer
ou attendre des autres
que parce que je fais un discours au César,
il y a une révolution...
Enfin, ce serait quand même d'abord d'être d'une prétention absolue
et ensuite ne pas considérer
mon propre déni,
mon propre empêchement
et un empêchement qui, si il est le mien,
à un endroit...
Enfin, ce que je veux dire, c'est qu'il y a quelque chose
de l'ordre de l'universel,
de l'universel à l'endroit où on a tous
dans nos vies
pour se réveiller le matin et aller faire
ce qu'on doit faire dans une journée,
il y a un endroit où on est dans le déni.
Si c'est parce que...
Vous voyez ce que je veux dire ?
Je comprends le refoulement
et je comprends
que ça prenne du temps à certaines personnes
de pouvoir même me croiser dans la rue
et me dire bonjour et qu'ils sont tellement mal à l'aise,
qu'ils changent de trottoir.
Ça veut pas dire que je trouve ça cool
ou que j'ai envie de vivre ça,
mais j'entends que...
Pardon, c'était très long comme réponse.
Non, c'était tout à fait circonstancié
et moi j'aime bien reprendre vos mots
et rappeler qu'il faut se méfier
des petites filles et des punks.
On se retrouve dans un instant
juste après la pub avec Parcelles et Sorry.
Nova le soir,
ici, on changeait de disque.
Nova le soir
avec Charline Roux.
Godreche encore pour quelques minutes
et je voudrais vous soumettre
un tout petit questionnaire,
un petit questionnaire de projection
sur des rôles que vous pourriez
occuper.
Mais ça m'intéresse
comme une sorte de petit portrait.
Si vous étiez une héroïne de romans,
laquelle ?
De romans ou de contes
parce que moi, je viens une à l'esprit.
Ah ouais ?
De Pérot ?
Mais c'est marrant que je puisse pas me projeter d'ailleurs.
Bah oui.
C'est étonnant.
Ça te dit rien, j'ai pas de solution.
Je passe à la question suivante.
Si vous étiez une superhéroïne
Encore une héroïne ?
Une superhéroïne.
Cap machin etc.
Angela Davis.
Ouais c'est bien, ça marche.
Une héroïne de comédie romantique.
Non mais alors attends.
Par exemple, un rôle que j'aurais adoré jouer.
Fleabag.
Fleabag.
Bah oui.
Fleabag.
Ok.
Qui pour jouer votre biopique ?
La réponse me semble très évidente.
Ah bon ?
Bah je suis pas une comédienne que vous venez de diriger.
Ah bah non justement rien d'avoir.
Mais non, sûrement pas d'ailleurs.
Pas du tout.
Pour ceux qui ne suivent pas la conversation,
je pensais à Tess.
Non, à Tess Bartélémy.
Non, c'est justement parce que
le roman Danierno
enfin, mémoire de fille,
roman Danierno que j'ai adapté,
ça n'est pas mon histoire.
La mise à distance, c'est salutaire.
Mais attends,
pour me jouer
Attends je vais trouver ça.
Une comédienne que vous avez ?
Il me faut un quart d'heure.
Ouais mais ça arrive, attends.
Comment elle s'appelle l'anglaise
qui était dans
Little Women
irlandaises, pardon.
Sir Sharonon.
Je sais pas prononcer son nom donc vraiment.
Sir Sharonon.
Alors malgré la prononciation
probablement applésitante de l'une comme de l'autre,
vous voyez qui c'est en fait, elle est absolument formidable.
Très bonne idée pour ce biopique.
Il me reste qu'à vous remercier
Judith et à rappeler que
prière de remettre en ordre avant de quitter
les lieux séparus aux éditions du seuil,
autre formalité quand même avant
de se quitter, puisqu'on va se quitter
les titres que vous avez choisis.
J'ai gardé un Nick Cave pour la fin évidemment.
Nick Cave and the Bad Seeds.
Cinnamon Horses.
Pourquoi ce titre là ?
Alors Nick Cave et moi
alors sans son consentement
obviously
c'est une histoire d'amour.
Je Nick Cave c'est
l'artiste qui m'accompagne
chaque jour
en toutes circonstances
et
Cinnamon Horses
alors il se trouve que
j'ai trouvé le moyen de faire en sorte que
d'imaginer qu'il parlait de moi.
C'est comme ça, c'est mon don
c'est que ce truc un peu
c'est la
projection
toute puissante et super puissante
et c'est mon
super pouvoir à moi, c'est que quand j'entends
une chanson je suis persuadée
qu'elle a été écrite pour moi.
Voilà la super heroine.
Merci beaucoup Judith Godrej.
Merci beaucoup.
Cinnamon Horses
Cinnamon Horses
Nova le soir c'est presque fini
on se retrouve demain à 20h avec Mayra
en interview et en live
dans un instant la radio pirate
Metanova. Je serai juste après Joe
et End of Beginning.
Super heureuse d'être là
j'ai le sentiment que
dans les échanges
qu'on a quand on fait
la promotion d'un ouvrage
le niveau des réponses
c'est aussi forcément
influencé par le niveau des questions
et par la personnalité et l'intelligence de la personne
en face et j'étais tellement
tellement content d'être là
parce que justement ça m'a permis d'échanger
de manière à la fois très spontanée
et de bien parler
de mon livre et de tout le reste
justement parce que c'était elle qui posait les questions aussi
Nova le soir
Nova le soir a retrouvé en podcast
sur nova.fr et toutes les plateformes

A poursuivre

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