Celles et ceux qui vont chez le psy (qui essayent en tout cas) - La chronique de Juliette Arnaud
La chronique de Juliette Arnaud dans La dernière du dimanche 19 octobre 2025 sur Radio Nova.
La dernière, le dimanche à 18h en direct sur Radio Nova et à tout moment en podcast et en vidéo.
La dernière, le dimanche à 18h en direct sur Radio Nova et à tout moment en podcast et en vidéo.
Transcription
Depuis plusieurs mois, des orques attaquent des bateaux au sud de l'Espagne.
Fascinés par ces animaux, Roxane part enquêter sur ce mystérieux phénomène.
Mais la découverte du coordonnageur sur une plage
radive les tensions entre pêcheurs et défenseurs de l'environnement.
Dans un récit hal temps, Guillaume-Maurice explore nos difficultés à communiquer
et à cohabiter avec les autres espèces.
Sans tendre, le nouveau roman de Guillaume-Maurice
aux éditions Les Arenes, actuellement librairie.
Radio Nova.
La dernière.
Reste avec nous, on va continuer à parler de livres, de films, de personnages,
parce qu'il est venu le temps des cathédrales...
Non, pas du tout.
Pas du tout.
Encore que elles sont bâties avec force et finesse,
alliage et puissance et grâce, exactement,
comme les chroniques de Juliette Arnaud.
Mais vous fessiez à lire, toi.
Mais vous fessiez à lire, toi.
À l'occasion des semaines d'informations
sur la santé mentale, France Télévisions propose un format d'émission
qui s'appelle Rendez-vous chez le psy.
Je les cite.
Une plongée sans filtre dans la réalité d'une séance thérapeutique.
La quoi ?
La commande que vous avez dit ?
La réalité ?
Avec des caméras, des micros, des calereurs, des sondiers.
Ça va, le service public ?
On est contents d'être zinzins ?
Allez, puisque la réalité, c'est plus que c'était,
allons tout de go observer les personnages de fiction
en séance thérapeutique.
1857, la psychanalyse n'est pas née.
Mme Bovary, oui !
La fameuse Emma Bovary.
Donc mariée, adultère, surendettée, suicidée et morte.
Là, on a deux options.
Soit on se dit que le malheur revient de l'adultère.
La morale est sauve.
Soit on se dit que le malheur vient du mariage.
La morale, elle est d'aide.
Emma, au moment de la consultation, commence déjà à perdre pied, à se noyer.
Son cadre domestique l'asphyxie, elle a déjà eu un amant.
Ce gros vœuil de Rodolphe,
elle se doute qu'elle va en prendre un autre,
ce gros vœuil de Léon.
Et comme elle n'a pas d'amis-femmes et que les psy n'existent pas,
qu'est-ce qu'elle fait Emma ?
Elle va voir le curé.
La baie bournisien.
Alors elle a du bol, il est ni ivroïne ni débauchée,
c'est pas pour autant la truite la plus oxygénée du ruisseau.
Comme n'importe quelle personne a agité de douleur psychique,
Emma a du mal à mettre les mots.
Et le curé qui se vente d'être médecin des âmes,
comme Charles Bovary, il lui fait-il le film remarqué
et le médecin des corps,
il devrait l'aider à accoucher.
Alors Emma, elle lui dit, je souffre.
Et il lui dit, c'est la chaleur.
Et puis après, il lui dit, mais comme dit St. Paul,
nous sommes nés pour souffrir.
Emma insiste un peu, il lui recommande de prendre un thé.
Fin de la consultation, merci, bonsoir.
Heureusement, les temps changent.
Et si pour Emma, c'est trop tard, c'est heureux pour Tony Soprano,
protagoniste principale de la série Les Soprano,
entre 1999 et 2007, œuvre majeure,
créée par un monsieur qui s'appelle David Chase.
Ça ne s'entend pas, mais David Chase
est issu d'une famille Italo-Américaine
qui a souffert d'une dépression lourde,
très grave quand il était jeune.
Et il a écrit un personnage de mafieux,
Italo-Américain du New Jersey,
qui souffrant de crises d'angoisse,
va consulter, dès le premier épisode de la série,
une psychiatre, le docteur Melphie,
elle-même d'origine Italo-Américaine.
Et c'était dingue à l'époque.
On voyait un homme hétérosexuel issu d'une famille d'immigrés
qui va consulter sans que ça vire à la comédie.
C'était même du jamais vu.
Et il va avoir du mal, Tony.
Trois fois de suite, dans le premier épisode,
il esquive la question du docteur Melphie.
Pourtant, très simple.
Vous vous sentez vous déprimer.
Il va finir par acquesser, la série peut commencer.
Et la merveilleuse docteur Melphie
saura lui imposer toutes les règles de la déontologie,
rendant un peu de son honneur à l'art thérapeutique.
Ce qui n'est pas le cas du psychanaliste
dans la chanson de Marie-Paul Bel, la parisienne.
Celui que sa narratrice va consulter
à cause de ses pulsions à elle.
Alors, la narratrice dans la chanson de la parisienne,
c'est l'inverse de Tony,
qui en a des tordes,
lui, de pulsions qui sont ni d'ordre moral ni d'ordre légal.
Elle se trouve dépourvue de goût pervers.
Peut-être parce qu'elle n'est pas parisienne, pense-t-elle.
Je ne suis pas parisienne, ça me gêne, ça me gêne.
Elle est provinciale, comme Emma Bovary, comme Tony Soprano.
Bah ouais, le New Jersey, c'est pas New York, bébé.
Et là, dans cette chanson, archidrôles et entraînantes,
Marie-Paul Bel dit,
« Mais si, me dit le docteur, on se rhabillant. »
Si vous ne buvez pas, vous ne vous droguez pas,
et n'avez aucun complexe,
vous avez une obsession, c'est le sexe.
En 1976, je ne sais même pas si à l'époque de Stubbs,
Gérard Miller avait commencé à exercer.
Ce que je sais, c'est que moi, à l'époque,
je chantais cette chanson petite, et que ça me paraissait, OK.
Désormais, je me dis que finalement,
cette table rutine à bébournisien, si c'est pas la docteur Melfi,
c'est pas le pire non plus.
Quant à mon épitaph, s'il vous plaît, prenez note.
Provinciale de naissance, parisienne d'habitude,
blindée de nevroses.
Maintenant, ça va beaucoup mieux.
Merci.
Juliette Arnaud, merci beaucoup, Juliette.
Que vous pouvez retrouver en podcast sur toutes les plateformes,
sur YouTube, en vidéo.
Fascinés par ces animaux, Roxane part enquêter sur ce mystérieux phénomène.
Mais la découverte du coordonnageur sur une plage
radive les tensions entre pêcheurs et défenseurs de l'environnement.
Dans un récit hal temps, Guillaume-Maurice explore nos difficultés à communiquer
et à cohabiter avec les autres espèces.
Sans tendre, le nouveau roman de Guillaume-Maurice
aux éditions Les Arenes, actuellement librairie.
Radio Nova.
La dernière.
Reste avec nous, on va continuer à parler de livres, de films, de personnages,
parce qu'il est venu le temps des cathédrales...
Non, pas du tout.
Pas du tout.
Encore que elles sont bâties avec force et finesse,
alliage et puissance et grâce, exactement,
comme les chroniques de Juliette Arnaud.
Mais vous fessiez à lire, toi.
Mais vous fessiez à lire, toi.
À l'occasion des semaines d'informations
sur la santé mentale, France Télévisions propose un format d'émission
qui s'appelle Rendez-vous chez le psy.
Je les cite.
Une plongée sans filtre dans la réalité d'une séance thérapeutique.
La quoi ?
La commande que vous avez dit ?
La réalité ?
Avec des caméras, des micros, des calereurs, des sondiers.
Ça va, le service public ?
On est contents d'être zinzins ?
Allez, puisque la réalité, c'est plus que c'était,
allons tout de go observer les personnages de fiction
en séance thérapeutique.
1857, la psychanalyse n'est pas née.
Mme Bovary, oui !
La fameuse Emma Bovary.
Donc mariée, adultère, surendettée, suicidée et morte.
Là, on a deux options.
Soit on se dit que le malheur revient de l'adultère.
La morale est sauve.
Soit on se dit que le malheur vient du mariage.
La morale, elle est d'aide.
Emma, au moment de la consultation, commence déjà à perdre pied, à se noyer.
Son cadre domestique l'asphyxie, elle a déjà eu un amant.
Ce gros vœuil de Rodolphe,
elle se doute qu'elle va en prendre un autre,
ce gros vœuil de Léon.
Et comme elle n'a pas d'amis-femmes et que les psy n'existent pas,
qu'est-ce qu'elle fait Emma ?
Elle va voir le curé.
La baie bournisien.
Alors elle a du bol, il est ni ivroïne ni débauchée,
c'est pas pour autant la truite la plus oxygénée du ruisseau.
Comme n'importe quelle personne a agité de douleur psychique,
Emma a du mal à mettre les mots.
Et le curé qui se vente d'être médecin des âmes,
comme Charles Bovary, il lui fait-il le film remarqué
et le médecin des corps,
il devrait l'aider à accoucher.
Alors Emma, elle lui dit, je souffre.
Et il lui dit, c'est la chaleur.
Et puis après, il lui dit, mais comme dit St. Paul,
nous sommes nés pour souffrir.
Emma insiste un peu, il lui recommande de prendre un thé.
Fin de la consultation, merci, bonsoir.
Heureusement, les temps changent.
Et si pour Emma, c'est trop tard, c'est heureux pour Tony Soprano,
protagoniste principale de la série Les Soprano,
entre 1999 et 2007, œuvre majeure,
créée par un monsieur qui s'appelle David Chase.
Ça ne s'entend pas, mais David Chase
est issu d'une famille Italo-Américaine
qui a souffert d'une dépression lourde,
très grave quand il était jeune.
Et il a écrit un personnage de mafieux,
Italo-Américain du New Jersey,
qui souffrant de crises d'angoisse,
va consulter, dès le premier épisode de la série,
une psychiatre, le docteur Melphie,
elle-même d'origine Italo-Américaine.
Et c'était dingue à l'époque.
On voyait un homme hétérosexuel issu d'une famille d'immigrés
qui va consulter sans que ça vire à la comédie.
C'était même du jamais vu.
Et il va avoir du mal, Tony.
Trois fois de suite, dans le premier épisode,
il esquive la question du docteur Melphie.
Pourtant, très simple.
Vous vous sentez vous déprimer.
Il va finir par acquesser, la série peut commencer.
Et la merveilleuse docteur Melphie
saura lui imposer toutes les règles de la déontologie,
rendant un peu de son honneur à l'art thérapeutique.
Ce qui n'est pas le cas du psychanaliste
dans la chanson de Marie-Paul Bel, la parisienne.
Celui que sa narratrice va consulter
à cause de ses pulsions à elle.
Alors, la narratrice dans la chanson de la parisienne,
c'est l'inverse de Tony,
qui en a des tordes,
lui, de pulsions qui sont ni d'ordre moral ni d'ordre légal.
Elle se trouve dépourvue de goût pervers.
Peut-être parce qu'elle n'est pas parisienne, pense-t-elle.
Je ne suis pas parisienne, ça me gêne, ça me gêne.
Elle est provinciale, comme Emma Bovary, comme Tony Soprano.
Bah ouais, le New Jersey, c'est pas New York, bébé.
Et là, dans cette chanson, archidrôles et entraînantes,
Marie-Paul Bel dit,
« Mais si, me dit le docteur, on se rhabillant. »
Si vous ne buvez pas, vous ne vous droguez pas,
et n'avez aucun complexe,
vous avez une obsession, c'est le sexe.
En 1976, je ne sais même pas si à l'époque de Stubbs,
Gérard Miller avait commencé à exercer.
Ce que je sais, c'est que moi, à l'époque,
je chantais cette chanson petite, et que ça me paraissait, OK.
Désormais, je me dis que finalement,
cette table rutine à bébournisien, si c'est pas la docteur Melfi,
c'est pas le pire non plus.
Quant à mon épitaph, s'il vous plaît, prenez note.
Provinciale de naissance, parisienne d'habitude,
blindée de nevroses.
Maintenant, ça va beaucoup mieux.
Merci.
Juliette Arnaud, merci beaucoup, Juliette.
Que vous pouvez retrouver en podcast sur toutes les plateformes,
sur YouTube, en vidéo.
