Celles et ceux qui écrivent leur vie/celles et ceux dont on l’écrit - La chronique de Juliette Arnaud
Références : May December/ Todd haynes - le journal d’Anne Frank/ Anne Frank
La chronique de Juliette Arnaud dans La dernière du dimanche 11 janvier 2026 sur Radio Nova.
La dernière, le dimanche à 18h en direct sur Radio Nova et à tout moment en podcast et en vidéo.
La chronique de Juliette Arnaud dans La dernière du dimanche 11 janvier 2026 sur Radio Nova.
La dernière, le dimanche à 18h en direct sur Radio Nova et à tout moment en podcast et en vidéo.
Transcription
Nova aime le dernier pour la route de Francesco Sosae.
Carlo Bianchi et Doriano, deux cinquantenaire fauchés,
airent la nuit en voiture de bar en bar,
obsédés par l'idée d'un dernier verre,
lorsqu'il croise la route de Giulio,
un étudiant en architecture aussi timide que Naïf.
Entre confidence et gueule de bois,
cette rencontre inattendue avec ses deux mentors
va bouleverser la vision que Giulio porte sur le monde,
l'amour et son avenir.
Le dernier pour la route, en salle le 8 avril.
Radio Nova.
La dernière.
T'aimes les voyages, les rencontres, les personnages ?
Et bah, tu sais quoi ?
Exactement les mêmes passions et les mêmes obsessions
que Juliette Arnaud !
« Juliette Arnaud, en avant les histoires, »
C'est l'anniversaire des 30 ans de la mort de François Mitterrand
et France Télévision propose 4 épisodes d'un téléfilm
pour raconter l'ancien président.
Le titre de cet éritre s'appelle « Mitterrand confidentiel ».
Ça contient forcément une promesse, des révélations.
J'en ai retenu une à un moment.
François Mitterrand, il dit « Les journalistes, c'est un pouvoir
sans contre-pouvoir, c'est inique ».
Wouah, wouah, wouah.
Et des embouteillages d'histoire vraies adaptés pour l'écran.
Ces derniers temps, va y en avoir.
Quand c'est plus montant, s'ignorer, ça va être gisèle à limites.
Et parfois, forcément, ça grince un peu
au niveau vérité, véracité.
Parfois aussi, les gens concernés, ils ne sont pas morts.
Et ça grince pire.
Pour la série « Dévivants » de France Télévision,
qui suit un groupe de rescapés de la tendance du Bataclan,
une série basée sur des témoignages dont l'intention est louable,
sauf que l'un d'entre eux, représenté à l'image
dans une scène particulièrement dure,
n'avait donné ni son avis ni son aval.
Alors il s'est exprimé et il a dit
« J'aimerais qu'on me supprime de la série.
On ne m'a pas demandé. J'ai rien à y faire. C'est simple. »
Il a obtenu des excuses.
C'est louable également, je doute que ce soit simple.
Mais son indignation de vraies personnes m'a rappelé celle
d'un personnage secondaire dans un film
qui s'appelle « May December » de Todd Haynes, qui date de 2023.
Ce film, il s'inspire d'un fait d'hiver,
dont vous vous souvenez peut-être fin des années 90,
aux États-Unis, Marie Kay Le Tourneau,
une institutrice de 34 ans à l'époque,
est arrêtée pour avoir eu des relations sexuelles
avec son élève de 12 ans.
Elle fait 7 ans de prison et puis à sa sortie,
elle épouse son ancien élève et ils font des enfants.
Le film de Todd Haynes, « May December »,
il imagine un couple qui en gros ressemble à ses gens
et que 20 ans plus tard,
20 ans après toute cette affaire,
il y a un film qui va se faire sur ses gens avec leur accord
et l'actrice qui va interpréter la femme
vient passer quelques jours avec le couple pour les connaître.
Bon, le fait d'hiver, il est glauque.
L'idée d'en faire un film, à mon sens,
ça n'est pas folle non plus,
mais faire une fiction sur un film qui se prépare,
basé sur une histoire vraie, je trouve ça assez génial.
Et Joe, le protagoniste,
qui est donc celui qui a été ce jeune élève,
s'il a bien donné son accord,
en fait, il n'a pas vraiment mesuré l'impact
que ça allait avoir sur sa vie,
qui est déjà fragile et traumatisé,
l'impact que peut avoir une comédienne
qui est bien décidée à fouiner très, très fort sans retenue.
On ne sait pas, elle peut avoir un rôle à Oscar
et qui fait des phrases « ouais, mais dans ce genre d'histoire »,
jusqu'au moment où le timide, le mutique Joe, éclate en lui disant
« mais c'est pas une histoire, c'est ma putain de vie ».
Sa putain de vie, Anne Franck, voulait que les gens la connaissent.
Quand son père s'emploie à faire éditer son journal,
il ne nous tropasse absolument pas les désirs de sa fille.
Pendant ces deux ans d'enfermement dans leur cachette,
Anne avait entendu à la radio l'appel d'un ministre en exil à Londres
qui prévoyait de collecter les témoignages de la guerre
de tous ses concitoyens.
Le plus célèbre, ce sera celui d'une concitoyenne juive d'origine allemande
qui se revendiquait néerlandaise,
âgée de 13 ans quand elle commence à écrire son journal,
15, quand les nazis l'arrêtent et l'envoient avec les huit autres habitants
de la cachette en compte concentration,
seule son père survivra.
Anne écrit pour raconter, je la cite,
comment nous les juifs avons vécu pendant la guerre
et pour oublier qu'elle ne veut qu'une seule chose,
sortir, respirer et rire.
Anne écrit parce que même si elle est la plus jeune du groupe,
elle a une vie, elle a des réflexions.
Elle dit, les adultes nous prennent toujours au sérieux
quand nous plaisantons et rient de nous quand nous sommes sérieux.
Ça, c'est la vie de tous les adolescents.
Elle a aussi des intuitions féministes.
Elle écrit, je dois avoir une chose à me consacrer
en plus de mon mari et de mes enfants.
Anne écrit pour raconter ses découvertes intellectuelles,
ce qu'elle découvre dans les livres,
comme l'existence entre autres du clitoris.
Elle demande à sa mère à quoi sert cet organe.
Sa mère répond, je ne sais pas.
Anne pense que sa mère est stupide, j'y rigue.
J'avais oublié que ce livre, il est drôle aussi.
En ce qui me concerne, mon adolescence funiaise.
Alors mon épitaph précisera,
si qui que ce soit, publie mes journaux intimes,
je reviens pour l'encastrer dans un mure-porteur.
Juliette Arnaud, merci beaucoup Juliette.
Construment podcast, comme toutes les prénémiques de l'émission
et sur Instagram, Juliette Arnaud, payez l'app.
Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org
Carlo Bianchi et Doriano, deux cinquantenaire fauchés,
airent la nuit en voiture de bar en bar,
obsédés par l'idée d'un dernier verre,
lorsqu'il croise la route de Giulio,
un étudiant en architecture aussi timide que Naïf.
Entre confidence et gueule de bois,
cette rencontre inattendue avec ses deux mentors
va bouleverser la vision que Giulio porte sur le monde,
l'amour et son avenir.
Le dernier pour la route, en salle le 8 avril.
Radio Nova.
La dernière.
T'aimes les voyages, les rencontres, les personnages ?
Et bah, tu sais quoi ?
Exactement les mêmes passions et les mêmes obsessions
que Juliette Arnaud !
« Juliette Arnaud, en avant les histoires, »
C'est l'anniversaire des 30 ans de la mort de François Mitterrand
et France Télévision propose 4 épisodes d'un téléfilm
pour raconter l'ancien président.
Le titre de cet éritre s'appelle « Mitterrand confidentiel ».
Ça contient forcément une promesse, des révélations.
J'en ai retenu une à un moment.
François Mitterrand, il dit « Les journalistes, c'est un pouvoir
sans contre-pouvoir, c'est inique ».
Wouah, wouah, wouah.
Et des embouteillages d'histoire vraies adaptés pour l'écran.
Ces derniers temps, va y en avoir.
Quand c'est plus montant, s'ignorer, ça va être gisèle à limites.
Et parfois, forcément, ça grince un peu
au niveau vérité, véracité.
Parfois aussi, les gens concernés, ils ne sont pas morts.
Et ça grince pire.
Pour la série « Dévivants » de France Télévision,
qui suit un groupe de rescapés de la tendance du Bataclan,
une série basée sur des témoignages dont l'intention est louable,
sauf que l'un d'entre eux, représenté à l'image
dans une scène particulièrement dure,
n'avait donné ni son avis ni son aval.
Alors il s'est exprimé et il a dit
« J'aimerais qu'on me supprime de la série.
On ne m'a pas demandé. J'ai rien à y faire. C'est simple. »
Il a obtenu des excuses.
C'est louable également, je doute que ce soit simple.
Mais son indignation de vraies personnes m'a rappelé celle
d'un personnage secondaire dans un film
qui s'appelle « May December » de Todd Haynes, qui date de 2023.
Ce film, il s'inspire d'un fait d'hiver,
dont vous vous souvenez peut-être fin des années 90,
aux États-Unis, Marie Kay Le Tourneau,
une institutrice de 34 ans à l'époque,
est arrêtée pour avoir eu des relations sexuelles
avec son élève de 12 ans.
Elle fait 7 ans de prison et puis à sa sortie,
elle épouse son ancien élève et ils font des enfants.
Le film de Todd Haynes, « May December »,
il imagine un couple qui en gros ressemble à ses gens
et que 20 ans plus tard,
20 ans après toute cette affaire,
il y a un film qui va se faire sur ses gens avec leur accord
et l'actrice qui va interpréter la femme
vient passer quelques jours avec le couple pour les connaître.
Bon, le fait d'hiver, il est glauque.
L'idée d'en faire un film, à mon sens,
ça n'est pas folle non plus,
mais faire une fiction sur un film qui se prépare,
basé sur une histoire vraie, je trouve ça assez génial.
Et Joe, le protagoniste,
qui est donc celui qui a été ce jeune élève,
s'il a bien donné son accord,
en fait, il n'a pas vraiment mesuré l'impact
que ça allait avoir sur sa vie,
qui est déjà fragile et traumatisé,
l'impact que peut avoir une comédienne
qui est bien décidée à fouiner très, très fort sans retenue.
On ne sait pas, elle peut avoir un rôle à Oscar
et qui fait des phrases « ouais, mais dans ce genre d'histoire »,
jusqu'au moment où le timide, le mutique Joe, éclate en lui disant
« mais c'est pas une histoire, c'est ma putain de vie ».
Sa putain de vie, Anne Franck, voulait que les gens la connaissent.
Quand son père s'emploie à faire éditer son journal,
il ne nous tropasse absolument pas les désirs de sa fille.
Pendant ces deux ans d'enfermement dans leur cachette,
Anne avait entendu à la radio l'appel d'un ministre en exil à Londres
qui prévoyait de collecter les témoignages de la guerre
de tous ses concitoyens.
Le plus célèbre, ce sera celui d'une concitoyenne juive d'origine allemande
qui se revendiquait néerlandaise,
âgée de 13 ans quand elle commence à écrire son journal,
15, quand les nazis l'arrêtent et l'envoient avec les huit autres habitants
de la cachette en compte concentration,
seule son père survivra.
Anne écrit pour raconter, je la cite,
comment nous les juifs avons vécu pendant la guerre
et pour oublier qu'elle ne veut qu'une seule chose,
sortir, respirer et rire.
Anne écrit parce que même si elle est la plus jeune du groupe,
elle a une vie, elle a des réflexions.
Elle dit, les adultes nous prennent toujours au sérieux
quand nous plaisantons et rient de nous quand nous sommes sérieux.
Ça, c'est la vie de tous les adolescents.
Elle a aussi des intuitions féministes.
Elle écrit, je dois avoir une chose à me consacrer
en plus de mon mari et de mes enfants.
Anne écrit pour raconter ses découvertes intellectuelles,
ce qu'elle découvre dans les livres,
comme l'existence entre autres du clitoris.
Elle demande à sa mère à quoi sert cet organe.
Sa mère répond, je ne sais pas.
Anne pense que sa mère est stupide, j'y rigue.
J'avais oublié que ce livre, il est drôle aussi.
En ce qui me concerne, mon adolescence funiaise.
Alors mon épitaph précisera,
si qui que ce soit, publie mes journaux intimes,
je reviens pour l'encastrer dans un mure-porteur.
Juliette Arnaud, merci beaucoup Juliette.
Construment podcast, comme toutes les prénémiques de l'émission
et sur Instagram, Juliette Arnaud, payez l'app.
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